Diamant

Données physico-chimiques

Données atomiques

Voir également le chapitre carbone.

La structure cristalline est cubique, avec une maille cubique à faces centrées de paramètre a = 0,357 nm. Les atomes de carbone sont situés aux nœuds de la maille ainsi qu’au centre de 4 des 8 sites tétraédriques.

Données physiques

Masse volumique Dureté Température de fusion Température d’ébullition Conductibilité électrique Conductibilité thermique Solubilité dans l’eau
3,51 g.cm-3 10  > 3 550°C 4 827°C 10-15 S.m-1 2 300 W.m-1.K-1 insoluble

Données thermodynamiques

  • Enthalpie molaire standard de formation à 298,15 K : 1,9 kJ.mol-1
  • Enthalpie libre molaire standard de formation à 298,15 K : 2,9 kJ.mol-1
  • Entropie molaire standard à 298,15 K : S° = 2,4 J.K-1mol-1
  • Capacité thermique molaire sous pression constante à 298,15 K : Cp° = 6,1 J.K-1mol-1

Données industrielles

La production de diamants synthétiques est nettement plus importante que celle de diamants naturels. En effet, en 2019, la production de diamants synthétiques a été de plus de 14,6 milliards de carats, essentiellement en Chine, celle de diamants naturels, de 142 millions de carats.

État naturel

Les diamants sont constitués de carbone à l’état natif. La teneur en diamants des mines est très faible : il faut traiter en moyenne 3 tonnes de minerai pour obtenir 1 carat soit 0,20 g et 250 t pour produire un diamant de joaillerie, taillé, de 1 carat.

Le plus gros diamant découvert est le Cullinan, en 1905, dans la mine Premier, en Afrique du Sud, avec 3 106 carats avant taille. Ces dernières années, le plus gros diamant blanc et pur, le Diamant du Centenaire, a été découvert en 1986 dans la mine de Premier, en Afrique du Sud, avec 599 ct avant taille, 273 ct après. Dans sa plus grande largeur il mesure 5 cm.

Gisements et exploitations minières :

Les diamants, formés il y a plus de 990 millions d’années dans le magma terrestre, à une profondeur de 125 à 200 km, à des températures comprises entre 900 et 1300°C et à pression très élevée (45 à 60 kbar), sont remontés rapidement à la surface de la terre lors d’éruptions volcaniques. Lors de leur remontée, les diamants n’ont pas eu le temps de se transformer en graphite, forme stable du carbone à la surface de la terre. Les diamants sont donc dans un état métastable. Les gisements se présentent sous forme de :

  • Cheminées ou « pipes » : cônes renversés s’enfonçant parfois à plusieurs milliers de mètres sous la surface du sol. La roche de ces cheminées est généralement de la kimberlite ou parfois de la lamproite (c’est le cas de la mine d’Argyle). Elle est exploitée d’abord à ciel ouvert et lorsque la profondeur atteinte devient trop importante, une exploitation souterraine prend le relai. Les cheminées volcaniques formées de kimberlite ne contiennent des diamants exploitables que dans 1 cas sur 200, en moyenne. Dans le monde, en 2018, il y a 30 mines de kimberlite en activité.
  • Dépôts alluvionnaires, dans le lit de fleuves et en bordure du littoral, provenant de l’érosion des cheminées volcaniques : c’est le cas du littoral namibien et des exploitations du Namaqualand d’Afrique du Sud.

Un cas particulier est celui du gisement de Popigaï, en Russie, qui s’est formé il y a 35 millions d’années lors de l’impact d’une météorite, la pression générée lors de l’impact ayant transformé du graphite en diamant. Situé en Sibérie, à 2 000 km au nord de Krasnoïarsk, le cratère possède un diamètre d’une centaine de km. Les diamants présents, de qualité industrielle, ont une taille de 0,5 à 2 mm. Les ressources présentes dans ce gisement seraient considérables.

Actuellement, une partie des stériles rejetés lors des exploitations antérieures est retraitée. Par exemple, autour de la mine de Kimberley, en Afrique du Sud.

Après broyage du minerai, un enrichissement est effectué à l’aide de techniques gravimétriques, par exemple avec un milieu dense de particules de ferrosilicium, les diamants (densité de 3,52) sont extraits avec le ferrosilicium qui est ensuite récupéré magnétiquement et recyclé. Les diamants, hydrophobes et oléophiles, peuvent être séparés en milieu eau-huile puis enfin repérés, un à un, par leur fluorescence sous rayonnement X.

On distingue : les gemmes (environ 20 % de la production en poids et plus de 65 % en valeur) utilisés en joaillerie, les quasi-gemmes (37 à 39 % de la production en poids) qui sont de plus en plus utilisés en joaillerie et les diamants industriels (43 % de la production en poids).

Principales mines de diamants : d’après leurs réserves prouvées et probables fin 2018.

en millions de t de carats
Aikhal (Russie) 175,56 Catoca (Angola) 130
Jwaneng (Botswana) 166,6 Ekati (Canada) 105,4
Udachny (Russie) 164,46 Venetia (Afrique du Sud) 92,4
Nyurba (Russie) 132,75 Severalmaz (Russie) 73,89
Orapa (Botswana) 131,2 Mirny (Russsie) 57,77

Source : Mining Technology, juin 2019

Productions

En 2019. Monde : 138 190 millions de carats pour 13 574 millions de $ US et 98 $US/ct, en moyenne.

en millions de carats (1 carat= 0,20  g), millions de dollars US et $US/ct
Pays Production Valeur $US/ct Pays Production Valeur $US/ct
Russie 45 271 4 117 91 Angola 9 150 1 266 138
Botswana 23 687 3 434 145 Afrique du Sud 7 181 873 122
Canada 18 638 1 697 91 Zimbabwe 2 108 141 67
R. D. du Congo 14 158 226 16 Namibie 2 018 1 010 500
Australie 12 999 159 12 Lesotho 1 113 290 261

On estime à plus de 400 t la masse totale des diamants extraits dans le monde depuis les origines. En 1950, la production était de 15 millions de carats/an.

  • La Russie est le premier pays producteur avec des diamants de très bonne qualité. Les mines en exploitation sont principalement détenues par la société Alrosa, qui a produit, en 2019, 38,5 millions de carats. Elles sont regroupées dans divers complexes :
    • Udachny avec les cheminées de Udachny et Munskoye et les dépôts alluvionnaires qui ont donné, en 2019, 4,6 millions de carats,
    • Nyurba avec les cheminées de Nyurbinskaya et Botuobinskaya et les dépôts alluvionnaires qui ont donné, en 2019, 10,3 millions de carats,
    • Mirny avec la cheminée International, les exploitations alluvionnaires ainsi que celle de rejets antérieurs qui ont donné, en 2019, 3 millions de carats,
    • Aikhal avec l’exploitation de 2 cheminées (Jubilee et Aikhal) qui ont donné, en 2019, 9,8 millions de carats,
    • Almazy Anabara avec dans des alluvions, en 2019, 5,2 millions de carats,
    • Severalmaz avec 2 cheminée, Arkhangelskaya et Karpinskogo qui ont donné, en 2019, 4,2 millions de carats.

Ces gisements, sauf Severalmaz, sont situés dans la république de Sakha, en Yakoutie, dans le Nord-Est de la Sibérie et ils posent de gros problèmes d’exploitation en raison de la température hivernale qui peut atteindre les moins 60°C. Le gisement de Severalmaz est situé dans la région d’Arkhangelsk.

En 2018, les diamants sont exploités par Alrosa à 53,5 % dans 10 mines à ciel ouvert, à 23,0 % dans 4 mines souterraines et à 23,6 % dans 14 dépôts alluvionnaires.
Les réserves prouvées et probables d’Alrosa, en Russie, sont, début 2020, de 628 millions de carats.

  • La production du Botswana est assurée par la société Debswana (en joint venture 50/50 entre De Beers et l’État du Botswana) dans 4 mines à ciel ouvert : Jwaneng, Orapa, Letlhakane et Damtshaa, qui ont produit un total de 23,3 millions de carats. La mine de Jwaneng, est la mine la plus riche, en valeur, dans le monde. Elle est constituée de 3 cheminées exploitées à une profondeur moyenne de 400 m. En 2019, sa production a été de 12,5 millions de carats. Les mines d’Orapa, Letlhakane et Damtshaa, ont produit 10,8 millions de carats. Les réserves prouvées et probables de Jwaneng sont de 152,4 millions de carats, celles de Orapa de 136,8 millions de carats, celles de Letlhakane de 6,6 millions de carats et celles de Damtshaa de 4,2 millions de carats.
  • La production canadienne est assurée par les mines suivantes :
    • Ekati Diamond Mine, située dans les Territoires du Nord-Ouest, détenue à 88,9 % par Dominium Diamond Corporation pour le cœur de la mine. En 2017, la production a été de 5,2 millions de carats. Les réserves prouvées et probables sont de 105,4 millions de carats.
    • Diavik Diamond Mine, détenue à 60 % par Rio Tinto et 40 % par Dominium Diamond Corporation, située dans les Territoires du Nord-Ouest, exploitée souterrainement et à ciel ouvert, a produit, en 2019, 6,719 millions de carats. Les réserves prouvées et probables sont de 14,9 millions de carats.
    • La mine de Gahcho Kué, détenue par De Beers à 51 % et Mountain Province Diamonds à 49 %, également dans les Territoires du Nord-Ouest, a été ouverte en septembre 2016. En 2019, la production a été de 6,821 millions de carats. L’exploitation, avec 3 mines à ciel ouvert, est prévue durer 12 ans avec 4,45 millions de carats/an et une extraction totale de 53 millions de carats. Fin 2019, les réserves prouvées et probables sont de 32,5 millions de t de minerai renfermant 1,60 ct/t.
    • La mine Victor, dans l’Ontario, contrôlée par De Beers, qui a produit, en 2019, 400 000 carats, a fermé mi-2019.
    • Le 19 octobre 2016 a été inaugurée la mine Renard, au Québec, détenue par Stornoway. En 2018, la production a été de 1,32 million de carats. Les réserves prouvées et probables sont de 30,187 millions de t de minerai renfermant 0,66 carats/t soit un total de 20 millions de carats.
  • En République Démocratique du Congo, dans le Kasaï Oriental et Occidental, la production est essentiellement, à 80 %, artisanale. Les types de diamants produits au Congo sont incolores, bruns, gris, olives et toute la gamme chromatique des jaunes, cognacs et orangés.
  • La production australienne est assurée par la mine d’Argyle (Nord-Ouest du pays), découverte en 1979, mise en exploitation en 1985, propriété de Rio Tinto. La production a été de 12,999 millions de carats, en 2019. Les diamants produits (50 % de diamants industriels, 45 % de quasi-gemmes, 5 % de gemmes) sont colorés (couleur champagne et cognac et plus rare : rose). La mine, à ciel ouvert, est relayée, depuis 2013, par une exploitation souterraine. Depuis 1985, la mine a produit 800 millions de carats. Les réserves prouvées et probables sont, fin 2019, de 5,1 millions de t de minerai contenant 1,9 carat/t.
  • La production angolaise provient principalement de la mine de Catoca, détenue à 41 % par la société russe Alrosa, 41 % par la société étatique Endiama et 18 % par le groupe néerlandais LL International Holding. En 2019, la production a été de 7,4 millions de carats et les réserves de 122 millions de carats. Par ailleurs, la société Endiama détient 39 % de la mine de Somihuana en association avec le groupe sud-africain Trans Hex qui en détient 33 %. En 2019, la production a été de 133 659 carats.
  • En Afrique du Sud, la production est assurée :
    • par Petra Diamond, a produit en 2019, 3,475 millions de carats, dans les mines de Finsch, avec 2,073 millions de carats, Cullinan, avec 1,369 million de carats et Koffiefontein, avec 53 000 carats,
    • par De Beers Consolidated Mines Limited détenue à 74 % par De Beers et 26 % par Ponahulo Holding, qui exploite la mine de Venetia avec, en 2019, une production de 1,9 million de carats,
    • par Trans Hex, qui exploite les dépôts côtiers du Namaqualand avec, en 2019, une production de 131 520 carats.
  • Au Zimbabwe, la production est assurée en grande partie par la société étatique Zimbabwe Consolidated Diamond (ZCDCO) qui exploite les mines de Chiadzwa et Chimanimani avec, en 2019, une production de 1,6 million de carats.
  • En Namibie, la production est d’excellente qualité, plus de 98 % des diamants sont de qualité joaillerie. La production est assurée par Namdeb, société détenue à parts égales entre De Beers et le gouvernement namibien, voir ci-dessous.

