Borax

Données physico-chimiques

Données atomiques

Formule Masse molaire Structure cristalline
Na2B4O7,10H2O 381,37 g.mol-1 monoclinique

Données physiques

Masse volumique Dureté Température de fusion Température d’ébullition Solubilité dans l’eau
1,73 g.cm-3 2 à 2,5 75°C 320°C
  • à 0°C : 2,01 g/100 g d’eau
  • à 100°C : 170 g/100 g d’eau

Données thermodynamiques

 

  • Enthalpie molaire standard de formation à 298,15 K du borax cristallisé : – 6 266,7 kJ.mol-1

Données industrielles

Voir borates

Alliages de cuivre

Données industrielles

Cuivre non allié

Les différentes qualités commerciales se distinguent par leurs teneurs résiduelles en oxygène et phosphore.

  • L’oxygène (0,03 à 0,10 %) est présent dans Cu2O. L’oxyde se forme lors de la fusion des cathodes pour l’élaboration des demi-produits. Il donne au cuivre de bonnes propriétés mécaniques pour une utilisation en électrotechnique.
  • Le phosphore (0,013 à 0,05 %) provient du phosphure de cuivre utilisé pour désoxyder le cuivre afin de le rendre insensible aux atmosphères réductrices. Les conductibilités thermiques et électriques sont diminuées. Ce cuivre est utilisé, principalement, dans la fabrication de tubes sanitaires et de laminés pour toiture.

Cuivre faiblement allié

La teneur en éléments d’addition est, en général, inférieure à 2 %.

Les propriétés mécaniques sont supérieures à celles du cuivre, les caractéristiques électriques restent élevées. Éléments d’addition :

  • Ag (0,08 % qui améliore la tenue à chaud par exemple dans des contacteurs électriques),
  • Te (0,3-0,7 % qui améliore l’usinabilité en particulier pour les usinages rapides),
  • Cr (0,5-0,9 % qui confère une bonne résistance aux déformations à chaud),
  • Be (1,8-2 % qui donne de bonnes propriétés mécaniques pour la fabrication de contacts, de ressorts…).

Laitons

Avec de 5 à 45 % en masse de zinc. Ce sont les alliages de cuivre les plus utilisés.

Ils remplacent économiquement le cuivre dans de nombreux emplois en raison du moindre prix du zinc. Ils ont une couleur variant avec la teneur en zinc (du rose au jaune), une bonne résistance à la corrosion et peuvent recevoir de nombreux traitements de surface. Ils peuvent être soit moulés, soit travaillés à chaud ou à froid. Ils supportent des déformations importantes et peuvent donc être mis en forme par emboutissage.

Laitons simples :

  • jusqu’à 33 % de zinc on est en présence d’une solution solide (phase alpha, cubique faces centrées).
  • de 33 à 46 % de zinc on a un mélange de deux phases alpha et bêta’. La phase bêta, cubique centrée, désordonnée (stable au-dessus de 460°C, malléable) s’ordonne en phase bêta’, cubique simple (Cu (0 0 0), Zn (1/2 1/2 1/2)), dure et fragile.

Principaux laitons simples : CuZn5 (médailles), CuZn10 (quincaillerie, cartoucherie), CuZn15 (bijouterie, douilles de lampes), CuZn20 (instruments de musique), CuZn30 (visserie), CuZn33 (cartouches, douilles, instruments de musique, lustrerie), CuZn40 (serrurerie, appareils sanitaires).

Laitons au plomb (ou laitons de décolletage) : de 1 à 3,7 % de plomb, avec de 35 à 40 % de zinc.

Le plomb est très peu soluble dans les laitons et conserve ses caractéristiques propres en s’isolant sous forme d’inclusions et donne aux laitons une très bonne aptitude à l’usinage. Utilisés pour la fabrication de pièces décolletées et matricées (par déformation à chaud, sans fusion).

Laitons spéciaux : à équivalence de composition en zinc et cuivre, ils peuvent présenter des caractéristiques supérieures à celles des laitons simples mais aussi des propriétés particulières (résistance à la corrosion dans certains milieux). Exemples : Cu-Zn29-Sn1, Cu-Zn22-Al2 : échangeurs thermiques pour eaux de rivière, d’estuaire ou de mine.

Bronzes

Avec de 3 à 20 % en masse d’étain.

A des teneurs plus élevées en étain, les bronzes deviennent de plus en plus fragiles. C’est le cas des cloches dont la teneur en étain est comprise entre 20 et 25 %. Les bronzes ont une excellente aptitude au moulage et sont en général mis en œuvre par fonderie.

Bronzes binaires :

  • jusqu’à 15 % d’étain on a une solution solide (phase alpha, cubique faces centrées), malléable.
  • de 15 à 32 % d’étain on a deux phases alpha et delta. La phase delta est dure et fragile, elle donne aux cloches leur sonorité.

Bronzes complexes : ajouts de phosphore (0,1 à 0,5 %), zinc (4 à 10 %), plomb (jusqu’à 30 %).

Cupro-alliages

Avec Al, Ni, Ni/Zn, Si, Pb.

Cupro-aluminium : avec de 4 à 14 % d’aluminium. Ils possèdent une résistance élevée à la corrosion chimique et marine. Utilisation en génie maritime. Exemples : CuAl6, CuAl8. Des alliages à mémoire de forme ont les compositions suivantes : CuZnAl, CuZnAlNi, CuAlNi avec 4-12 % Al, 4 % Ni.

Cupro-nickel : le cuivre et le nickel sont miscibles en toutes proportions. Pour des teneurs supérieures à 50 % de nickel, les alliages sont appelés nickel-cuivre. Ils possèdent une excellente résistance à la corrosion par l’eau de mer. Les teneurs les plus utilisées sont de 5, 10, 20, 30, 40 et 45 % de nickel avec souvent des additions de fer (0,5 à 6 %), manganèse (0,3 à 1,2 %). Les propriétés mécaniques et chimiques sont d’autant meilleures que la teneur en nickel est plus élevée. Les cupronickels à 40-45 % de nickel (constantan) ont leur résistivité qui ne varie pas en fonction de la température (utilisation dans les thermocouples). Ces alliages sont également utilisés comme anti-biofouling permettant ainsi de réduire le dépôt d’organismes marins sur les coques des navires.

Maillechorts : de 9 à 26 % de nickel et de 17 à 28 % de zinc. Leurs propriétés sont intermédiaires entre celles des laitons et des cupronickels. Utilisés en orfèvrerie.

Cupro-silicium : de 2 à 4 % de silicium avec souvent addition de Mn, Al, Fe. Ils possèdent d’excellentes qualités de frottement. Utilisés en mécanique et chaudronnerie. Exemples : CuSi3Mn (3 % Si, 1 % Mn), CuSi2Al (2 % Si, 2,5 % Al).

Cupro-plomb : de 8 à 35 % de plomb. Ils possèdent d’excellentes propriétés antifriction. Utilisation pour la fabrication de coussinets.

Superalliages

Ils sont constitués par :

  • Principalement une matrice austénitique gamma dans laquelle Ni peut être substitué par Co, Cr, Mo, W, ainsi que par Nb, Al, Ti, Ta.
  • Des précipités intermétalliques ordonnés gamma’ : Ni3(Ti,Al) ou gamma » : Ni3Nb qui occupent de 30 à 70 % du volume et dont les dimensions varient entre 10 nm et quelques micromètres.
  • Des carbures primaires (de type MC) et secondaires (de type M23C6), précipités préférentiellement aux joints de grains.