Principaux producteurs : en 2019, répartition du marché, en volume, et, en 2016, en valeur.

Sociétés en volume en valeur Sociétés en volume en valeur
Alrosa (Russie) 27 % 29 % Catoca (Angola) 5 % 7 %
De Beers 22 % 38 % Petra Diamond (Afrique du Sud) 3 % 3 %
Rio Tinto 12 %  4 %

Sources : Alrosa et De Beers

  • Alrosa, détenu à 33 % par la Fédération de Russie et 33 % par la République de Yakoutie a produit, en 2019, 38,5 millions de carats, voir ci-dessus avec la production russe. Par ailleurs détient une participation de 41 % dans la mine angolaise de Catoca.
  • De Beers :
    La société a été fondée en 1888 pour exploiter les mines sud-africaines. De Beers est contrôlé à 85 % par Anglo American et à 15 % par l’État du Botswana. Le groupe De Beers extrait des diamants naturels, fabrique des diamants synthétiques et commercialise une grande partie de la production mondiale.
    Production de diamants naturels pour un total, en 2019, de 30,776 millions de carats. En millions de carats, en 2019 :

    • Namibie : 1,7 par Namdeb, joint venture 50/50 entre De Beers et l’État Namibien, qui exploite d’une part le littoral maritime et d’autre part les mines d’Orange River et Elisabeth Bay, cette dernière étant en vente.
    • Botswana : 23,3 par Debswana société détenue moitié-moitié par De Beers et l’État du Botswana, dans les mines de Jwaneng (12,5), d’Orapa, Letlhakane et Damtshaa (10,8).
    • En Afrique du Sud les exploitations minières sont détenues à 74 % par De Beers et 26 % par Ponahulo Holding. La production, avec 1,9 million de carats en 2019, a été réalisée dans la mine de Venetia, la mine de Voorspoed étant à l’arrêt. Fin 1990, arrêt de l’exploitation de la cheminée de Kimberley, appelée « Big Hole », découverte en 1871 puis la production s’est poursuivie dans des mines voisines et à partir des terrils qui ont été vendus en janvier 2016.
    • Canada : 3,9 dans les mines de Victor (0,4), en Ontario et de Gahcho Kué (3,5) dans les Territoires du Nord-Ouest. La mine de Victor a été arrêtée mi-2019.

Production de diamants industriels et de matériaux ultra durs, par Element Six. Les usines de production sont situées en Irlande (Shannon), Royaume-Uni (Île de Man), Suède (Robertfors), Ukraine (Poltava), Chine (Suzhou), États-Unis (Santa Clara, en Californie) et Afrique du Sud (Springs).

  • La production de Rio Tinto avec, en 2019, 17,03 millions de carats, provient, outre de la mine d’Argyle, en Australie, voir ci-dessus, des mines de Diavik, au Canada, possédée à 60 %, avec, en 2019, une production, en propre, de 4,031 millions de carats et des réserves de 11 millions de t renfermant 2,4 carats/t. Les réserves totales prouvées et probables du groupe sont, en 2019, de 24,4 millions de carats.
  • Petra Diamond, a produit en 2019, 3,836 millions de carats, principalement en Afrique du Sud avec 3 mines et en Tanzanie avec une mine.
    • En Afrique du Sud, exploite les mines de Finsch, avec 1,756 millions de carats, Cullinan, avec 1,656 million de carats et Koffiefontein, avec 63 635 carats,
    • en Tanzanie, la mine de Williamson, avec 400 000 carats.

Les réserves prouvées et probables sont de 43 millions de carats.

Réserves : en 2018, sur un total de 1,774 milliards de carats. Répartition :

Russie 41 % Canada 14 %
Afrique 43 %

Source : Alrosa

Utilisations

En 2013, à 54 % dans la joaillerie et à 46 % dans l’industrie.

Répartition de la consommation de diamants, en joaillerie, en valeur, en 2017, sur un total de 82 milliards de dollars.

États-Unis 43 % Inde 3 %
Chine 10 % États du Golfe 3 %
Japon 5 %
Source : De Beers

Utilisé dans l’industrie pour sa dureté (10, par définition, dans l’échelle de Mohs) dans les abrasifs, filières, trépans, outils de coupe… Les diamants polycristallins et impurs (carbonados et borts) sont préférés aux diamants purs car ils sont moins fragiles. Toutefois, dans ce secteur, les diamants naturels ne représentent que 1 % de la consommation. Ce sont les diamants synthétiques qui assurent 99 % de la consommation.

Un diamant parfait et pur n’absorbe pas la lumière visible et est parfaitement transparent. L’énergie de la bande interdite est de 5,45 eV, énergie nettement supérieure à l’énergie des photons visibles. Cela n’est plus le cas en présence d’impuretés ou de défauts cristallins.

La classification des diamants est réalisée en fonction de la présence d’impuretés qui absorbent ou non dans l’infrarouge. Les diamants de type I peuvent contenir jusqu’à 0,3 % d’azote, ils absorbent vers 8 µm. Ils absorbent également le rayonnement visible dans le domaine du bleu-violet et sont donc colorés en jaune. Les diamants de type II ne contiennent pas d’azote et ils n’absorbent pas le rayonnement infrarouge. Les diamants IIa ne contiennent ni azote ni bore. Les diamants IIb contiennent du bore donnant une absorption du rayonnement visible dans le rouge et donc une couleur bleu. Le diamant « Régent » est de ce type.

Le diamant de type IIb est un excellent isolant (ρ > 1014 ohm.cm) et le matériau qui possède la conductibilité thermique la plus élevée (2000 W.m-1.K-1 à 20°C).

Les diamants se transforment en graphite à l’air vers 600°C et sous vide vers 1500°C.

Diamants synthétiques

Historique

Les laboratoires de recherche ont essayé de reproduire, à l’échelle industrielle, les conditions existant dans le magma terrestre et permettant la formation de diamant. La première synthèse, gardée secrète, a été réalisée en Suède, dans le laboratoire d’Allmanna Svenska Elektriska Aktiebolaget. La première synthèse officielle et brevetée a été réalisée le 16 décembre 1954, dans les laboratoires de General Electric.

Fabrication

Les premières fabrications ont été réalisées sous haute pression et température élevée. Les diamants obtenus, dénommés HPHT, représentent actuellement la plus grande partie (99 %) de la production de diamants synthétiques. Un autre mode d’élaboration par dépôt chimique en phase vapeur (diamants CVD) commence à être industrialisé.

Diamants HPHT : un mélange de graphite et d’un métal de transition (Ni, par exemple) qui sert de solvant pour le carbone (le diamant y est moins soluble que le graphite), entouré de pyrophylitte et muni de contacts électriques permettant le chauffage par effet Joule, forme une chambre de réaction cylindrique qui est placée au centre d’une presse tétraédrique. Entre 1667 et 1728°C, à 54 kbar, le diagramme de solidification Ni-C présente une zone fondue en présence de C cristallisé sous sa forme diamant. Le taux de croissance est d’environ 1 mm/jour. La pyrophylitte (phyllosilicate de la famille du talc) présente l’avantage d’être plastique sous haute pression et donc de transmettre de façon homogène les pressions exercées.

Les diamants produits sont, en général, de couleur jaune (due à la présence d’azote) ou verte. Ils font souvent moins de 1 carat et 5 à 6 dixièmes de mm. Un diamant de 14,2 carats, de bonne qualité industrielle a été produit par De Beers.

Les producteurs de diamants synthétiques produisent aussi du nitrure de bore cubique (dont la dureté approche celle du diamant) qui demande également, pour son élaboration, de très hautes pressions. Les produits proposés vont des poudres microniques, aux grains, aux pierres et aux plaquettes polycristallines (pour outils d’usinage et pièces d’usure) obtenues par frittage de grains de diamant ou de nitrure de bore cubique.

Diamants CVD : des revêtements de matériaux par des couches minces (5 à 10 µm) de diamant, réalisées par dépôt chimique en phase vapeur (CVD), sont commercialisés. De même, des diamants synthétiques de bonne qualité commencent à être produits par dépôt chimique en phase vapeur. La croissance du diamant (polycristallin, nanocristallin ou monocristallin) est réalisée à partir d’un substrat de diamant que l’on fait croître. La croissance est réalisée sous pression réduite, en présence de méthane et de dihydrogène, qui, sous l’action d’une décharge électrique, donnent un plasma.

Production

En 2011. Monde : 4 380 millions de carats.

en millions de carats
Chine 4 000 Japon 34
États-Unis (2017) 125 Biélorussie 25
Russie 80 Suède 20
Afrique du Sud 60 Ukraine (2008) 4
Irlande 60 France 3

Source : USGS

En 2019, la production chinoise est de 14,6 milliards de carats.

La production de diamants synthétiques était de 329 millions de carats en 1990.

Producteurs :

Aux États-Unis, la production est assurée par Diamond Innovations, filiale de Hyperion, à Worthington, dans l’Ohio et par Mypodiamond à Smithfiels en Pennsylvanie.

Element Six, détenu, pour la branche abrasifs à 60 % par le groupe De Beers et 40 % par Umicore, possède des usines de production en Irlande à Shannon, au Royaume-Uni dans l’Île de Man, en Suède à Robertfors, en Ukraine à Poltava, en Chine à Suzhou, aux États-Unis à Santa Clara, en Californie et en Afrique du Sud à Springs.

Recyclage

Après utilisation, les diamants industriels peuvent être recyclés, cela a représenté 120 millions de carats, en 2019, aux États-Unis.

Utilisations

Consommation : en 2019, les États-Unis ont consommé 460 millions de carats.

Les diamants synthétiques sont plus adaptés à la plupart des besoins industriels que les diamants naturels : ils possèdent un meilleur pouvoir de coupe et ont une durée d’utilisation plus longue. Ils couvrent 99 % des besoins industriels mondiaux en diamant.

En 1992, plus de 250 000 ct de diamants ont été utilisés pour raboter sur 120 km, la surface (1,8 millions de m2 de béton) d’une autoroute américaine, en Floride.

Leur utilisation est limitée à 700°C (transformation en graphite) et au travail de matériaux ne réagissant pas avec le carbone. Ils sont, jusqu’à 1 200°C, remplacés par le nitrure de bore cubique.

Les dépôts de diamant sont utilisés pour usiner des alliages Al-Si, des composites Al-SiC

Bibliographie

  • J-C. Michel, « Les mutations du monde du diamant », Ecomines, BRGM, décembre 2006 et janvier 2007.
  • J-C. Michel, « Les diamants synthétiques ou de culture », Ecomines, BRGM, janvier 2008.
  • Diamants-infos, 56 rue la Fayette, 75009 Paris.
  • Diamondfacts.org.
  • Processus de Kimberley, Avenue Isiro n°8, Kinshasa-Gombe, R. D. du Congo.
  • World Diamond Council, 580 Fifth Avenue, 28 th Floor, New York, NY 10036, États Unis.
  • Diamond Producers Association.
  • De Beers, rapports annuels et informations, 17 Charterhouse Street, EC1N6RA London, Royaume Uni.
  • The global diamond industry, Bain & Company, AWDC, décembre 2019.
  • Du diamant naturel au diamant de synthèse, Revue du Palais de la Découverte, n°245, février 1997.