Différents types

A base de fer-nickel-chrome, à base de nickel (les plus utilisés), à base de cobalt.

Exemples de compositions : % en masse.

Type Fe Cr Ni Co Mo W Nb Ti Al Ta
Base fer A 286 55 15 26 <1,2 1,9 0,3
Base nickel N 18 11,5 57 11,5 6,5 4,7 4,3 4,3
Base nickel CMS X2 8 66 4,6 0,6 7,9 0,9 5,6 5,8
Base cobalt S 816 4 20 20 44 4 4 4

Fabrication industrielle

Par métallurgie sous vide par fusion au four à induction (VIM) suivie souvent par une fusion au four à arc à électrode consommable (VAR).

Solidification orientée : les superalliages utilisés pour élaborer les aubes de turbines (tournant à 15 000 tours/min) subissent des contraintes importantes dans une direction privilégiée (force centrifuge) qui entraînent des ruptures aux joints de grains. Afin de remédier à cette fragilité intergranulaire, les aubes peuvent être obtenues sous forme monocristalline par solidification orientée. Les vitesses de tirage sont de l’ordre de 25 cm/heure.

Métallurgie des poudres : les températures actuellement atteintes dans la chambre de combustion des réacteurs (1800°C dans le réacteur M88 du Rafale) entraînent des températures de 600-700°C sur les disques de turbine. Ces températures nécessitent l’utilisation de superalliages à base de Ni contenant des quantités de plus en plus importantes de métaux réfractaires (Ta, Mo, W) qui ne peuvent être obtenus que par métallurgie des poudres, par exemple pour l’alliage N 18 développé par la SNECMA pour le réacteur du Rafale.

Utilisations

L’amélioration du rendement des turbines aéronautiques est liée à l’accroissement de la température d’entrée de la turbine (TET). L’accroissement moyen de la TET depuis 1970 a été d’environ 15°C/an, la contribution relative aux matériaux étant d’environ 7°C/an.

Les superalliages constituent plus de 50 % de la masse des moteurs aéronautiques. Ils sont présents dans :

  • Les disques de compresseurs et de turbines, et certains arbres, dont les températures de fonctionnement atteignent 650°C.
  • Les aubes dont la température est portée à 1000°C.
  • La chambre de combustion où la température peut atteindre 1500-1800°C.

Aciers

Données industrielles

Matières premières

Avec une teneur, en masse, de 5 %, le fer est, après l’aluminium, le 2ème élément métallique le plus répandu dans l’écorce terrestre.

Minerais :

Le fer est présent sous forme oxydée, Fe2O3 (hématite) ou parfois Fe3O4 (magnétite), avec des teneurs en fer comprises entre 30 %, pour les minerais pauvres, et 66 %, pour les minerais riches. La teneur en fer d’un minerai constitué d’hématite pure serait de 69,94 %.
Une partie de la production brésilienne est sous forme d’itabirite qui est un minerai de fer (hématite, magnétite), métamorphisé, en présence de quantités importantes de quartz, avec des teneurs en fer comprises entre 37 et 52 %.

Principaux complexes miniers : en 2019.

en millions de t
Complexe minier Exploitant Production Complexe minier Exploitant Production
Hamersley, Australie Rio Tinto 209 Yandi, Australie BHP Billiton 65
Carajás-Serra Norte, Brésil Vale 115 Jimblebar, Australie BHP Billiton 58
Chichester Hub, Australie FMG 95 Area C, Australie BHP Billiton 47
Solomon Hub, Australie FMG 75 Itabira, Brésil Vale 36
Newman, Australie BHP Billiton 67 Minas Centrais, Brésil Vale 26

Sources : rapports des sociétés

Environ 98 % de la production minière de fer est destinée à l’élaboration de l’acier.

Ferrailles :

Leur part dans la production d’acier est importante. Voir plus loin.

Productions minières : en 2019. Monde : 1 500 millions de t de fer contenu.

en millions de t de fer contenu
Australie 580 Russie 59 États-Unis 31
Brésil 260 Afrique du Sud 49 Iran 25
Chine 220 Ukraine 39 Suède 23
Inde 130 Canada 33 Mexique 14

Source : USGS

Les teneurs des minerais variant en moyenne de 30 % pour la Chine à 66 % pour le Brésil.

Les principaux gisements australiens, à ciel ouvert, sont situés dans la région de Pilbara au nord-ouest de l’Australie occidentale. Ils sont exploités, en particulier, par Rio Tinto, BHP-Billiton et FMG.

En Russie, les principales mines exploitent l’Anomalie Magnétique de Koursk (KMA), située en Russie centrale. Le gisement actuellement exploité, à ciel ouvert, à 220-270 m de profondeur, est constitué de quartzites ferrugineuses contenant de 34 à 39 % de fer. Ce gisement constitue la deuxième plus grande ressource de fer, dans le monde.

Principaux producteurs : en 2019.

en millions de t de minerai
Vale (Brésil) 302 ArcelorMittal (Luxembourg) 57
Rio Tinto (Australie) 281 Metalloinvest (Russie) 40
BHP-Billiton (Australie) 238 Metinvest (Ukraine) 29
FMG (Australie) 177 LKAB (Suède) 27
Anglo American (Afrique du Sud) 65 US Steel (États-Unis) 21

Sources : rapports des sociétés

  • Au Brésil, Vale, exploite du minerai de fer, à ciel ouvert, dans principalement 3 ensembles (Nord, dans l’État de Pará, Sud-Est et Sud dans l’État de Minas Gerais) et partage moitié-moitié, avec BHP-Billiton, les mines de Samarco dans l’État de Minas Gerais.
    Les réserves prouvées et probables de Vale sont, fin 2019, de 16,1 milliards de t contenant, en moyenne, 55,9 % de fer.

    • La production de l’ensemble Nord, à Carajás, avec 3 mines, a été, en 2019, de 188,7 millions de t de minerai contenant 66,7 % de fer sous forme d’hématite. Les mines de Carajás ont été découvertes en 1967 et leur production a débuté en 1986. Les réserves prouvées et probables sont de 7,3 milliards de tonnes de minerai contenant 65,9 % de fer. La mine produit également du minerai de cuivre, de manganèse, d’or. Le minerai, qui ne nécessite pas d’enrichissement, est acheminé, en 30 heures, par voie ferrée (16 convois/jour de 330 wagons), sur 892 km, jusqu’au port de São-Luis. La construction de la voie ferrée a compté pour 56 % des investissements, l’infrastructure minière pour 20 %, l’ensemble portuaire pour 14 %. Au total, de la mine au port, 4 000 personnes sont employées.
    • L’ensemble Sud-Est, sur 3 sites et 8 mines, a produit, en 2019, 73,1 millions de t avec des réserves de 4,7 milliards de t contenant, en moyenne, 47,2 % de fer. Le minerai d’itabirite, contient de 35 à 60 % de fer, il doit être concentré.
    • L’ensemble Sud, sur 3 sites et 9 mines, a produit, en 2019, 37,8 millions de t avec des réserves de 4,1 milliards de t contenant, en moyenne, 47,9 % de fer. Par ailleurs, 2 mines dans le Centre-Ouest, ont produit, en 2019, 2,4 millions de t.
    • Les mines de Samarco, ont arrêté toute production après la rupture d’une digue de retenue d’un bassin de rétention de résidus miniers, le 5 novembre 2015, qui a entraîné la mort de 19 personnes dans le village de Mariana. En 2015, la part de Vale dans la production des mines de Samarco avait été de 12,7 millions de t.