 

Charbon

Données industrielles

État naturel

La teneur en carbone des charbons est d’autant plus élevée qu’ils sont plus anciens. On distingue les charbons par leur teneur en carbone, leur pouvoir calorifique (quantité de chaleur en millithermie dégagée par 1 kg de charbon) ou en fonction de leurs propriétés et utilisations, par exemple :

  • Gras, charbons à coke ou charbons métallurgiques qui sont utilisés pour produire le coke destiné à la métallurgie.
  • Flambants ou charbons-vapeur qui sont utilisés pour produire de l’énergie dans les chaudières industrielles. Ce sont les charbons les plus abondants.

Les charbons sont également classés d’après leur teneur en carbone :

  • La tourbe ou lignite brun est de formation récente, au quaternaire. Elle renferme de 25 à 35 % de carbone, 30 % d’oxygène, 6 % d’hydrogène et est extraite des marais.
  • Le charbon sub-bitumineux ou lignite noir s’est formé au tertiaire. Il renferme de 35 à 45 % de carbone, 25 % d’oxygène, 5 % d’hydrogène.
  • Le charbon bitumineux s’est formé à l’ère primaire (carbonifère, 360 à 300 millions d’années). Il renferme de 45 à 86 % de carbone.
  • L’anthracite contient plus de 86 % de carbone. Il est très recherché, mais les réserves mondiales sont peu abondantes. Il est principalement utilisé pour le chauffage domestique individuel.

Exploitations minières

A ciel ouvert ou découvertes : le charbon est exploité ainsi lorsque la couche de stérile ne dépasse pas de 200 à 400 m d’épaisseur.
Elles présentent l’avantage, par rapport aux exploitations souterraines, d’une productivité nettement supérieure (les dernières mines mises en exploitation extraient de 10 à plus de 30 millions de t par an), d’une mise en exploitation plus rapide (2 à 5 ans, au lieu de 10 ans), de coûts d’exploitation plus réduits, de taux de récupération qui peuvent atteindre plus de 90 % et de conditions de travail moins dangereuses. L’activité minière est dans ce cas une activité de type travaux publics. Par exemple, en France, pour l’exploitation de la « Grande Découverte » de Carmaux, 82 millions de t de stériles ont été déplacées pour extraire, en 10 ans, 1,2 million de t de charbon.

La plus grande exploitation, à ciel ouvert, dans le monde, est celle de Cerrejón, dans la péninsule de Guajira, au Nord-Est de la Colombie. Le gisement s’étend sur 69 000 hectares et le complexe minier, comprenant, la mine, la voie ferrée et le port, est propriété à parts égales d’Anglo American, BHP Billiton et Glencore. L’exploitation minière utilise 240 camions de 320, 240 et 190 t de capacité. La production de 25,7 millions de t, en 2019, est acheminée par voie ferrée, sur 150 km, par des convois pouvant atteindre 130 wagons, jusqu’à Puerto Bolivar sur la mer des Caraïbes. Le charbon est destiné exclusivement à l’exportation. Les réserves prouvées et probables sont de 330 millions de t.

Dans le monde, les exploitations minières sont de plus en plus à ciel ouvert. La moyenne mondiale est de 40 %, en 2006, alors qu’elle était de 22 % en 1970. En 2018, les exploitations australiennes sont à 80 % à ciel ouvert, celles des États-Unis à 63,6 %.

Souterraines : les mines sont exploitées selon deux méthodes principales.

  • La méthode des chambres et piliers laisse subsister des piliers maintenant la voûte, ces piliers pouvant renfermer 40 % du charbon présent initialement. Les piliers peuvent être parfois, ensuite, abattus,
  • celle de longue taille exploite un front de taille sur 3 à 4 km de long et 250 à 400 m de large, en maintenant temporairement la voûte par des vérins hydrauliques puis en la laissant s’effondrer derrière l’exploitation, c’est le foudroyage qui permet de récupérer environ 75 % du charbon contenu.

Une unité d’exploitation comporte au moins 2 puits reliés entre eux par un ensemble de galeries pour assurer la circulation d’air (aérage) afin de diluer le grisou (CH4) et abaisser la température. Du diazote sous pression est utilisé comme gaz d’inertage, à titre préventif et curatif, pour traiter les zones déjà exploitées dans lesquelles le charbon restant a tendance à s’échauffer par oxydation à l’air.
L’eau est évacuée (exhaure) par une cascade de pompes vers la surface (les débits moyens sont de 20 à 30 m3/min/unité).

Exemple du bassin de Lorraine exploité par les Houillères du Bassin de Lorraine (groupe Charbonnages de France), les dernières unités de production ayant fermé en 2004.
Le gisement lorrain est le prolongement, en France, du gisement exploité depuis le XVIème siècle en Sarre où il affleure. L’exploitation a débuté, en 1856, à Petite-Rosselle. La structure géologique du gisement est complexe. L’inclinaison des veines de charbon varie de l’horizontale (« plateures » entre 0 et 30° d’inclinaison) à la verticale (« dressants » pour une inclinaison > 65°), en passant par les « semi-dressants ». Avant la fin de l’exploitation, 3 unités exploitaient des « plateures » : La Houve à Creutzwald (profondeur : 1 000 m), Reumaux à Freyming-Merlebach (profondeur : 1 250 m) et Forbach. Une unité (Vouters à Freyming-Merlebach) exploitait les « dressants ».

Concentration : après extraction, le charbon brut est dirigé vers des lavoirs. Il est immergé dans un liquide dense composé d’eau et de particules de magnétite en suspension afin d’augmenter la densité du milieu. Ainsi, le charbon plus léger, flotte à la surface et est récupéré par raclage et les schistes, plus denses, coulent au fond du bac.

Productions

De tous types de charbons, en 2019. Monde : 8 129 millions de tonnes, Union européenne : 388 millions de tonnes.

en millions de tonnes
Chine 3 846 Russie 440
Inde 756 Afrique du Sud 254
États-Unis 640 Allemagne 134
Indonésie 610 Kazakhstan 115
Australie 507 Pologne 112

Source : BP Statistical Review of World Energy

  • En 2018, en Chine, on compte 3 373 mines, après la fermeture de 628 mines en 2012, 770 mines en 2013, 1 725 mines en 2014 et de 5 000 mines entre 2014 et 2018. La production chinoise est située dans le nord du pays, en particulier dans la province de Mongolie Intérieure, avec, en 2019, 27,6 % de la production du pays, de Shanxi, avec 25,9 % et de Shaanxi, avec 16,9 % alors que les régions consommatrices sont situées à l’est. Le charbon représente actuellement 40 % du fret transporté par les chemins de fer chinois, le charbon extrait en Chine étant transporté à 60 % par rail.
  • En 2019, aux États-Unis, les principales mines en activité sont les suivantes :
en millions de t
North Antelope Rochelle (Peabody) 77,4 Mc#1 Mine (dans l’Illinois) 11,6
Black Thunder (Arch Coal) 65,3 Caballo (Peabody) 11,4
Antelope Coal (Navajo Transitional Energy Company) 25,6 Bailey (en Pennsylvanie, par Consol) 11,1
Buckskin 16,0 Spring Creek (dans le Montana, par Navajo Transitional Energy Company) 10,8
Freedom (dans le Dakota du Nord) 12,3 Cordero (Navajo Transitional Energy Company) 10,8

Source : EIA

Ces mines sont toutes à ciel ouvert sauf Mc#1 et Bailey et situées dans le Wyoming, sauf Spring Creek, Freedom, Bailey et Mc#1. La première mine souterraine, Mc#1 Mine, dans l’Illinois, est située au 6ème rang. Au total, aux États-Unis, il y a, en 2019, 658 mines en activité. En 2019, la production est à 47,9 % de charbon bitumineux, 44,1 % de sub-bitumineux, 7,5 % de lignite et 0,37 % d’anthracite.

La capacité de production des mines est de 915 millions de t/an, dont 595 millions de t/an à ciel ouvert. Le maximum avait été atteint en 2009 avec 1,276 milliard de t/an.

  • En Australie, en 2019, la production provient du Queensland à 52,5 %, principalement de charbon métallurgique et de Nouvelle Galles du Sud à 43,2 %, principalement de charbon-vapeur. La production de lignite provient principalement de la province de Victoria.

Production de charbon-vapeur, en 2018. Monde : 5 977 millions de t, Union européenne : 60 millions de t.

en millions de t
Chine 3 026 Australie 258
Inde 676 Afrique du Sud 254
États-Unis 562 Russie 245
Indonésie 543 Kazakhstan 96

Source : Eurocoal

Production de charbon-métallurgique, en 2018. Monde : 1 033 millions de t, Union européenne : 16 millions de t.

en millions de t
Chine 534 États-Unis 72
Australie 179 Inde 49
Russie 93 Kazakhstan 11

Source : Euracoal

Production de lignite, en 2019. Monde, en 2018 : 803 millions de t, Union européenne, en 2019 : 308 millions de t.

en millions de t
Allemagne 131 Australie, en 2018 46
Turquie 86 Inde, en 2018 45
Russie, en 2018 81 Serbie 39
Pologne 50 République tchèque 37
États-Unis, en 2018 52 Bulgarie 28

Source : Euracoal

En 2018, le lignite représente 9,3 % de la production mondiale et 77,2 % de celle de l’Union européenne avec 98 % de la production allemande, 48 % de celle de la Pologne, 18 % de celle de la Russie, 9 % de celle de l’Australie, 7,5 % de celle des États-Unis et 6 % de celle d’Inde.
La production chinoise de lignite, non prise en compte par l’IEA, serait de 272 millions de t.

Productions de l’Union européenne : en 2019. Total : 67 millions de t de houille et 308 millions de t de de lignite.

en millions de t de houille et ( ) de lignite
Pologne 61,6 (50,3) Grèce (27,3)
République tchèque 3,4 (37,5) Roumanie (21,7)
Royaume Uni 2,2 Hongrie (6,8)
Allemagne  (166,3) Slovénie (3,1)
Bulgarie (28,0) Slovaquie (1,5)

Source : Euracoal

Dans l’Union européenne, en 2018, la production minière de charbon emploie 162 577 personnes.

En Allemagne, en 2018, les 2 dernières mines souterraines de production de houille en activité, Prosper-Haniel dans la Ruhr et Ibbenbüren en Rhénanie du Nord-Westphalie qui produit de l’anthracite, ont fermé. La dernière mine de Sarre avait fermé en juin 2012, Auguste Viktoria dans la Ruhr avait fermé le 1er janvier 2016.
La production de lignite, à ciel ouvert, est réalisée dans quatre régions :

  • Rhineland, dans la région de Cologne, Aachen et Mönchengladbach, avec 95,2 millions de t, en 2015, dans 3 mines.
  • Lusatian, au Sud-Est du Brandenburg et au Nord-Est de la Saxe, avec 62,5 millions de t, dans 4 mines.
  • Centre, au sud de Leipzig, avec 18,9 millions de t, dans 2 mines.
  • Amsdorf, en Basse Saxe, avec 330 000 t.

Les réserves allemandes sont, en 2018, de 36,1 milliards de t de lignite.

Commerce international : hors lignite

Principaux pays exportateurs, en 2019, sur un total de 1 221 millions de t dont 917 millions de t de charbon-vapeur, 304 millions de t de charbon à coke.

en millions de t
Australie 394 États-Unis 83
Indonésie 372 Afrique du Sud 79
Russie 208 Colombie 76

Source : Verein der Kohlenimpoteure

En prenant en compte les exportations de lignite, avec 84 millions de t, l’Indonésie est premier exportateur mondial.

  • Les exportations de l’Australie sont destinées à 27,9 % au Japon, 23,6 % à la Chine, 12,7 % à la Corée du Sud, 12,7 % à l’Inde, 3,8 % à l’Union européenne.
  • Les exportations de l’Indonésie sont destinées à l’Inde pour 32,8 %, à la Chine pour 17,5 %, à la Corée du Sud pour 8,1 %, au Japon pour 7,3 %, à l’Union européenne pour 0,3 %.
  • Les exportations de la Russie sont destinées à 33,2 % à l’Union européenne, 13,0 % à la Chine, 11,5 % à la Corée du Sud, 9,6 % au Japon.
  • Les exportations des États-Unis sont destinées à 28,7 % à l’Union européenne, 13,9 % à l’Inde, 11,9 % au Japon, 7 % à la Corée du Sud, 5,5 % au Canada.
  • Les exportations de Colombie sont destinées à la Turquie pour 24,3 %, l’Union européenne pour 18,3 %, au Chili pour 10,6 %, au Mexique pour 7,1 %, à Israël pour 6,5 %.
  • Les exportations d’Afrique du Sud sont destinées à l’Inde pour 55,0 %, au Pakistan pour 15,2 %, à la Corée du Sud pour 5,0 %, au Vietnam pour 3,3 %, à l’Union européenne pour 2,9 %.

Principaux pays importateurs, en 2019, sur un total de 1 221 millions de t dont 917 millions de t de charbon-vapeur et 304 millions de t de charbon à coke.

en millions de t
Inde 240 Corée du Sud 142
Japon 186 Taipei chinois 67
Chine 161 Allemagne 40

Source : Verein der Kohlenimpoteure

En 2019, les importations de Chine (225 millions de t de charbon vapeur et 75 millions de t de charbon métallurgique) proviennent, en 2017, pour le charbon vapeur à 45 % d’Australie et à 33 % d’Indonésie et pour le charbon métallurgique à 44 % d’Australie et à 38 % de Mongolie.

En 2019, les importations de l’Union européenne sont de 133,7 millions de t (94,0 millions de t de charbon vapeur et 39,7 millions de t de charbon métallurgique), provenant, en 2018, de Russie à 40,9 %, des États-Unis à 19,4 %, de Colombie à 12,2 %, d’Australie à 10,0 %, d’Afrique du Sud à 3,8 %, du Canada à 3,1 %, d’Indonésie à 2,4 %.

Principaux producteurs de charbon : en 2019.

en millions de t
Coal India (Inde) 602 SUEK (Russie) 106
Shenhua Energy (Chine) 283 Bumi Resources (Indonésie) 88
Peabody Energy (États-Unis) 165 Arch Coal (États-Unis) 80
Glencore (Suisse) 139 China Coal Energy (Chine), en 2018 76
Shaanxi Coal & Chemical Industry (Chine), en 2014 126 BHP Billiton ( Australie) 70

Sources : rapports annuels des sociétés

  • Coal India exploite, en Inde, 352 mines dont 158 souterraines et 174 à ciel ouvert, avec une production, en 2019-20, de 602,138 millions de t, à 95 % à ciel ouvert. Le groupe est contrôlé à 80 % par l’État indien et produit 83 % du charbon du pays. Les réserves prouvées sont de 52,546 milliards de t.
  • En 2019, les ventes totales de Shenhua Energy ont porté sur 447 millions de t avec des réserves de 8 milliards de t. La production a été de 189 millions de t en Mongolie intérieure et de 91 millions de t dans la province de Shaanxi. La mine la plus importante, Shendong, en Mongolie intérieure à la limite du Shaanxi a produit 184,8 millions de t. Le groupe contrôle 2 155 km de voies ferrées. Par ailleurs, Shenhua a produit par gazéification du charbon 319 000 t de polyéthylène et 302 300 t de polypropylène. La production d’électricité a été de 144 milliards de kWh.
  • Peabody Energy, exploite 21 mines, principalement aux États-Unis (Wyoming, Colorado, Arizona, Nouveau Mexique, Illinois et Indiana), mais aussi en Australie (9 mines dans le Queensland et en Nouvelle Galles du Sud avec 27,8 millions de t, en 2019). Ses réserves prouvées et probables sont de 4,05 milliards de t dont 3,55 milliards de t aux États-Unis. La mine de charbon la plus importante de la société, à ciel ouvert, est celle de North Antelope Rochelle (Wyoming) avec 85,3 millions de t, en 2019, et un total de plus de 1 milliard de t depuis l’ouverture de la mine. Elle exploite également l’une des plus importante mine souterraine d’Amérique du Nord, celle de Twentymile (Colorado) avec 2,6 millions de t en 2019.
  • Glencore exploite 26 mines avec, en 2019, une production de 139,5 millions de t.
    • en Australie avec une production, en 2019, de 88,4 millions de t,
    • en Afrique du Sud avec une production de 26,9 millions de t,
    • en Colombie, avec les mines de Calenturitas et La Jagua qui ont produit 15,6 millions de t ainsi que 33,3 % de la mine de Cerrejón, avec 8,6 millions de t.

Les réserves prouvées et probables sont de 3,4 milliards de t de charbon-vapeur et 175 millions de charbon à coke.

  • SUEK (Siberian Coal Energy) exploite, en Russie, 8 mines souterraines et 18 mines à ciel ouvert, dans les régions de Kemerovo, Khakasia, Krasnoyarsk, Buryatia, Zabaikalye, Khabarovsk et Primorye. La production, en 2019, a été de 66,7 millions de t de houille et 39,5 millions de t de lignite brun. Elle a été réalisée à ciel ouvert pour 81,1 millions de t et souterrainement pour 25,1 millions de t. Les ventes à l’export ont été, en 2019, de 55,2 millions de t. Les réserves sont de 7,6 milliards de t.
  • Bumi Resources exploite du charbon en Indonésie, au travers de 4 filiales, KPC, à 51 %, Arutmin à 70 % et FBS à 50 % à l’est de Kalimantan et PEB à 84,5 % au sud de Sumatra. KPC exploite, les mines de Sangatta et Bengalon avec, en 2019, une production de 60,8 millions de t. Arutmin exploite 6 mines avec, en 2019, une production de 25,5 millions de t. Les réserves sont de 2,686 milliards de t.
  • Arch Coal, exploite 8 mines aux États-Unis, la plus importante, Black Thunder, dans le Wyoming, a produit, en 2019, 65,3 millions de t. En 2019, la production totale a été de 79,7 millions de t. Les réserves prouvées et probables sont de 1,1 milliard de t.
  • China Coal Energy, exploite plus de 70 mines avec une capacité de production de 300 millions de t/an et a vendu, en 2017, 129 millions de t de charbon. Les réserves sont de 23 milliards de t. A partir du charbon, la production a été de 2 millions de t d’urée, 625 000 t de méthanol, 498 000 t de polyéthylène, 478 000 t de polypropylène.
  • BHP Billiton a produit, en 2019, 27,5 millions de t de charbon-vapeur et 42,4 millions de t de charbon métallurgique. Les exploitations minières sont situées :
    • en Australie, dans les provinces du Queensland et en Nouvelle Galles du Sud, dans le Queensland, la production est réalisée pour le charbon métallurgique d’une part en association 50/50 avec Mitsubishi pour 7 mines et d’autre part en association 80/20 avec Mitsui pour 2 mines. Par ailleurs, exploite en propre du charbon-vapeur, dans une mine en Nouvelle Galles du Sud.
    • en Colombie avec 33,33 % de la mine de Cerrejón qui exploite du charbon-vapeur.

Les réserves prouvées et probables sont de 4,175 milliards de t.

  • Anglo American a produit, en 2019 :
    • en Afrique du Sud, 26,9 millions de t de charbon-vapeur,
    • en Colombie avec 33,3 % de la mine de Cerrejón, 8,6 millions de t de charbon-vapeur,
    • en Australie, 22,9 millions de t, principalement de charbon-métallurgique.

Les réserves prouvées et probables sont de 1 milliard de t.

Réserves mondiales : fin 2019. Monde : 749 milliards de t pour l’anthracite et les bitumineux et 320 milliards de t pour les sub-bitumineux et lignite, Union européenne (Pologne, Allemagne, Grèce) : 23 milliards de t pour l’anthracite et les bitumineux et 53 milliards de t pour les sub-bitumineux et lignite.

en milliards de tonnes pour l’anthracite et les bitumineux et ( ) pour les sub-bitumineux et lignite
Chine 133 (8) Ukraine 32 (2)
États-Unis 220 (30) Kazakhstan 26 (-)
Inde 101 (5) Pologne 21 (6)
Russie 72 (90) Indonésie 28 (12)
Australie 73 (77) Afrique du Sud 10 (-)

Source : BP Statistical Review of World Energy

Les réserves de sub-bitumineux et de lignite de l’Allemagne sont de 35,9 milliards de t.
Le plus important gisement mondial est situé à Shenmu (Chine, province du Shanxi).

Situation française

En 2019.

Production : l’État français s’est progressivement désengagé de l’exploitation charbonnière. La signature du Pacte charbonnier en 1994 a entraîné la fermeture des derniers sites français de production. Ainsi la mine d’Alès dans le Gard a fermé en 2001, suivie par les mines de Forbach et Merlebach (en Moselle), la mine de La Mure (en Isère), la mine de Gardanne (Provence) fermée le 1er février 2003 et enfin le 23 avril 2004 la dernière mine, celle de La Houve à Creutzwald (Lorraine), cesse son activité. Suite à l’arrêt des exploitations, la société des Charbonnages de France a été liquidée le 31 décembre 2007.

Le maximum de production avait été atteint en 1958 avec 58,9 millions de t avec un maximum de personnel, en 1947, de 358 241 personnes.

Une production résiduelle, estimée, en 2014, à 300 000 t/an, provenait du traitement des terrils du Pas de Calais et du Gard et des schlamms de Lorraine et était utilisée dans les centrales thermiques d’E.ON avant la fermeture de celles-ci en 2014 et 2015. Depuis 2015, la production française est nulle.

Les ressources sont estimées à 425 millions de t de houille et 300 millions de t de lignite.

Commerce extérieur :
Anthracite :

  • Exportations : 5 648 t à 87 % vers la Belgique, 13 % la Suisse.
  • Importations : 601 316 t à 79 % de Russie, 6 % de Belgique, 5 % d’Irlande.

Houille métallurgique :

  • Exportations : 153 773 t à 49 % vers l’Allemagne, 38 % la Belgique, 13 % la Pologne.
  • Importations : 3 772 556 t à 63 % d’Australie, 27 % des États-Unis, 6 % du Mozambique.

Charbon-vapeur :

  • Exportations : 8 185 t à 90 % vers la Thaïlande, 6 % Taipei chinois.
  • Importations : 4 397 911 t à 49 % de Russie, 28 % d’Afrique du Sud, 15 % de Colombie, 4 % de Belgique.

Lignite :

  • Exportations : 0 t.
  • Importations : 106 152 t à 99 % d’Allemagne.

Tourbe :

  • Exportations : 20 351 t à 39 % vers la Belgique, 26 % vers la Suisse, 14 % l’Allemagne, 5 % le Portugal.
  • Importations : 556 527 t à 35 % d’Allemagne, 23 % de Belgique, 18 % des Pays Bas, 9 % d’Estonie.

Consommation : en 2018, 9,4 millions de tep à 44 % par la fabrication de la fonte, 40 % pour l’électricité et la chaleur, 11 % dans les industries manufacturières hors alimentation des hauts-fourneaux.

Utilisations

Consommations

En 2019, avec approximativement 1 exajoule (EJ) = 40 t d’anthracite = 95 t de lignite. Monde : 157,86 EJ, Union européenne : 7,69 EJ.

en exajoules
Chine 81,67 Russie 3,63
Inde 18,62 Corée du Sud 3,44
États-Unis 11,34 Indonésie 3,41
Japon 4,91 Allemagne 2,30
Afrique du Sud 3,81 Vietnam 2,07

Source : BP Statistical Review of World Energy

Secteurs d’utilisation

États-Unis, en 2015 Union européenne, en 2013 France, en 2018
Électricité 92,5 % 72,1 % 27 %
Autres industries 4,8 % 6,4 % 11 %
Sidérurgie 2,4 % 18,0 % 44 %
Résidentiel et tertiaire 3,5 % 4 %

Source : statistiques de l’AIE

Les 2/3 du charbon utilisé dans le monde sert à la production d’énergie, cette part est de 90 % pour le lignite.