En 2019, la production de Vale a été destinée à 75 % à l’Asie dont 61 % à la Chine, 12 % à l’Europe, 8 % au Brésil.

  • En 2019, la production de Rio Tinto a été réalisée à 96 % en Australie et 4 % au Canada. Le total des réserves prouvées et probables de Rio Tinto représente 2,645 milliards de t de minerai.
    • La production australienne a été réalisée sur le gisement de Pilbara, avec 16 mines en activité, 4 ports d’exportation du minerai et 1 700 km de voies ferrées. Cette exploitation est effectuée à travers plusieurs sociétés : Hamersley Iron possédée en propre, Channar et Eastern Range en joint venture avec des sociétés chinoises, Hope Down en association 50-50 avec Hancock Prospecting, Robe River Iron Associates détenue à 53 % par Rio Tinto, associé à des sociétés japonaises (Mitsui, Nippon Steel et Sumitomo). Les réserves australiennes prouvées et probables de Rio Tinto sont de 1,9 milliard de t de minerai renfermant 60,9 % de fer.
    • Par ailleurs, Rio Tinto détient 58,7 % de la société Iron Ore Company of Canada qui exploite à ciel ouvert un gisement au Canada, à Labrador City. L’exploitation minière canadienne possède 528 millions de t de réserves prouvées et probables contenant 65 % de fer. En 2019, la production a été de 10,536 millions de t acheminées par 418 km de voies ferrées jusqu’au port de Sept-îles, au Québec.
  • La production de BHP-Billiton a été, en 2018-19, réalisée totalement sur le gisement de Pilbara, en Australie, par la société Western Australia Iron Ore (WAIO) avec 5 joint ventures détenues à 85 % (Mt Newman, Area C, Yandi, Wheelarra et Jimblebar) avec les groupes japonais Mitsui et Itochu, le minerai étant acheminé par 1 000 km de voies ferrées vers 2 ports situés à Port Hedland. L’exploitation la plus importante, Mt Whaleback, détenue par la joint venture Mt Newman, a débuté en 1968 et s’étend sur une surface de 5×1,5 km, avec un minerai titrant 68 % de fer. C’est la plus importante mine de fer au monde, à ciel ouvert, d’un seul tenant.
    Les réserves prouvées et probables de BHP-Billiton sont, en Australie, de 4,73 milliards de t à 61,1 % de Fe.

    • Par ailleurs, BHP-Billiton détient moitié-moitié avec Vale, la société Samarco qui exploite des gisements au Brésil, avec, en 2014-15, une production revenant à BHP-Billiton de 14,5 millions de t. Les mines de Samarco, ont arrêté toute production après la rupture d’une digue de retenue d’un bassin de rétention de résidus miniers, le 5 novembre 2015, qui a entraîné la mort de 19 personnes dans le village de Mariana.
  • Fortescue Metals Group (FMG), exploite 2 complexes miniers dans la région de Pilbara au nord-ouest de l’Australie occidentale, Chichester avec les mines de Cloudbreak et Christmas Creek et Solomon avec les mines de King Valley et Firetail. Le minerai est acheminé par 620 km de voies ferrées jusqu’au port de Herb Helliot. Les réserves sont de 2,288 milliards de t de minerai d’hématite renfermant 57,5 % de Fe et de 716 millions de t de minerai de magnétite renfermant 67,0 % de Fe.
  • Anglo American exploite à ciel ouvert des mines de fer :
    • En Afrique du Sud avec 69,7 % de la société Kumba Iron Ore qui a produit, en 2019, 42,4 millions de t de minerai en exploitant les mines de Kolomela avec des réserves prouvées et probables de 163 millions de t renfermant 64,3 % de fer et Sishen avec des réserves prouvées et probables de 388 millions de t renfermant 63,9 % de fer.
    • Au Brésil avec le complexe de Minas-Rio qui exploite la mine de Serra do Sapo, avec, en 2019, une production de 23,1 millions de t et des réserves prouvées et probables de 1,401 milliard de t renfermant 67,5 % de fer.
  • ArcelorMittal exploite des mines de fer dans divers pays qui fournissent près de la moitié des besoins du groupe :
    • Au Canada, avec les mines à ciel ouvert de Fire Lake et de Mont Wright, au Nord-Ouest du Québec, exploitées à 85 % par la filiale AMEN. Le minerai est acheminé, par la filale AMIC, par une voie ferrée privée de 420 km jusqu’à Port Cartier sur de Saint-Laurent. En 2019, la production a été de 23,8 millions de t et les réserves prouvées et probables sont de 2,405 milliards de t renfermant 29,5 % de fer. En 2017, a débuté l’exploitation commerciale, par la société Baffinland avec une participation de 44,54 % d’ArcelorMittal, du gisement de Mary River, en Terre de Baffin, province du Nunavut. En 2019, la production est de 5,7 millions de t et la capacité de production doit être augmentée pour atteindre 12 millions de t/an. Les réserves sont de 374 millions de t renfermant 65,8 % de fer.
    • En Ukraine, avec la mine de Kryviy exploitée à ciel ouvert qui a produit, en 2019, 10,7 millions de t avec des réserves prouvées et probables de 609 millions de t renfermant 34,4 % de fer et souterrainement avec une production de 0,9 million de t et des réserves prouvées et probables de 27 millions de t renfermant 54,4 % de fer.
    • Aux États-Unis, dans le Minnesota, avec 2 mines à ciel ouvert, Minorca qui a produit, en 2019, 2,8 millions de t avec des réserves prouvées et probables de 131 millions de t renfermant 19,8 % de fer et Hibbing possédée à 62,3 % qui a produit 4,7 millions de t avec des réserves prouvées et probables de 130 millions de t renfermant 23,7 % de fer.
    • Au Brésil, avec 2 mines à ciel ouvert qui ont produit, en 2019, 2,8 millions de t avec des réserves prouvées et probables de 93 millions de t renfermant 52,8 % de fer.
    • Au Mexique, avec la mine à ciel ouvert de Las Truchas qui a produit, en 2019, 1,4 million de t et la mine Volcan, à ciel ouvert, qui a produit 0,8 million de t avec des réserves prouvées et probables de 116 millions de t renfermant 31,2 % de fer et 50 % de la mine à ciel ouvert de Peña Colorada qui a produit 1,9 million de t avec des réserves prouvées et probables de 201 millions de t renfermant 21,5 % de fer.
    • Au Kazakhstan, 3 mines à ciel ouvert ont produit, en 2019, 1,9 million de t et possèdent des réserves prouvées et probables de 122 millions de t renfermant 39,3 % de fer et une mine souterraine a produit 0,9 million de t avec des réserves prouvées et probables de 22 millions de t renfermant 45,2 % de fer.
    • Au Liberia, avec la mine à ciel ouvert de Yekepa détenue à 85 %, qui a produit, en 2019, 4,6 millions de t avec des réserves prouvées et probables de 480 millions de t renfermant 47,9 % de fer. Le minerai est acheminé à l’aide d’une voie ferrée de 260 km jusqu’au port de Buchanan.
    • En Bosnie, avec la mine d’Omarska, à ciel ouvert, détenue à 51 %, qui a produit, en 2019, 1,5 million de t avec des réserves prouvées et probables de 12 millions de t renfermant 47,9 % de fer.
  • Metalloinvest est le principal producteur russe avec, en 2016, 39 % de la production russe. Exploite deux mines, Lebedinsky et Mikhailovsky sur l’Anomalie Magnétique de Koursk (KMA), située en Russie centrale. Les réserves prouvées et probables sont de 14,1 milliards de t de minerai.