Énergie

Dans le monde, en 2018, le charbon fournissait 27,2 % de l’énergie primaire, 3,7 % en France. Partout, sauf en France, son utilisation dans les centrales thermiques produisant de l’électricité est très importante.

Part du charbon dans la production d’électricité de quelques pays : en 2018. Monde : 38 %, Union européenne : 23 %.

Afrique du Sud 89 % Australie 61 %
Pologne 78 % Corée du Sud 45 %
Inde 74 % Japon 31 %
Chine 68 % États-Unis 28 %

Source : Eurocoal

Dans l’Union européenne, en 2014, nombre de centrales thermiques au charbon et, en 2017, ( ) % de l’électricité consommée issue du charbon. Total : 280 (20,2 %) :

Allemagne 70 (37 %) Royaume Uni 11 (7 %)
Pologne 46 (77 %) Finlande 10 (13 %)
République tchèque 39 (48 %) Danemark 8 (20 %)
Espagne 15 (16 %) Pays Bas 8 (27 %)
Roumanie 14 (26 %) Grèce 7 (34 %)
Bulgarie 12 (46 %) France 7 (2 %)
Italie 11 (11 %) Slovaquie 5 (11 %)

Source : Greenpeace UK et AEI

Centrales thermiques au charbon : l’utilisation de la technologie du lit fluidisé circulant permet de brûler, avec un haut rendement, des combustibles pauvres (lignite, schlamm…) et grâce à l’ajout de CaCO3 dans le foyer de la chaudière et au traitement des gaz de combustion d’atteindre un taux de désulfuration de 90 %. Par exemple, en 2018, la centrale thermique EdF de Cordemais (44) a produit ainsi 38 017 t de désulfogypse valorisé dans la production de ciment et 6 561 valorisé en agriculture. Dans un lit fluidisé circulant, le combustible brûle en suspension dans un courant d’air et circule jusqu’à combustion complète. Celle-ci a lieu à 900°C au lieu de 1300°C dans une chaudière classique ce qui réduit la formation d’oxydes d’azote. Le charbon est injecté dans la chaudière sous forme d’une pulpe eau-charbon à 60-70 % de charbon.
Dans les centrales thermiques à cycle combiné à gazéification intégrée (IGCC, en anglais), le charbon est dans un premier temps gazéifié sous forme de gaz de synthèse, qui est refroidi, purifié puis brûlé dans une turbine à gaz pour produire de l’électricité. La chaleur générée par la gazéification du charbon ainsi que celle issue de la turbine à gaz est récupérée pour produire de la vapeur d’eau utilisée à son tour pour produire de l’électricité. Lorsqu’une séquestration du dioxyde de carbone produit est prévue, le gaz de synthèse est converti afin de d’augmenter sa teneur en dihydrogène et de transformer le monoxyde de carbone présent en dioxyde de carbone qu’il est possible de séparer avant la combustion du gaz de synthèse dans la turbine à gaz (voir le chapitre dihydrogène).

EdF exploite, en France, 2 centrales thermiques au charbon. Celle du Havre (76) de 600 MW et celle de Cordemais (44) avec deux tranches de 600 MW chacune.
La société Uniper (ex E.ON) exploitait, en France, 3 sites avec la centrale Émile Huchet à Saint-Avold (80) et 3 tranches d’une puissance totale de 1 045 MW, la centrale Lucy à Montceau les Mines (71) d’une puissance de 245 MW et la centrale de Provence à Meyreuil (13) avec 2 tranches d’une puissance de 1 425 MW. 2 des 3 tranches de la centrale Emile Huchet et la centrale Lucy ont été fermées en 2014. La centrale de Provence devrait être convertie pour un fonctionnement à partir de biomasse.
En 2018, le charbon a donné, en France, une production de 8,73 TWh d’électricité.

Chauffage : dans le monde, en 2016, le charbon représente 43,6 % de l’énergie produite pour générer de la chaleur. En France, cette part est de 3,6 %.

Par exemple, la production de chaleur en Île de France est assurée par des installations thermiques gérées par la CPCU, Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain, qui utilise différentes sources d’énergie pour produire la chaleur. En 2019, 42,9 % de la vapeur livrée est produite à partir des ordures ménagères, 37,0 % à partir du gaz naturel, 11,7 % à partir du charbon, 5,9 % à partir de bois, 2,0 % à partie de biogaz et de la géothermie. La chaufferie de Saint Ouen II de la CPCU a consommé, en 2017, 148 000 t de charbon pour produire 1,665 millions de t de vapeur et 4 979 MWh d’électricité.

Sidérurgie

En 2012, la consommation mondiale de la sidérurgie a représenté 13 % de la consommation de charbon. En 2015, la consommation de la sidérurgie française a été de 5,9 millions de t. Le charbon est principalement utilisé après transformation en coke mais aussi en injection directe dans les hauts fourneaux. Par exemple, en 2015, en Allemagne, la consommation par t de fonte obtenue dans les hauts fourneaux est 329,5 kg de coke et 164,1 kg de charbon pulvérisé par injection directe.
En France, le charbon est cokéfié dans les 3 cokeries intégrées aux complexes sidérurgiques d’ArcelorMittal à Fos (13) et Dunkerque (59).
La production mondiale de coke, avec, en 2018, 646 millions de t est dominée par la Chine avec une production de 438 millions de t. La production de l’Union européenne a été de 38,8 millions de t, celle du Japon de 32,6 millions de t, celle de la Russie de 26,9 millions de t, celle de la Corée du Sud de 17,7 millions de t, celle de l’Amérique du Nord, de 14,5 millions de t, celle de l’Ukraine de 10,2 millions de t, celle de l’Allemagne de 9,2 millions de t, celle de la Pologne de 9,2 millions de t. En 2015, la production française a été de 3,150 millions de t (voir le chapitre consacré au Coke).
En 2013, l’injection directe de charbon pulvérisé dans les hauts fourneaux a été, dans le monde, de 48,2 millions de t dont 14,9 millions de t au Japon, 9,1 millions de t en Corée du Sud, 4,4 millions de t en Allemagne, 3,8 millions de t en Russie, 3 millions de t en Inde, 2,6 millions de t en France, 1,5 million de t aux États-Unis.

Émissions de dioxyde de carbone

Voir également les chapitres dioxyde de carbone et effet de serre.

Dans des centrales électriques thermiques, les émissions de dioxyde de carbone sont :

  • pour le lignite de 1 015 g/kWh,
  • pour la houille de 855 g/kWh,
  • pour le gaz naturel de 400 g/kWh.

Dans l’Union européenne, en 2014, émissions de dioxyde de carbone par les centrales thermiques au charbon. Total : 762 millions t.

en millions t
Allemagne 256 Grèce 34
Pologne 129 Bulgarie 26
Royaume Uni 87 Pays Bas 20
Espagne 43 Roumanie 19
République tchèque 42 France 11
Italie 39 Danemark 10

Source : Greenpeace UK

Les émissions mondiales de dioxyde de carbone générées par la combustion du charbon ont été, en 2017, de 14,502 milliards de t.

Carbochimie

L’obtention du coke donne divers sous-produits qui sont valorisés. Une tonne de houille donne en moyenne 750 kg de coke, 30 à 40 kg de goudrons, 7 à 12 kg de benzol (80 % benzène, 15 % toluène, 5 % xylène), 5 à 10 kg de sulfate d’ammonium et 300 à 350 m3 de gaz (60 % H2 – 25 % CH4). Les BTX (benzène, toluène, xylènes, voir ce chapitre) proviennent de la cokéfaction pour 5 % de la production en Europe de l’Ouest (2 % aux États-Unis). Le naphtalène provient à 60-70 % du charbon aux États-Unis et à 100 % au Japon.
Le gaz de cokerie est souvent brûlé, avec récupération de l’énergie, mais aussi utilisé pour produire du méthanol. Ainsi, en 2018, il donne 10 % de la production chinoise de méthanol.

Par ailleurs, divers procédés peuvent donner des hydrocarbures à partir du charbon. Par exemple, la liquéfaction indirecte selon le procédé Fischer-Tropsch avait été employé, à grande échelle, par l’Allemagne nazie, dépourvue de ressources pétrolières, pendant la deuxième guerre mondiale avec, en 1944, une production, dans 25 usines, de 6,5 millions de t de carburants. Depuis, la production d’hydrocarbures selon ce procédé a été abandonnée du fait de la concurrence du pétrole avec son faible prix. Seule l’Afrique du Sud, riche en charbon, a développé, à partir de 1955, une production commerciale en raison des sanctions économiques de l’époque de l’apartheid et d’un embargo sur les produits pétroliers de la part de la communauté internationale.
Dans ce pays, le charbon a été utilisé massivement comme matière première chimique par la société Sasol pour produire du gaz de synthèse, du dihydrogène, de l’ammoniac, de l’essence synthétique selon le procédé Fischer-Tropsch et divers dérivés pétrochimiques. La société Sasol a extrait, en 2018-19, 36,1 millions de t de charbon qui sont, dans l’usine de production de Secunda, dans la province de Mpumalanga, en grande partie transformés en gaz de synthèse puis, dans 9 réacteurs travaillant sous pression à 350°C, en présence d’un catalyseur à base de fer, en carburants et divers produits tels que le pentène, l’hexène, l’octène, des alcools, de l’acide acétique, de l’acétone, du propylène, de l’éthylène … La production est ainsi, en 2018-19, de 7,8 millions de t de carburant représentant, en 2014, 35 % de la consommation sud-africaine.
De son côté, la Chine, riche en réserves de charbon, développe depuis peu de temps, la production d’oléfines (éthylène et propylène) à partir de charbon, par l’intermédiaire de la production de méthanol (voir ci-dessous).

Production du gaz de synthèse : toutes ces productions d’hydrocarbures commencent par la production de gaz de synthèse par vaporeformage du charbon (voir le chapitre dihydrogène). Cette production qui avait été supplantée par le développement de l’utilisation du gaz naturel et ne subsistait principalement qu’en Afrique du Sud effectue un retour en force avec son emploi en Chine, riche en ressources de charbon et relativement pauvre en hydrocarbures.

Principe : la formation du gaz à l’eau, syngas ou gaz de synthèse, a lieu à 1000°C selon la réaction suivante :

C + H2O = CO + H2                 Δr298 = + 131 kJ/mole

La réaction, endothermique, nécessite un soufflage de dioxygène pour maintenir la température par combustion du carbone. Le gaz obtenu contient de 30 à 50 % de dihydrogène et 60 à 40 % de monoxyde de carbone, avec du diazote et du dioxyde de carbone. Ce gaz de synthèse peut ainsi être employé comme source de dihydrogène et de monoxyde de carbone pour produire du méthanol puis des oléfines (éthylène, propylène) et des polyoléfines (polyéthylène et polypropylène).

La production de H2 peut être améliorée par conversion de CO pour produire de l’ammoniac puis des engrais azotés. Le monoxyde de carbone du gaz de synthèse est alors transformé en dioxyde de carbone avec production complémentaire de dihydrogène, en 2 étapes. On obtient ainsi un gaz contenant 70 % de H2.

CO + H2O = CO2 + H2         Δr298 = – 41 kJ/mole

Production de carburants liquides :

Après formation du gaz de synthèse, le mélange de monoxyde de carbone et de dihydrogène, est transformé par le procédé Fischer-Tropsch en hydrocarbures selon la réaction, avec n compris entre 10 et 20 :

n CO + (2n + 1) H2 = CnH2n+2 + n H2O

En fonction des hydrocarbures à obtenir, la réaction est réalisée à 150-300°C avec un catalyseur au cobalt ou à plus haute température, 300-350°C et 20 à 30 bar, avec un catalyseur au fer. Un catalyseur au ruthénium est également employé.