Commerce international : en 2019.

Principaux pays exportateurs sur un total mondial de 1 582 millions de t de minerais et concentrés.

en millions de t de minerai
Australie 841 Inde 29
Brésil 341 Malaisie 27
Afrique du Sud 67 Russie 22
Canada 52 Suède 22
Ukraine 36 Pays Bas 21

Source : International Trade Center

En 2017, les gisements de l’Australie de l’Ouest représentent 94 % des exportations australiennes et 57 % du commerce maritime mondial de minerai de fer. Ces exportations sont destinées, en 2019, à 84 % à la Chine, 7 % au Japon, 6 % à la Corée du Sud. Par ailleurs les gisements de la région de Pilbara représentent 68 % des importations de la Chine. Les exportations depuis Port Hedland ont été de 472 millions de t, celles depuis Cape Lambert de 177 millions de t, celles depuis Dampier de 127 millions de t.
Le Brésil exporte 87 % de sa production et ses exportations représentent, en 2017, 24 % du commerce maritime mondial de minerai de fer.

Principaux pays importateurs sur un total mondial de 1 555 millions de t de minerai et concentrés.

en millions de t de minerai
Chine 1 071 Pays Bas 30
Japon 120 Taipei chinois 23
Corée du Sud 75 France 14
Allemagne 39 Oman 12
Malaisie 31 Turquie 10

Source : International Trade Center

Les importations chinoises proviennent à 62 % d’Australie, 21 % du Brésil, 4 % d’Afrique du Sud.

Réserves : en 2019. Monde : 81 000 millions de t de fer contenu.

en millions de t de fer contenu
Australie 23 000 Ukraine 2 300
Brésil 15 000 Canada 2 300
Russie 14 000 Iran 1 500
Chine 6 900 États-Unis 1 000
Inde 3 400 Kazakhstan 770

Source : USGS

En 2019, le groupe Vale (Brésil) possède 16,1 milliards de t de réserves de minerai devant le groupe russe Metalloinvest avec 14,1 milliards de t et BHP Billiton (Australie) avec 4,73 milliards de t.

Situation française : en 2019.

Le minerai exploité jusqu’en 1997 était pauvre et phosphoreux (la minette de Lorraine). Il contient de 30 à 34 % de fer et 0,7 % de phosphore. La production, située en Lorraine, était effectuée souterrainement, par exemple, en 1980, à l’aide de 23 puits. Depuis août 1993, la sidérurgie française s’approvisionne exclusivement en minerai importé, le minerai produit ensuite, de 1993 à 1997, étant exporté au Luxembourg.

Évolution de la production française : le maximum a été atteint en 1960 avec 67 millions de t de minerai (c’était le 3ème producteur mondial après l’URSS et les États-Unis), en 1974 la production était de 54 millions de t et, en 1991, de 7,5 millions de t. En plus de 200 ans, 3 milliards de t de minette ont été extraites.

Après la fin de l’extraction lorraine, deux petites exploitations minières ont fonctionné pour alimenter des clients tels que les cimenteries. La mine de Batère (66) avec 3 à 4 personnes et 6 000 t/an qui a fermé en 2001 et celle de Rougé (44) avec une douzaine de personnes qui extrayait quelques dizaines de milliers de t/an a fermé en 2003.

Les réserves sont estimées à 800 millions de t de fer contenu.

Commerce extérieur :

Les exportations étaient de 28 502 t de minerai avec comme principaux marchés à :

  • 54 % l’Allemagne,
  • 21 % l’Espagne.

Les importations s’élevaient à 13 899 462 t de minerai en provenance principalement à :

  • 36 % du Canada,
  • 34 % du Brésil,
  • 10 % du Liberia,
  • 7 % de Mauritanie.

Sidérurgie

L’acier, après le bois et le béton est le matériau le plus utilisé dans le monde devant les matières plastiques.

L’acier est constitué principalement de fer, avec des teneurs en carbone inférieures à 1 % (formellement inférieures à 2 %, des teneurs supérieures donnent la fonte) et contient des ajouts, en quantités variables, de divers éléments. Sa composition, mais aussi les traitements thermiques subis, son revêtement de surface… font de l’acier un matériau comprenant de très nombreuses nuances (plus de 3 500) chacune adaptée à un emploi particulier. De plus, c’est un matériau en perpétuelle évolution.

Remarque : les aciers inoxydables, l’acier zingué, le fer chromé et le fer blanc, sont traités dans des chapitres particuliers.

Fabrication de l’acier à partir de minerai

La fabrication de l’acier est réalisée soit à partir de minerai pour 72 % de la production mondiale soit à partir de ferrailles pour 28 % de la production mondiale, voir la partie recyclage.

Principe

La réduction de l’oxyde de fer contenu dans le minerai est réalisée par le monoxyde de carbone formé à partir de coke dans un haut fourneau qui donne de la fonte. La température de fonctionnement du haut-fourneau permet d’obtenir de la fonte liquide surmontée d’un laitier également liquide renfermant une grande partie des impuretés. L’élaboration de la fonte est suivie par son affinage, par oxydation partielle du carbone, dans un convertisseur qui donne de l’acier, puis par un laminage à chaud et/ou à froid qui donne des produits longs (rails…) ou plats (tôles…).

Évolutions

Hauts fourneaux : développement de l’injection de charbon aux tuyères (de 130 à 200 kg/t de fonte) et de l’automatisation du fonctionnement (5 800 capteurs pour le haut fourneau n°4 de Dunkerque). L’injection de charbon permet de réduire la consommation de coke qui est ainsi d’environ 300 kg/t de fonte.

La durée de vie d’un haut fourneau est de l’ordre de 25 ans, la durée de fonctionnement en continu, entre deux réparations, de 12 ans, en moyenne.

Convertisseurs : un ajout de ferrailles peut être effectué à ce niveau.

  • par lance : LD (Linz-Donawitz), OLP (Oxygène-Lance-Poudre), LD-AC (LD-Arbed-CRM).
  • par le fond : LWS (Loire-Wendel-Sidelor).
  • par soufflage mixte (fond et lance) : par exemple, LBE (Lance-Brassage-Equilibre) : insufflation de gaz neutre par le fond d’un convertisseur à lance verticale.

Le développement de ces procédés a été lié à celui de la production massive de O2 transporté par oxyducs (voir le chapitre consacré au dioxygène).

En France, il n’y a plus de convertisseurs Bessemer-Thomas depuis 1980 et de fours Siemens-Martin depuis 1982. En France, fonctionnent 2 aciéries de conversion avec 2 LD à Dunkerque et Fos-sur-Mer.

Métallurgie en poche effectuée entre le convertisseur et la coulée. Elle permet les ajouts nécessaires à la qualité requise de l’acier, son homogénéisation, la désoxydation ou le dégazage (par le vide), la mise en température.

La coulée continue : actuellement concerne près de 97 % de l’acier produit en France. Elle remplace 3 opérations par une seule : coulée en lingots, réchauffage, laminage en demi-produit. L’acier est coulé dans un moule sans fond et donne directement un demi-produit.

Exemple d’une usine intégrée : Fos sur Mer : 4,5 millions de t/an

Réception des matières premières :

  • Minerai et charbon : 640 m de quai pour des bateaux de 230 000 t.
  • Chaux : le calcaire est extrait d’une carrière située à 25 km : 1 million de t/an, pour alimenter l’usine à chaux.