Production de méthanol :

Le gaz de synthèse peut être converti en méthanol ou en diméthyléther, eux-même employés comme carburants en remplacement ou association avec l’essence ou le diesel (voir le chapitre méthanol) et à la base de la fabrication de nombreux produits (formaldéhyde, oléfines, acide acétique, méthacrylate de méthyle…). Depuis 1983, la gazéification du charbon est utilisée aux États-Unis, par Eastman qui produit ainsi du méthanol, à Kingsport, dans le Tennessee avec une capacité de production de 195 000 t/an. Cette utilisation du charbon est en cours de développement important en Chine où, en 2018, 82 % de la production de méthanol est réalisée à partir de charbon et 10 % à partir du gaz de cokerie.

Production d’oléfines (éthylène et propylène) :

Le méthanol peut être transformé en éthylène et propylène, à des température comprises entre 350 et 450°C, sous une pression de 0,1 à 0,3 MPa, en présence comme catalyseur de zéolithe. Dès 1975, Mobil avait découvert que le méthanol pouvait être converti en essence puis en 1977, en oléfines, en utilisant une zéolithe, ZSM-5, la sélectivité étant d’environ 60 %. La mise au point par Union Carbide d’une nouvelle zéolithe synthétique, SAPO-34, a permis d’atteindre une sélectivité de 75 à 80 % et de rendre le procédé compétitif. Dénommé UOP/Hydro, est il actuellement développé par Honeywell qui de plus, en association avec Total, a complété le procédé UOP par une opération de craquage dénommé OCP (Olefin-Cracking-Process) permettant d’atteindre une sélectivité de 90 % en oléfines. Cette amélioration a été réalisée par Total sur son site de Feluy, en Belgique, avec un réacteur de démonstration qui a validé le procédé donnant des oléfines destinées à la polymérisation en polyéthylène et polypropylène.
Le procédé UOP/OCP peut utiliser du méthanol brut de fabrication qui est vaporisé dans le réacteur UOP dans lequel le catalyseur, SAPO-34, est maintenu en lit fluidisé. Lors des réactions de transformation du méthanol, le catalyseur est rapidement recouvert de coke qui réduit ses capacités. En conséquence, il circule dans le réacteur en étant de façon continue réactivé, à l’extérieur du réacteur, par brûlage du coke avec de l’air. Les réactions, complexes, font intervenir le diméthyléther (DME) selon les équations simplifiées suivantes :

2 CH3OH = CH3OCH3 + H2O
CH3OCH3 = C2H4 + H2O
3 CH3OCH3 = 2 C3H6 + 3 H2O

La zéolithe synthétique SAPO-34 est un silicoaluminate phosphaté possédant des sites acides de Brønsted, de structure de type chabazite, qui possède des micropores de 0,38 nm. Le rapport entre le propylène et l’éthylène est compris entre 0,75 et 1,25. A côté de ces derniers, il y a formation de composés en C4 à C8 qui peuvent, dans le réacteur additionnel OCP, être craqués pour donner à leur tour de l’éthylène et du propylène, augmentant ainsi la sélectivité. Par ailleurs le réacteur OCP produit plus de propylène que d’éthylène ce qui donne au total pour le procédé UOP/OCP un rapport propylène sur éthylène compris entre 1,3 et 1,8.

A côté du procédé UOP/OCP, d’autres procédés sont développés, avec des technologies chinoises pour les procédés D-MTO et S-MTO et par Lurgi qui a développé un procédé MTP (Méthanol-To-Propylène). Diverses usines de production sont construites ou en cours de construction en Chine. La production peut être réalisée directement à partir du charbon dans des usines de production intégrées de la mine aux oléfines puis aux polyoléfines et dans ce cas elle est appelée (CTO : Coal-To-Olefins). Si elle est réalisée seulement à partir du méthanol elle est appelée (MTO : Methanol-To-Olefins).
La consommation d’eau de ces procédés est importante, de 20 à 40 t par t d’oléfine pour le procédé MTO et près de 90 t/t pour les procédés CTO. En Chine, les mines de charbon sont situées dans des régions arides ce qui pose des problèmes d’approvisionnement en eau.
La première unité de production commerciale a été construite, en 2010, à Baotou, en Mongolie Intérieure. Depuis, 25 unités de production ont été construites avec une capacité de production, en 2019, de 5,21 millions de t/an d’éthylène soit 21 % de la capacité de production chinoise.

Production de gaz naturel synthétique :

Le gaz de synthèse peut aussi être converti en méthane, c’est-à-dire en gaz naturel de synthèse. la réaction de méthanation mise en jeu est la suivante, en présence de catalyseur au nickel :

CO + 3 H2 = CH4 + H2O

La société Dakota Gasification Company, exploite une unité de production à Beulah, dans le Dakota du Nord. Par jour, la gazéification de 18 000 t de lignite donne du gaz de synthèse transformé par méthanation en 4,8 millions de m3 de gaz naturel synthétique. 8 000 t par jour de dioxyde de carbone, soit la moitié de la production, est exporté par 330 km de pipeline, au Canada, pour être utilisé pour assister la récupération de pétrole des gisements de Weyburn et Midale, dans le Saskatchewan. Ainsi, fin 2016, un total de 35 millions de t de dioxyde de carbone a été séquestré depuis 2000.

Gazéification in situ :

Divers projets sont en cours et plusieurs installations de démonstration sont en fonctionnement afin de gazéifier le charbon « in situ ». Le procédé consiste à forer 2 puits jusqu’à une veine de charbon, de relier ces 2 puits par un forage horizontal. Par l’un des puits, de l’air ou du dioxygène est injecté qui brûle le charbon permettant d’atteindre une température d’environ 1200°C puis l’apport de vapeur d’eau permet de réaliser un vaporeformage produisant du gaz de synthèse qui est récupéré par le deuxième puits. La société Yerostigaz exploite, à Angren, en Ouzbékistan, depuis 1961, une unité de gazéification « in situ » commerciale donnant 1 million de m3 de gaz de synthèse par jour destiné à produire de l’électricité par combustion.

Bibliographie

 

Borates

Données industrielles

De façon générale la teneur des minerais et des borates (sels contenant des anions de type (BmOn)x-) est exprimée en oxyde de bore (B2O3). Par exemple, la teneur du borax pur, Na2B4O7,10H2O, est de 36,5 % en B2O3.

État naturel

La teneur moyenne de l’écorce terrestre en bore est de l’ordre de 3 ppm, celle de l’eau de mer de 4 à 5 mg/L.

Minerais : les gisements exploitables, résultants d’une activité volcanique et d’un climat aride, se rencontrent principalement en Turquie, aux États-Unis, en Californie, dans le désert de Mojave et dans le massif andin.

Les principaux minéraux exploités sont le borax (Na2B4O7,10H2O) appelé tincal, aux États-Unis, la kernite (Na2B4O7,4H2O, associée au borax), la colémanite (Ca2B6O11,5H2O), exploitée principalement en Turquie et l’ulexite (NaCaB5O9,8H2O) exploitée principalement en Amérique du Sud. Ces 4 minéraux fournissent 90 % de la production mondiale.

Les autres minéraux exploités sont nombreux. Parmi ceux-ci : la pricéite (Ca2B10O19,7H2O, en Turquie), la szaibelyite (MgBO2(OH), en Russie), la sassolite (B(OH)2), la boracite (Mg3B7O13Cl)…

Exploitations minières : les deux principaux gisements mondiaux, exploités à ciel ouvert, contiennent de moins de 50 à plus de 80 % de borates. Ils sont situés en Turquie et aux États-Unis, en Californie.

En Turquie, les gisements exploités sont situés entre la mer Égée et la ville de Kütahya (250 km à l’ouest d’Ankara). L’ensemble de la production est contrôlé par le groupe d’État Eti Madem avec quatre exploitations principales :

  • Emet : gisement découvert en 1956, produisant 1 million de t/an de minerai de colémanite contenant de 28 à 30 % de B2O3.
  • Kirka : gisement découvert vers 1970, produisant 2,5 millions de t/an de minerai de borax contenant 26 % de B2O3.
  • Bigadiç : produisant 800 000 t/an de minerais d’ulexite et de colémanite contenant de 29 à 31 % de B2O3.
  • Kestelek : produisant de la colémanite.

Aux États-Unis, en Californie, les gisements sont ceux de :

  • Boron : découvert en 1913 et exploité, souterrainement à partir de 1927 puis, à ciel ouvert, depuis 1957. Le gisement est situé à 150 km au Nord-Est de Los Angeles dans le désert de Mojave. La mine occupe une surface de 2,8 x 3,2 km avec une profondeur de 230 m. Les principaux borates sont présents dans le gisement mais le principal minerai extrait par Rio Tinto Minerals est le borax (tincal), avec une production, en 2019, de 520 000 t exprimées en B2O3 et des réserves de 16 millions de t exprimées en B2O3.
  • Searles Lake : découvert en 1863, dans un lac au centre d’une vallée désertique située entre la Vallée de la Mort et Boron. Dans le lac, les ions borates, à une teneur de 1,5 %, sont associés à de nombreux autres ions, la production principale étant celle de carbonate de sodium. Exploité par Searles Valley Minerals, filiale du groupe indien Nirma, avec une capacité de production de 110 000 t/an exprimées en B2O3.

Productions

En 2019. Monde (estimation) : 13 millions de t de minerai, soit exprimée en B2O3 : 4 millions de t.

en milliers de t de B2O3
Turquie 2 500 Bolivie 210
États-Unis (estimation) 600 Allemagne 140
Chili 400 Argentine 100
Chine 250 Pérou 100
Source : USGS

En 2016, les capacités mondiales de production sont de 5,6 millions de t, exprimées en B2O3.

Au Chili, la société Quiborax, exploite, à 4 050 m d’altitude, la saline de Surire renfermant de l’ulexite, avec une capacité de production de 36 000 t/an d’acide borique et 100 000 t/an de concentré de minerai. La production est à 99 % exportée. Les réserves sont de 1 500 millions de t d’ulexite correspondant à 30 millions de t de B2O3.

En Argentine, la production provient de la région de Puna, au Nord-Ouest du pays. Les principales mines, Tincalaya et Sijes, sont exploitées, à ciel ouvert, à 4 100 m d’altitude, par Borax Argentina, filiale du groupe australien Orocobre. En 2018-19, la production a été de 42 635 t de produits (concentrés de minerai, borax, acide borique).
La société Minera Santa Rita, exploite le Salar Hombre Muerto, à 4 100 m d’altitude, dans la province de Catamarca. La production est de 60 000 t/an avec des réserves de 2 millions de t.

Réserves : estimées, en 2018, à 4 500 millions de t exprimées en B2O3. Répartition :

en %
Turquie 73 % Pérou 2 %
Russie 7 % Serbie 2 %
États-Unis 6 % Bolivie 1 %
Chine 4 % Kazakhstan 1 %
Chili 3 % Argentine 1 %

Source : rapport d’activité de Eti Maden

Les réserves de Turquie sont constituées à 76 % de colémanite, 22 % de borax et 2 % d’ulexite.

Le projet de la mine lithium-borate de Jadar, près de la ville de Loznica, en Serbie est développé par Rio Tinto. Il renferme un minéral, la jadarite (Na2OLi2O(SiO2)2(B2O3)3H2O), connu seulement dans ce gisement. Les ressources estimées sont de 136 millions de t de minerai renfermant 1,9 % de Li2O et 15 millions de t de B2O3. Les études de préfaisabilité sont en cours avec éventuellement une production qui pourrait débuter en 2023.