Préparation des minerais, cokéfaction et agglomération :

  • Concassage du minerai : 2 lignes de 300 t/h chacune comportant 3 concasseurs en série.
  • Cokerie : traite 2,3 millions de t/an de charbon pour produire 1,73 million de t/an de coke (1,48 pour les hauts-fourneaux, 0,25 pour l’agglomération du minerai), dans 108 fours. La cuisson dure 17,5 h, le coke est éteint par arrosage à l’eau.
  • L’agglomération du minerai est réalisée sur une chaîne de 5×110 m. La couche de minerai atteint au maximum 50 cm.

Hauts fourneaux : 2 de 2,5 millions de t/an chacun, soit 7 000 t/jour. Pour chaque haut-fourneau :

  • Caractéristiques : volume total : 3 049 m3, diamètre du ventre : 12,89 m, diamètre du creuset : 11,8 m, hauteur totale : 31,43 m, 28 tuyères. Le refroidissement des parois est assuré par de l’eau circulant en circuit fermé entre des plaques. Les hauts fourneaux ont été rénovés en 2007 et 2011.
  • Consommations (en kg/t de fonte) : minerai aggloméré : 1 500, minerai calibré : 200, coke : 315, charbon d’injection : 170.
  • Chauffage du vent : 3 cowpers avec pour chacun 58 000 m2 de surface de chauffe. Ils permettent d’atteindre des températures de 1250-1300°C.
  • Coulée : dans des poches-tonneaux de 450 t dans lesquelles un premier traitement de désulfuration par du carbure de calcium ou de la chaux est pratiqué.

Aciérie : 2 convertisseurs de 335 t.

  • Soufflage de dioxygène par lance et par le fond et soufflage de gaz neutres par le fond pour diminuer la teneur en carbone, manganèse et phosphore et éliminer le silicium de la fonte enfournée. Cette opération permet également d’assurer un brassage du liquide et la remontée des impuretés vers le laitier. Addition de chaux pour neutraliser le laitier et de dolomie pour protéger le revêtement réfractaire du convertisseur. Enfournement de ferrailles pour assurer l’équilibre thermique du bain.
  • Métallurgie en poche : passage du métal dans des installations de désulfuration puis d’affinage et de mise en température. Lors de la coulée en poches la composition est ajustée par ajout de ferro-alliages.

Coulée continue : 2 installations. Caractéristiques de l’installation la plus récente :

  • Capacité de production : 2,43 millions de t/an, vitesse de coulée : 1,8 m/min, largeur : 1,05 à 2,2 m, épaisseur : 0,22 m.

Laminage : par un train à bande de 4,5 millions de t/an de capacité. Caractéristiques :

  • 1 cage verticale, 5 cages horizontales dégrossisseuses et 7 cages finisseuses.
  • Épaisseurs visées : 1,2 à 20 mm, vitesse maximale de laminage atteinte : 97 km/h.

Bilan énergétique : pour produire 1 t de bobines laminées à chaud.

en millions de joules
Haut fourneau 12 828 Cokerie 2 109
Laminage à chaud 3 106 Coulée continue 232
Agglomération 2 876 Convertisseurs 176

Minerais pré-réduits

Dénommés DRI : Direct Reduced Iron ou HBI : Hot Briquetted Iron.

Élaboration :

Les fours électriques d’élaboration de l’acier utilisent principalement de la ferraille. Toutefois, pour des pays producteurs de gaz naturel, il peut être intéressant de réduire du minerai, à l’aide de gaz de synthèse obtenu à partir de gaz naturel ayant subi un reformage, et d’utiliser ce minerai pré-réduit pour alimenter des fours électriques. Le gaz de synthèse peut aussi être produit à l’aide de charbon, c’est le cas pour les 2/3 de la production indienne. Le procédé Midrex, utilisé, en 2018, pour 63,5 % de la production de minerais pré-réduits consiste à traiter, dans un four à cuve, à une température inférieure à 1100°C, le minerai par du gaz naturel reformé qui donne du monoxyde de carbone et du dihydrogène (voir le chapitre dihydrogène). Les réactions mises en jeu sont les suivantes :

Fe2O3 + 3 H2 = 2 Fe + 3 H2O

Fe2O3 + 3 CO = 2 Fe + 3 CO2

La température atteinte ne permet pas la fusion du fer, on obtient une « éponge » de fer. La teneur en fer atteint 92 à 93 % avec 1,4 à 2 % de carbone. Les capacités de production, par installation, peuvent atteindre 1 million de t/an.

D’autres procédés sont employés : four rotatif à l’aide de charbon, HyL, le plus ancien (1957), Fior, en lit fluidisé…

Production : la production mondiale est, en 2019, de 107,6 millions de t dont 0,7 million de t dans l’Union européenne (Allemagne).

en millions de t
Inde 36,9 Égypte 4,4
Iran 28,5 Émirats Arabes Unis 3,7
Russie 8,0 États-Unis 3,5
Mexique 6,0 Qatar 2,4
Arabie Saoudite 4,7 Oman 1,6

Source : World steel in figures

Recyclage à partir de ferrailles

Les ferrailles sont principalement utilisées dans des fours électriques à arc. Elles peuvent également être ajoutées, jusqu’à 30 %, à la fonte liquide dans les convertisseurs à oxygène (voir plus haut). Depuis les origines de la fabrication de l’acier, le recyclage a porté, dans le monde, sur 25 milliards de t.

Les ferrailles sont récupérées, broyées (par des broyeurs à marteaux) puis triées magnétiquement.

Le broyeur le plus puissant exploité par la société SIMS Metal Management (Australie, n°1 mondial du recyclage des métaux avec, en 2018, le recyclage de 7,7 millions de t de ferrailles) fonctionnant à Newport (Royaume-Uni) traite à l’heure, 450 véhicules pour donner 350 t de métal.

Origine des ferrailles

Elles proviennent des véhicules hors d’usage, des biens de consommation en fin de vie (électroménager, emballages…), de la démolition de bâtiments… mais aussi, pour 1/3, des chutes neuves de fabrication. Au total, la sidérurgie mondiale recycle, en moyenne, 600 millions de t/an d’acier. En 2017, les taux de recyclage sont de 85 % pour l’acier utilisé dans les constructions, avec une durée de vie de 40 à 70 ans, 90 % pour l’acier utilisé dans les automobiles avec une durée de vie de 7 à 15 ans, 90 % pour l’acier utilisé dans la construction de machines, avec une durée de vie de 10 à 20 ans, 50 % pour l’acier utilisé dans les équipements électriques et les appareil ménagers, avec une durée de vie de 4 à 10 ans. En moyenne, en 2013, le taux de recyclage est de 83 %.
On estime que dans le monde, sont utilisés 200 milliards d’emballages en acier, recyclés à 68 %, soit 7,2 millions de t/an d’acier.

  • En France, les taux de recyclage de l’acier sont de 95 % pour les automobiles, 75 % dans le bâtiment et l’électroménager, 62 % pour les emballages.
  • Pour chaque tonne d’acier recyclé sont économisés 1,1 t de minerai de fer, 630 kg de charbon, 55 kg de calcaire, 642 kWh et 287 litres de pétrole.

Récupération des ferrailles

En France, en 2014, en millions de t.

  • Collecte nationale de ferrailles : 12,9, dont chutes neuves : 2,3, démolition : 1,4, véhicules hors d’usage : 1,2.
  • Les ferrailles proviennent à 33,1 % des chutes de la sidérurgie et des industries de transformation de l’acier et 66,9 % de la récupération d’acier usagé.
  • Producteurs : n° 1 : Derichebourg qui a traité, en 2017, 3,7 millions de t de ferrailles avec 29 broyeurs-déchiqueteurs.

Commerce international : en 2019.
Principaux pays exportateurs sur un total de 98,3 millions de t, dont 21,8 millions de t par l’Union européenne.

en millions de t
États-Unis 16,6 Pays Bas 6,3
Allemagne 8,5 Canada 4,4
Royaume Uni 8,1 Russie 4,1
Japon 7,7 Belgique 3,8
France 6,6 Australie 2,3

Source : International Trade Center

Les exportations des États-Unis sont destinées à 24 % à la Turquie, 11 % à Taipei chinois, 8 % au Mexique.

Principaux pays importateurs sur un total de 100,0 millions de t, dont 2,9 millions de t dans l’Union européenne.

en millions de t
Turquie 18,9 Belgique 4,5
Inde 7,0 États-Unis 4,3
Corée du Sud 6,5 Allemagne 4,1
Italie 5,4 Espagne 4,0
Vietnam 4,9 Bangladesh 3,8

Source : International Trade Center

Les importations turques proviennent à 20 % des États-Unis, 14 % des Pays Bas, 12 % du Royaume Uni, 10 % de Russie.

Consommations de ferrailles, en 2019. Monde : 630 millions de t, Union européenne, en 2018 : 87,5 millions de t.

en millions de t
Chine 215,9 Turquie 27,9
États-Unis 60,7 Italie, en 2017 21,6
Japon 33,7 Allemagne, en 2017 19,0
Russie 30,3 Espagne, en 2017 11,1
Corée du Sud 28,5 France, en 2017 7,2

Source : BIR

Fours électriques à arc

Ils utilisent directement de la ferraille ou des minerais pré-réduits, ces derniers représentant 15 % de la production mondiale d’aciers au four électrique.

Les fours à arc comportent 1 ou 3 électrodes. Les capacités vont de 10 à 220 t. Chaque coulée est effectuée, en moyenne, toutes les 50 à 60 minutes. Les fours les plus performants permettent 30 coulées/jour, le record étant de 7 850 coulées/an. La puissance des fours atteint 0,9 MVA/t, avec une consommation électrique de 320 kWh/t. La consommation de dioxygène est de 30 m3/t.

Les fours électriques à arc à courant continu, plus économiques que ceux à courant alternatif, sont de plus en plus employés.

Consommations, coproduits et émissions de la sidérurgie

Consommations moyennes selon la voie utilisée : en 2018, pour une tonne d’acier brut.

Voie haut fourneau – convertisseur Voie four électrique
Minerai de fer 1 370 kg 586 kg
Charbon 780 kg 150 kg
Calcaire 270 kg 88 kg
Acier recyclé 125 kg 710 kg
Énergie 19,8 à 31,2 GJ 9,1 à 12,5 GJ

Source : World Steel Association

  • Énergie : la consommation moyenne est, en 2013, de 20,0 GJ/t d’acier brut. En France, en 2013, la consommation d’énergie est de 5,245 millions tep, à partir de charbon et coke métallurgique à 65,2 %, d’électricité à 15,0 %, de gaz naturel à 9,9 %, de charbon et coke énergétique à 9,8 %, de fioul à 0,1 %.
  • Eau : 2,5 m3/t d’acier à Sollac Dunkerque.
  • Produits réfractaires : 13 kg/t d’acier brut.

Principaux coproduits de la sidérurgie :

  • Les laitiers de hauts fourneaux (300 kg/t d’acier) et les scories d’aciéries sont utilisés dans la construction routière, les cimenteries, la fabrication de laine de roche, la fertilisation. Ce sont des coproduits à forte valeur ajoutée. En 2018, la production de l’union européenne est de 42,2 millions de t et la consommation de 34,1 millions de t dont 22,6 millions de t provenant des hauts-fourneaux et 11,8 millions de t des aciéries.
    Les laitiers des hauts fourneaux sont destinés à 80,3 % à l’industrie cimetière, 18,1 % à la construction de routes. Ceux provenant des aciéries sont destinés à 70,6 % à la construction de routes, 13,1 % à la métallurgie, 5,4 % aux cimenteries, 4,5 % à l’industrie des engrais.
  • Les sous-produits des cokeries (sulfate d’ammonium…) sont utilisés en chimie.

Émissions : par t d’acier, dans des installations modernes : 2 kg de poussières, 2,45 kg de SO2. Les émissions de CO2 sont, en 2017, de 1,83 t/t d’acier, elles représentent 7 à 9 % du total des émissions mondiales par les énergies fossiles.

Par ailleurs, les hauts fourneaux sont susceptibles de détruire, par incinération, des déchets de matières plastiques non recyclables. Par exemple, en Allemagne, ces déchets sont introduits, en remplacement de pétrole, dans des hauts-fourneaux.

Productions d’acier brut

En 2019. Monde : 1 869 millions de t, Union européenne : 158,8 millions de t.

en millions de t
Chine 996,3 Brésil 32,2
Inde 111,2 Iran 25,6
Japon 99,3 Italie 23,2
États-Unis 87,8 Taipei chinois 22,0
Russie 71,9 Ukraine 20,8
Corée du Sud 71,4 Vietnam 20,1
Allemagne 39,7 Mexique 18,5
Turquie 33,7 France 14,4

Source : Worldsteel

Évolution de la production mondiale d’acier

Commerce international

Principaux pays exportateurs : en 2019, sur un total de 436 millions de t, dont 27,8 millions de t pour l’Union européenne.

en millions de t
Chine 63,8 Turquie 19,7
Japon 33,1 Italie 17,9
Corée du Sud 29,9 Belgique 17,2
Russie 29,5 Ukraine 15,6
Allemagne 24,1 France 13,6

Source : Worldsteel in figures

Principaux pays importateurs : en 2019, sur un total de 436 millions de t, dont 40,2 millions de t pour l’Union européenne.

en millions de t
États-Unis 27,1 Chine 15,5
Allemagne 23,1 Vietnam 15,4
Italie 20,1 France 14,5
Thaïlande 16,7 Indochine 13,4
Corée du Sud 16,4 Mexique 13,0

Source : Worldsteel in figures

La sidérurgie mondiale

Évolution de la répartition de la production mondiale :

Europe de l’Ouest Amérique du Nord ex URSS Japon Chine Autres pays
1930 44,9 % 43,8 % 6,1 % 2,4 % 2,8 %
1950 31,2 % 46,7 % 14,0 % 2,5 % 5,6 %
1970 33,9 % 21,9 % 19,5 % 15,7 % 9,0 %
1980 31,1 % 16,4 % 20,6 % 15,5 % 20,2 %
1990 21,8 % 13,1 % 20,0 % 14,3 % 9 % 21,8 %
1995 22,8 % 14,4 % 10,5 % 13,6 % 12,7 % 26,0 %
2010 9,7 % 6,7 % 8,0 % 7,1 % 46,4 % 22,0 %
2015 8,8 % 5,6 % 6,2 % 6,5 % 49,6 % 23,3 %

Source : IISI, Steel Statistical Yearbook

Importance de la Chine : devenue n°1 mondial, la progression importante de la production mondiale de ces dernières années est principalement due à la Chine et dans une moindre mesure à l’Inde. Importatrice d’acier jusqu’en 2004, en 2005, la Chine a équilibré importations et exportations (27,3 millions de t d’acier importées pour 27,4 millions de t exportées). En 2019 elle est exportatrice nette avec 48,3 millions de t. Ses besoins en matières premières (minerai de fer, nickel…) sont considérables et font de la Chine un acteur important sur les marchés de matières premières.