Principaux producteurs :

  • Eti Madem, groupe d’État, contrôle la production turque. En 2018, a produit 2,43 millions de t de composés de bore, exprimées en B2O3. Devenu n°1 mondial en 2005, le groupe approvisionne, en 2018, 59 % de la demande mondiale. Possède des capacités de production de 2,81 millions de t/an exprimées en B2O3, situées à :
    • Kirka avec 1,34 million de t/an de borax pentahydraté, 80 000 t/an de borax décahydraté, 24 000 t/an de borax anhydre,
    • Emet avec 290 000 t/an d’acide borique,
    • Bigadiç avec 700 000 t/an de colémanite et d’ulexite,
    • Bandirma avec 150 000 t/an de borax décahydraté, 115 000 t/an de borax pentahydraté, 95 000 t/an de borax anhydre, 8 000 t/an d’oxyde de bore et de borax anhydre.
  • Rio Tinto Minerals filiale du groupe minier britannique Rio Tinto qui exploite, aux États-Unis, le gisement de Boron. Les capacités de production sont de 3 millions de t de minerai et 1 million de t de composés de bore. En 2019, la production minière exprimée en B2O3 est de 520 000 t. En France, ce groupe est présent à travers sa filiale Borax Français. Les minerais produits par la société, ou importés de Turquie, sont raffinés en Californie et en France. Le groupe assure 23 % de la demande mondiale.

Commerce international de borates naturels, en 2019.

Principaux pays exportateurs : sur un total de 1 017 679 t de concentrés.

en tonnes de produits
Turquie 651 190 t Pays Bas 19 307 t
Bolivie 198 963 t Espagne 8 497 t
Argentine 60 959 t Chine 5 195 t
Autriche 35 228 t Pérou 4 136 t
Chili 20 798 t États-Unis 3 875 t
Source : ITC

Les exportations de la Turquie sont destinées à la Chine pour 39 %, à l’Inde pour 11 %, aux États-Unis pour 10 %.

Principaux pays importateurs : sur un total de 1 044 514 t de concentrés.

en tonnes de produits
Chine 359 798 t Autriche 36 516 t
Brésil 172 394 t Taipei chinois 35 799 t
Inde 85 965 t Malaisie 21 939 t
États-Unis 83 697 t Russie 19 327 t
Espagne 46 375 t Pays Bas 17 946 t
Source : ITC

Les importations chinoises proviennent à 80 % de Turquie, 17 % de Bolivie, 3 % du Chili.

Traitement des minerais

Dans le cas de gisements de borax, le minerai broyé est mis en présence d’eau à l’ébullition. Le borax passe en solution et est ainsi séparé de la gangue insoluble. Il est récupéré par évaporation de l’eau, cristallisation avec 5 (pentahydraté) ou 10 (décahydraté) molécules d’eau puis centrifugation. Les produits sont ensuite séchés dans des fours tournants.

On obtient ainsi le principal produit commercialisé, le borax ou tétraborate de disodium décahydraté (Na2B4O7,10H2O). La consommation d’énergie est de l’ordre de 8,6 GJ/t de B2O3. Le borax anhydre, Na2B4O7, est obtenu par chauffage vers 400°C.

L’acide borique (H3BO3 ou acide orthoborique) est préparé par attaque sulfurique du borax :

Na2B4O7,10H2O + H2SO4 = 4 H3BO3 + Na2SO4 + 5 H2O

Le sulfate de sodium ainsi coproduit a de nombreuses utilisations dans les produits détergents, l’industrie du verre…, voir ce chapitre.

L’oxyde de bore (B2O3) est obtenu par déshydratation, à 300°C, de l’acide borique :

2 H3BO3 = B2O3 + 3 H2O

Dans le cas de minerai de colémanite, celui-ci est soit directement utilisé après purification, soit il subit un traitement à l’aide de carbonate de sodium qui donne le borax ou une attaque sulfurique qui donne l’acide borique.

Dans le cas des saumures du lac Searles, une cristallisation fractionnée donne le borax ou une extraction par solvant et acidification donne l’acide borique.

Commerce international d’oxyde de bore et d’acide borique : en 2019, en tonnes de produits.

Principaux pays exportateurs : sur un total de 562 082 t.

en tonnes de produits
États-Unis 257 325 t Argentine 24 882 t
Russie 80 103 t Bolivie 5 469 t
Chili 77 891 t Autriche 3 335 t
Pays Bas 59 243 t Lettonie 3 134 t
Pérou 36 614 t Espagne 2 158 t

Source : ITC

Les exportations des États-Unis sont destinées à la Chine pour 25 %, aux Pays Bas pour 19 %, à la Corée du Sud pour 16 %, à Taipei chinois pour 15 %, au Japon pour 8 %.

Principaux pays importateurs : sur un total de 820 996 t.

en tonnes de produits
Chine 246 583 t Brésil 41 648 t
Corée du Sud 60 555 t États-Unis 41 450 t
Pays Bas 58 230 t Allemagne 25 662 t
Taipei chinois 45 164 t Espagne 23 763 t
Japon 44 446 t France 23 703 t

Source : ITC

Les importations chinoises proviennent de Turquie pour 33 %, des États-Unis pour 23 %, du Chili pour 18 %, de Russie pour 18 %.

Commerce international de borates et perborates : en 2019, en tonnes de produits.

Principaux pays exportateurs : sur un total de 933 587 t.

en tonnes de produits
États-Unis 624 843 t Espagne 22 504 t
Pays Bas 90 203 t Chine 21 355 t
Pologne 34 114 t Slovénie 15 471 t
Malaisie 31 788 t Argentine 15 279 t
Turquie 27 285 t Suède 13 308 t

Source : ITC

Les exportations des États-Unis sont destinées à la Chine pour 51 %, à la Malaisie pour 8 %, à l’Inde pour 6 %, au Canada pour 6 %.

Principaux pays importateurs :

en tonnes de produits
Chine 668 850 t Indonésie 70 733 t
États-Unis 174 169 t Pologne 58 982 t
Inde 92 241 t Espagne 58 535 t
Malaisie 72 596 t Pays Bas 53 013 t
Allemagne 70 751 t Royaume Uni 37 940 t

Source : ITC

Les importations chinoises proviennent de Turquie pour 55 %, des États-Unis pour 45 %.

Situation française

En 2019.

Production :
Pas de production minière.

Production de divers borates à partir de minerais importés, à Coudequerque (59) par Borax Français, filiale de Rio Tinto Minerals. La capacité de production de l’usine est de 100 000 t/an de produits, soit 6 t/h de borax à partir de minerai importé des États-Unis et 10 t/h d’acide borique cristallisé à partir de colémanite importée de Turquie. La production est exportée à 80 %.

Commerce extérieur :
Borates naturels :

  • Exportations : 277 t vers l’Italie à 55 %, la Belgique à 41 %.
  • Importations : 1 856 t de Turquie à 62 %, du Luxembourg à 16 %, d’Allemagne à 8 %.

Tétraborate anhydre et hydraté :

  • Exportations : 112 t vers l’Italie à 43 %, l’Irlande à 29 %, l’Espagne à 12 %, la Belgique à 9 %.
  • Importations : 21 237 t de Turquie à 63 %, des États-Unis à 13 %, de Belgique à 9 %.

Autres borates :

  • Exportations : 2 741 t vers l’Allemagne à 61 %, les États-Unis à 17 %, la Belgique à 13 %.
  • Importations : 822 t de Belgique à 36 %, d’Allemagne à 21 %, des États-Unis à 10 %, du Royaume Uni à 10 %.

Perborates :

  • Exportations : confidentielles.
  • Importations : 84 t d’Allemagne à 83 %, de Belgique à 11 %.

Utilisations

Les principaux composés du bore sont utilisés, à plus de 99 % des quantités consommées, sous forme de borates ou de perborates.

Consommations : en 2018, la consommation mondiale est de 4,18 millions de t, exprimées en B2O3, à 56 % en Asie, 18 % en Europe, 16 % en Amérique du Nord, 9 % en Amérique latine, 1 % en Afrique, 0,5 % au Moyen Orient.

Secteurs d’utilisation des borates et des composés du bore, dans le monde, en 2018.

Verre 48 % Céramiques 15 %
Agriculture 15 % Détergents 2 %

Source : rapport d’activité de Eti Maden

  • Industrie du verre : les borates sont principalement employés dans l’élaboration des fibres de verre d’isolation et de renforcement de plastiques. Les fibres de verre d’isolation (laine de verre) contiennent de 4 à 5 % de B2O3, apporté sous forme de borax pentahydraté, qui facilite la fusion du verre, empêche la dévitrification et améliore la résistance à l’eau. Les fibres de renforcement de matières plastiques contiennent de 6 à 8 % de B2O3 introduit généralement sous forme de colémanite car ces fibres n’admettent pas des teneurs élevées en sodium. Ces fibres sont utilisées pour la fabrication de coques de voiliers, cannes à pêche et matériaux composites utilisés dans la furtivité (leur non-conductibilité et leur faible constante diélectrique les rendent transparents aux ondes radar).
    Ils sont également employés dans la fabrication du verre borosilicaté (Pyrex®) qui renferme de l’ordre de 12,5  % de B2O3 qui apporte la résistance aux chocs thermiques et aux acides. L’oxyde de bore est apporté sous forme de borax hydraté ou anhydre ou d’acide borique.
  • Émaux et glaçures céramiques : comme dans le cas des verres (les émaux et les glaçures sont des verres), l’oxyde de bore facilite la formation du verre et sa teneur permet d’ajuster les coefficients de dilatation thermique du support et du revêtement. Il augmente l’indice de réfraction et la résistance aux attaques chimiques et aqueuses.
  • Agriculture : le bore est un oligoélément essentiel à la croissance et au développement des plantes (il est un des constituants des parois cellulaires). Des borates, sous forme de borax ou d’octoborate (Na2B8O13,4H2O) peuvent être ajoutés aux engrais.
  • Détergents : utilisation aux États-Unis sous forme de borax et en Europe et plus récemment aux États-Unis sous forme de perborates de sodium (NaBO3) mono ou tétrahydratés. Les perborates entrent, à des teneurs de 10 à 20 % en masse, dans les lessives en poudre. Le monohydrate est utilisé dans les poudres compactes.
    Le perborate de sodium est fabriqué, après attaque par la soude (avec parfois ajout de Na2CO3) du borax qui donne une solution de métaborate de sodium, par précipitation à l’aide de H2O2 vers 20°C.

Na2B2O4 + 2 H2O2 + 6 H2O = 2 NaBO3,4H2O

En Europe, la production est assurée par le groupe Solvay, dans son usine de Bad Hönningen, en Allemagne, par Evonik, en Allemagne, par Belinka Perkemija, filiale du groupe Helios, en Slovénie.
Les perborates qui libèrent H2O2 au-dessus de 60°C, qui ont été les principaux agents de blanchiment utilisés en Europe, sont actuellement remplacés par les percarbonates qui libèrent le peroxyde d’hydrogène à plus basse température.

  • Sidérurgie et métallurgie : les borates dissolvent les oxydes métalliques et sont donc utilisés comme flux dans la soudure et le brasage (utilisation de borate de potassium) ainsi que pour favoriser, en métallurgie, l’obtention de laitiers fusibles. Cette propriété de dissolution des oxydes métalliques est utilisée en chimie, en analyse qualitative : en formant des perles de borax, on obtient des verres de couleurs caractéristiques des métaux dont les oxydes ont été dissous.
  • L’acide borique est utilisé, en galvanoplastie dans les bains de nickelage.
  • Le bore (voir cet élément) entre dans la composition d’alliages divers.

Autres utilisations :

  • Peintures : le borate de zinc (2ZnO,3B2O3,3,5H2O) est utilisé comme pigment anticorrosion.
  • Inhibiteur de corrosion des métaux : par exemple dans les circuits de refroidissement d’eau des automobiles.
  • Ignifugation : de fibres cellulosiques (par exemple dans les matelas en coton) et de plastiques sous forme de borax, acide borique, borate de zinc.
  • Ciments et bétons : le borax ralenti leur vitesse de durcissement.
  • Fongicide et insecticide : pour traiter les bois de construction, en particulier contre les termites.
  • Pharmacie : antiseptiques, les borates, sont utilisés dans de nombreux produits d’usage courant : cosmétiques, produits d’hygiène…
  • Centrales nucléaires : le bore et en particulier l’isotope naturel 10B étant absorbeur de neutrons, des borates sont utilisées, en solution, dans le circuit primaire des réacteurs REP. Lors de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, l’eau déversée sur les réacteurs était additionnée de borax.
  • Chimie : les borates sont les produits de départ de tous les composés du bore vus par ailleurs. L’acide borique est utilisé comme catalyseur lors de l’oxydation du cyclohexane destiné à produire le Nylon.

Bibliographie

  • Les borates, Mémento du BRGM, 1992.
  • European Borates Association, Rue des Deux Églises, 26, B-1000 Bruxelles, Belgique.
  • National Boron Research Institute, Dumlupinar Bulvari (Eskisehir Yolu 7. km) No: 166 Kat: 10, 06520 Ankara, Turquie.
  • « Eti Maden and the borate industry« , Industrial Minerals International Congress and Exhibition, Prague, 2016.
  • Information du Borax Français, BP 59, 59411 Coudekerque-Branche Cedex.
  • American Ceramic Society Bulletin, juin 1997.
  • Applications industrielles des composés du bore, Informations Chimie, n°178, juin 1978.

Halogénures de bore

Données industrielles

Le trichlorure de bore (BF3)  est utilisé dans le raffinage des métaux (permet l’élimination de nitrures, carbures, oxydes), en catalyse, dans la fabrication de fibres de bore.

Autres borures métalliques

Données industrielles

Élaboration industrielle

Ils sont, en général, préparés à haute température, sous vide ou sous atmosphère inerte. Exemples : TiB2, CrB2, ZrB2

Utilisations

On peut citer :

  • Les ailettes de turbines (ou revêtement de ces ailettes), revêtements de chambres de combustion, tuyères de fusées…
  • Les pompes et canalisations pour le transport de métaux liquides, creusets d’évaporation de métaux (métallisation de polymères par Al), dans l’électrométallurgie de l’aluminium…
  • Les abrasifs et outils cémentés ou revêtus de borures.

Nitrure de bore

Données physico-chimiques

Données atomiques

Formule Masse molaire Structures cristallines
BN 24,82 g.mol-1
  • h-BN : hexagonale de paramètres : a = 0,251 nm, c = 0,670 nm
  • c-BN : cubique, de type diamant de paramètre a = 0,3615 nm

Données physiques

Masse volumique Dureté Température de sublimation Solubilité dans l’eau
  • forme hexagonale : 2,1 g.cm-3
  • forme cubique : 3,45 g.cm-3
  • forme hexagonale : 2
  • forme cubique : 9,5
3 000°C
  • froide : insoluble
  • chaude : légère décomposition

Données thermodynamiques

Nitrure de bore cristallisé :

  • Enthalpie molaire standard de formation à 298,15 K : -254,5 kJ.mol-1
  • Enthalpie libre molaire standard de formation à 298,15 K : -228,5 kJ.mol-1
  • Entropie molaire standard à 298,15 K : S° = 14,8 J.K-1mol-1
  • Capacité thermique molaire sous pression constante à 298,15 K : Cp° = 19,7 J.K-1mol-1
Nitrure de bore gazeux :

  • Enthalpie molaire standard de formation à 298,15 K : 647,7 kJ.mol-1
  • Enthalpie libre molaire standard de formation à 298,15 K : 614,7 kJ.mol-1
  • Entropie molaire standard à 298,15 K : S° = 212,2 J.K-1mol-1
  • Capacité thermique molaire sous pression constante à 298,15 K : Cp° = 29,5 J.K-1mol-1

Données industrielles

De formule BN, le nitrure de bore se présente sous deux variétés principales : alpha et bêta.

BN alpha

De structure hexagonale de type graphite (surnommé pour cette raison : graphite blanc).

Élaboration industrielle :

Peut être obtenu à 300°C à partir de borate de sodium traité par du chlorure d’ammonium, vers 1000°C par action de l’ammoniac sur le trichlorure de bore ou par réaction entre l’oxyde de bore et le diazote, en présence de carbone, vers 1600°C.

Production :

La production mondiale est de 300 à 500 t/an.

Propriétés :

  • Très bon isolant électrique (meilleur que l’alumine) et bon conducteur de la chaleur, comme un métal.
  • Facile à usiner.
  • Possède des propriétés lubrifiantes supérieures à celles du graphite, à haute température.
  • Non mouillé par de nombreux métaux liquides (Al, Cu, Na…), le silicium  et les chlorures alcalins.

Utilisations : Dans des applications à hautes températures.

  • La principale utilisation (60-70 t/an) est la production de composés intermétalliques TiB2/BN, destinés à élaborer des creusets pour la métallisation sous vide de plastiques et de verres.
  • Gaines de thermocouples, supports de résistances, creusets pour fusion de verres, silicium
  • Éléments de pompes pour le pompage de métaux liquides.
  • Lubrifiant à haute température : moules de fonderie, tréfilage, joints…
  • Utilisé en cosmétique, en substitution du talc.
  • Précurseur pour la fabrication du BN bêta (15 à 20 t/an avec un rendement de 5 à 10 %).

BN bêta

De structure cubique de type diamant.

Élaboration : comme celle du diamant synthétique, sous haute pression (62 kbar), à haute température (1400 à 2400°C), en présence de catalyseurs. Les producteurs de nitrure de bore cubique sont également producteurs de diamants synthétiques (voir le chapitre correspondant). La production mondiale est de quelques tonnes par an.

Propriétés et utilisations : c’est après le diamant, le corps le plus dur. Il est plus stable à la chaleur et résiste mieux aux chocs que le diamant. Il est utilisé comme abrasif.

Bibliographie

  • American Ceramic Society Bulletin, juin 1997.
  • Applications industrielles des composés du bore, Informations Chimie, n°178, juin 1978.

 

Carbure de bore

Données physico-chimiques

Données atomiques

Formule Masse molaire Structure cristalline
B4C 55,26 g.mol-1 rhomboédrique

Données physiques

Masse volumique Dureté Température de fusion Température d’ébullition Solubilité dans l’eau
2,52 g.cm-3 9,5 2 350°C > 3 500°C insoluble

Données industrielles

De formule proche de B4C.

Élaboration industrielle

Par réaction, dans un four électrique à arc, de l’oxyde de bore avec du carbone à 2300°C :

2 B2O3 + 7 C = B4C + 6 CO

Propriétés

Les plus intéressantes sont les suivantes :

  • Très grande dureté (3ème matériau le plus dur) proche de celle du diamant et de faible densité.
  • Grande inertie chimique.
  • Réfractaire : sa température de fusion est de 2350°C.
  • Contient 10B qui absorbe les neutrons thermiques.

Utilisations

La consommation française est de l’ordre de 5 t/an. Il est utilisé sous forme de poudre ou de pièces frittées.

Abrasif, utilisé dans le rodage, le doucissage, pré-polissage de surfaces de céramiques, par exemple le saphir, la coupe de matériaux très durs.

Buses de sablage à l’aide de corindon, filières.

Mortier pour le broyage, en laboratoire, de matériaux durs.

Blindage contre les projectiles et éclats d’obus : en 1968, au Vietnam, les soldats américains ont porté des gilets pare-balles constitués de plaques de carbure de bore noyées dans des résines armées de fibres de verre.

Le surgénérateur Superphénix renfermait 900 kg de carbure de bore enrichi à 90 % en 10B.

Précurseur pour la fabrication des halogénures de bore (BCl3 et BBr3).

Bibliographie

  • American Ceramic Society Bulletin, juin 1997.
  • Applications industrielles des composés du bore, Informations Chimie, n°178, juin 1978.

 

Ferrobore

Données industrielles

Il y a 2 nuances principales avec 12-14 % de B et 18-20 % de B avec moins de 0,1 % C.

Élaboration

Principalement par réduction de l’acide borique à l’aide de carbone (charbon de bois), en présence de ferrailles, dans un four à arc électrique.

Production

Dans le monde, 5 000 t/an.

Utilisations

Comme élément d’addition et de désoxydation des aciers (le bore, à des teneurs de 25 à 50 ppm entre, annuellement, dans plus de 10 millions de t d’acier). Le bore agit sur la vitesse de transformation martensitique, lors de la trempe et sur la formation de nitrures. Il augmente la dureté de l’acier (c’est le meilleur agent durcissant connu). Également, la présence de bore dans des aciers permet l’obtention de verres métalliques (voir ci-dessous). La sidérurgie représente 50 % de la consommation mondiale de ferro-bore. Il est utilisé également, comme désoxydant, dans les métallurgies de l’aluminium et du cuivre.

L’alliage fer-néodyme-bore est utilisé comme aimant permanent (voir le chapitre terres rares). Cette application représente 10 % de la consommation mondiale de ferro-bore.

Verres métalliques

Les alliages de type Fe80B20, par exemple, Fe81B13,5Si3,5C2, forment des verres métalliques (de structure amorphe) s’ils sont refroidis très rapidement. Une trempe ultra rapide, par exemple par la méthode du flot planaire, permet d’obtenir ces alliages. Elle consiste à propulser l’alliage en fusion (à 1300°C) sur un tambour de cuivre tournant à grande vitesse (30 m.s-1). L’alliage est ainsi refroidi à une vitesse d’environ 106°C.s-1 et se présente sous forme d’un ruban d’environ 40 µm d’épaisseur sur 10 cm de large.

Ces verres métalliques, à structure cristalline amorphe, sont statistiquement homogènes et ne possèdent pas de joints de grains ce qui leur confère une bonne résistance à la corrosion. L’alliage Fe81B13,5Si3,5C2 a un comportement magnétique doux avec un champ coercitif très faible et une très forte perméabilité. Les pertes magnétiques sont ainsi fortement diminuées. Ces alliages commencent à être utilisés dans les transformateurs.

Des fibres de verre métallique sont utilisées pour le renforcement de bétons. Les fibres Fibraflex de composition (Fe,Cr)80(B,P,C,)20 sont fabriquées par Saint-Gobain Seva, dans son usine de Chalon-sur-Saône.

Bibliographie

  • M. Blétry et Y. Champion, « Propriétés mécaniques des verres métalliques », Techniques de l’Ingénieur, 2009.

Borohydrure de sodium

Données industrielles

Le borohydrure de sodium ou tétrahydroborate de sodium, de formule NaBH4, est un composé très réducteur.

Utilisations

Les principales sont les suivantes :

  • Comme réducteur sélectif en chimie organique.
  • Dans le traitement des effluents de diverses industries afin de limiter la pollution et récupérer des métaux lourds : traitement de surface des métaux, photographie, électronique…
  • Décoloration de la pulpe de bois dans l’industrie papetière.

Diborane

Données physico-chimiques

Données atomiques

Formule Masse molaire
B2H6 27,67 g.mol-1

Données physiques

Masse volumique sous forme gazeuse Température de fusion Température d’ébullition Température critique Pression critique Température d’auto-inflammation Limites d’explosivité Solubilité dans l’eau
1,95.10-3 g.cm-3 -164,85°C -92,59°C 16,65°C 4 053 kPa 38°C 0,8 à 88 % en volume hydrolysé en dihydrogène et acide borique

Données thermodynamiques

Diborane gazeux :

  • Enthalpie molaire standard de formation à 298,15 K : 35,6 kJ.mol-1
  • Enthalpie libre molaire standard de formation à 298,15 K : 86,6 kJ.mol-1
  • Entropie molaire standard à 298,15 K : S° = 232,1 J.K-1mol-1
  • Capacité thermique molaire sous pression constante à 298,15 K : Cp° = 56,9 J.K-1mol-1
  • Enthalpie molaire standard de fusion à la température de fusion : 4,4 kJ.mol-1
  • Enthalpie molaire standard d’ébullition à la température d’ébullition : 14,4 kJ.mol-1

Données industrielles

Utilisations

Le diborane, B2H6 est utilisé :

  • Pour le dopage du silicium et du germanium destinés à l’industrie électronique.
  • En catalyse de polymérisation, comme agent de vulcanisation.
  • Comme réducteur puissant.