Importance du Japon : 2ème producteur mondial jusqu’en 2016, doublé depuis par l’Inde. Le développement de la sidérurgie japonaise est récent : après la 2ème guerre mondiale. La production a été multipliée par 12 de 1955 à 1973. Le Japon n’a ni charbon ni minerai de fer. Cette situation est caractéristique de la modification de l’implantation géographique de la sidérurgie. En France, déclin de la Lorraine au profit du littoral : Dunkerque en 1962, Fos en 1975. La sidérurgie de la Corée du Sud a suivi la même voie que celle du Japon. En 2019, les exportations nettes du Japon sont de 26,7 millions de t.

La sidérurgie américaine est moins performante que la sidérurgie européenne : les produits japonais mais aussi européens sont compétitifs sur le marché américain. Les États-Unis sont importateurs nets avec 19,8 millions de t.

Le commerce international de l’acier est important : 436 millions de t en 2019. Bien que les pays en voie de développement construisent des sidérurgies nationales (c’est un critère de développement) ils restent globalement importateurs.

Union européenne : en 2019, les exportations de l’Union Européenne ont porté sur 13,822 millions de t de produits plats et 6,682 millions de t de produits longs et les importations sur 19,681 millions de t de produits plats et 5,697 millions de t de produits longs.
Les exportations de produits plats sont destinés à 24 % à la Turquie, 12 % aux États-Unis, 6,5 % au Mexique, 6 % à la Suisse, 5 % à la Chine, celles de produits longs, à 15 % à l’Algérie, 13,5 % aux États-Unis, 13 % à la Suisse, 7 % à la Turquie, 7 % au Canada.
Les importations de produits plats proviennent à 22 % de Turquie, 14 % de Corée du Sud, 11 % de Russie, 11 % d’Inde, 10 % de Chine, celles de produits longs à 26,5 % de Turquie, 15 % de Russie, 11 % de Biélorussie, 9 % d’Ukraine, 7,5 % de Chine.
Les principales sociétés sidérurgiques européennes sont regroupées dans Eurofer.
Évolution de la sidérurgie européenne entre 1978 et 1998 : nombre de hauts fourneaux : de 281 à 89, nombre de convertisseurs à oxygène : de 193 à 95, nombre de fours électriques : de 539 à 195.
Nombre d’employés dans l’Union européenne, en 2019 : 330 523 dont 86 000 en Allemagne.

Carte de la sidérurgie de l’Union européenne, en 2018 (document d’Eurofer) :

 

Utilisation mondiale des procédés de production : en 2019, en % de la production.

Pays Coulée continue Oxygène Électrique Martin
Monde 96,6 71,9 27,7 0,3
Union européenne 97,0 59,1 40,9 0
France 97,2 69,6 30,4 0
Allemagne 97,1 70,0 30,0 0
Italie 94,7 18,1 81,9 0
Japon 98,4 75,5 24,5 0
États-Unis 99,7 30,3 69,7 0
Russie 82,2 64,1 33,6 2,3
Chine 98,5 89,6 10,4 0

Source : Worldsteel, World steel in figures

Schéma simplifié de l’approvisionnement de la sidérurgie mondiale en millions de t de fer contenu, en 2019.

 

Principaux producteurs : en productions de 2019.

en millions de tonnes d’acier
ArcelorMittal (Luxembourg) 97,3 Shougang Group (Chine) 29,3
China Baowu (Chine) 95,5 Shandong Steel Group (Chine) 27,6
Nippon Steel (Japon) 51,7 JFE Steel Corporation (Japon) 27,3
HBIS (Chine) 46,6 Valin (Chine) 24,3
Posco (Corée du Sud) 43,1 Nucor Corporation (États-Unis) 23,1
Shagang Group (Chine) 41,1 Hyundai Steel (Corée du Sud) 21,6
Ansteel Group (Chine) 39,2 IMIDRO (Iran) 16,8
Jianlong Group (Chine) 31,2 JSW (Inde) 16,3
Tata Group (Inde) 30,1 Sail (Inde) 16,2

Source : Worldsteel in figures

  • Depuis 2006, après l’acquisition d’Arcelor par Mittal Steel, ArcelorMittal est n°1 mondial. Mittal avait dans un premier temps regroupé les activités des sociétés néerlandaises Ispat International et LNM Holding puis acquis ISG (International Steel Group). Arcelor était né en février 2002 de la fusion d’Usinor (France), Aceralia (Espagne) et Arbed (Luxembourg). Au préalable, Usinor avait repris, en 1998, le groupe belge Cockerill. En 2005, Arcelor avait absorbé le brésilien CST.
  • JFE (Japan Fe Engineering) est né, en 2002, de la fusion de NKK et de Kawasaki Steel.
  • Depuis octobre 2012, la fusion des groupes japonais Nippon Steel et Sumitomo est effective.
  • China Baowu est issu de la fusion, en décembre 2016, des groupes chinois Baosteel et Wuhan Steel Group.
  • En septembre 2017, Tata Steel et ThyssenKrupp ont annoncé la fusion de leurs activités dans l’acier en Europe.

Situation française

En 2019, en milliers de t d’acier.

Production : 14 448 d’acier brut (19 200 en 2007, 12 800 en 2008).

  • Filière fonte, en 2018 : 10 530,
  • Filière électrique, en 2018 : 4 861.

Consommation apparente : 13 800.

Commerce extérieur : en 2019, en milliers de t d’acier, hors aciers inoxydables, ferrailles et ferroalliages.

Exportations : 12 122 avec la répartition suivante :

Allemagne 20,2 % Turquie 6,6 %
Espagne 17,7 % Luxembourg 3,8 %
Belgique 15,0 % Royaume Uni 3,7 %
Italie 14,0 % Pologne 2,4 %

Source : ITC

Importations : 12 182 avec la répartition suivante :

Allemagne 24,4 % Royaume Uni 5,0 %
Belgique 21,9 % Pays Bas 4,9 %
Italie 12,5 % Luxembourg 2,7 %
Espagne 12,4 % Russie 2,2 %

Source : ITC

Effectifs : 21 900 personnes (150 000 en 1978).

Hauts fourneaux :

Destinés à élaborer de l’acier :

  • 3 hauts fourneaux à Dunkerque (59), exploités par ArcelorMittal.
  • 2 hauts fourneaux à Fos-sur-Mer (13), exploités par ArcelorMittal.

Destiné à élaborer de la fonte ductile :

  • 1 haut fourneau à Pont-à-Mousson (54), exploité par Saint-Gobain PAM. L’introduction d’une faible quantité de magnésium dans la fonte grise permet de cristalliser le carbone sous forme de sphères de graphite au lieu de lamelles. Ce graphite sphéroïdal confère à la fonte une haute limite élastique et une grande résistance aux chocs. Elle est utilisée dans les canalisations, les regards de chaussée pour la voirie…

Aciéries électriques : en France fonctionnent 20 aciéries électriques.

Utilisations

Consommations apparentes finales d’acier

En 2019. Monde : 1 767,5 millions de t et 229,3 kg/habitant/an, Union européenne : 158,7 millions de t et 309,6 kg/habitant/an.

en millions de t et ( ) en kg/habitant/an
Chine 907 (633) Russie 43 (298)
Inde 101 (74) Allemagne 35 (418)
États-Unis 98 (297) Turquie 26 (313)
Japon 63 (498) Italie 25 (420)
Corée du Sud 53 (1 039) Mexique 24 (190)

Source : Worldsteel, World steel in figures

La consommation par habitant la plus importante, en 2017, est celle de la Corée du Sud, suivie des Émirats Arabes Unis avec 917 kg/habitant/an, de Taipei chinois avec 897 kg/habitant/an, des Émirats Arabes Unis avec 855 kg/habitant/an, du Qatar avec 621 kg/habitant/an, de Singapour avec 610 kg/habitant/an. Celle de la République Démocratique du Congo est de 1,4 kg/habitant/an.

Secteurs d’utilisation de l’acier

Union européenne
en 2019
Monde en 2019 Union européenne
en 2019
Monde en 2019
Construction de bâtiments 35 % 52 % Autres transports 2 % 5 %
Construction de machines et appareils mécaniques 15 % 16 % Équipements électriques 3 %
Fabrication d’objets métalliques 14 % 10 % Appareils ménagers 2 % 2 %
Automobiles 19 % 12 % Tubes 10 %

Sources : Worldsteel et Eurofer

Le bâtiment et les travaux publics utilisent principalement des produits longs (poutrelles, ronds à béton…), l’automobile, par contre, utilise plutôt des produits plats (tôles…).

Les aciers spéciaux

Parmi les très nombreuses variétés d’aciers, on peut citer :

  • Les aciers inoxydables : contenant par exemple 18 % de Cr et 10 % de Ni pour les aciers austénitiques. En 2018, production de 50,729 millions de t dans le monde dont 293 000 t, en France, en 2017. Pour plus de détails sur les aciers inoxydables voir ce chapitre.
  • Les aciers à roulements : contenant 1 % de C, 1,5 % de Cr.
  • Les aciers à outils : contenant jusqu’à 18 % de W, 1,5 % de C.
  • D’autres aciers alliés spéciaux : tôles pour transformateurs (3 % de Si), aciers à ressort (Mn-Si ou Cr-Mo-Si), aciers pour cryogénie (6 à 9 % de Ni), aciers pour chaudières (Mn-Mo ou Cr-Mo), aciers résistant à l’abrasion (13 % de Mn), aciers à dilatation nulle (Invar, 36 % de Ni), aciers magnétiques (Fe-Al-Ni), aciers réfractaires (25 % de Cr, 12 % de Ni).

Utilisations particulières

Les tôles sandwich : elles sont constituées par 2 tôles minces (0,3 à 0,7 mm) séparées par un film polymère de 45 micromètres. La résine est appliquée sur l’une des tôles puis l’ensemble est colaminé. Plus légères et résistantes que l’acier d’épaisseur équivalente, elles sont utilisées pour leurs propriétés d’insonorisation : les vibrations sont absorbées par le polymère (choisi pour que la température d’utilisation soit dans son domaine viscoélastique), par frottement des chaînes polymères, qui dissipe cette énergie sous forme de chaleur. Ces tôles, mises au point initialement au Japon, commencent à être utilisées dans les tabliers (pièce séparant le moteur de l’habitacle) des automobiles (gain de poids : 20 %), les tambours de sèche linge… Le dallage du sol de la Très Grande Bibliothèque a été réalisé en sandwich d’acier inoxydable.

Bâtiment, travaux publics : en France, la consommation dans ce secteur est de 4 millions de t/an dont 44 % de ronds à béton. Les constructions métalliques utilisent 700 000 t/an, dont 40 000 t/an pour les ponts métalliques. La construction du viaduc de Millau a consommé 62 550 t d’aciers. Le pont le plus long au monde (4 km), celui de Akashi-Kaikyo, au Japon, a utilisé 193 000 t d’acier.
Dans ce secteur, les consommations annuelles par habitant sont de 268 kg au Japon, 151 kg en Italie, 118 kg en Allemagne, 108 kg aux États-Unis, 108 kg en Espagne, 83 kg en France. Les normes antisismiques conduisent à employer plus d’acier dans les constructions, au Japon et en Italie (de 46 à 48 % des utilisation de l’acier dans ces pays). On assiste au développement de la construction de maisons individuelles à ossature en acier.

Automobiles : elles renferment, en moyenne, 960 kg d’acier contenu à 34 % dans la structure du véhicule, 23 % dans le moteur, 12 % dans les suspensions. De nouvelles nuances d’aciers, à hautes limites élastiques (la limite d’élasticité est passée de 200 à 1000 et jusqu’à 1400 MPa), AHSS (Advanced High Strentgh Steel ou dual phase), UHSS (Ultra High Strength Steel ou martensitique) sont de plus en plus utilisées.

Tubes : le producteur français Vallourec est le n°1 mondial des tubes sans soudure, laminés à chaud ou à froid. Ses capacités de production sont de 3 millions de t/an avec une aciérie électrique à Saint-Saulve (59), une autre aux États-Unis et un haut-fourneau au Brésil.

Rails : 400 km de ligne de TGV à 2 voies nécessitent 100 000 t de rail (60 kg/m). En France, une seule usine de production de rails à partir d’acier importé du Royaume-Uni, à Hayange (57). En avril 2016, l’usine exploitée par Tata Steel a été vendue au fond d’investissement Greybull Capital qui contrôle la société British Steel qui été à son tour vendue, en mars 2020, au groupe chinois Jingye, le sort de l’usine d’Hayange restant en attente. Les rails produits d’une longueur de 80 m (en 2017, les rails atteignent jusqu’à 150 m) étaient, pour la construction de la ligne TGV Est, soudés par la SNCF pour atteindre 400 m. La première phase de la construction de cette ligne, qui a débuté en 2002, a consommé 86 000 t de rails. Actuellement les rails produits ont une longueur de 108 m et, en 2015, la production a été de 343 000 t. Dans le monde, la longueur du réseau ferré est de 1,052 millions de km.

Signalisation routière : 200 000 t d’acier/an en Europe de l’Ouest.

Boules de pétanque : la société française Obut , à Saint-Bonnet-le-Château (42), en produit 300 t/mois, soit les 2/3 du marché mondial. Les boules sont fabriquées à partir de barres cylindriques cisaillées, forgées à plus de 1000°C pour donner des flans qui sont emboutis en coquilles soudées 2 à 2 qui subissent diverses finitions et traitements thermiques.

Bibliographie

 

Aciers zingués

Données industrielles

Définitions

La protection de l’acier par un revêtement de zinc peut être réalisée selon divers procédés, ceux-ci étant dans l’ordre décroissant d’importance :

  • La galvanisation à chaud : qui consiste à immerger l’acier dans un bain de zinc fondu. Les produits formés sont appelés galvanisés.
  • Le zingage électrolytique : réalisé par électrolyse d’une solution contenant des ions Zn2+. Les produits formés sont appelés électrozingués.

D’autres techniques, moins utilisées, emploient la projection thermique de zinc fondu au pistolet, la matoplastie (recouvrement par écrasement de particules de zinc à l’aide d’impacts de billes de verre), la shérardisation (diffusion superficielle de zinc par chauffage). Toutes ces techniques relèvent du zingage. Par contre, l’application de peintures riches en zinc (80 à 88 % minimum de poudre ou de poussière de zinc dans l’extrait sec) est exclue de cette dénomination.

Acier galvanisé

Le terme galvanisation est lié à « l’effet galvanique » et au nom du savant italien Galvani qui a, en particulier, étudié la production d’électricité par le contact de deux métaux de natures différentes. C’est Davy qui lors de l’étude de la pile Zn-Cu de Volta semble avoir proposé pour la première fois l’utilisation du zinc pour « la conservation du fer ».

Le procédé de galvanisation à chaud a été inventé par le Français J. Malouin en 1742 puis développé, en France, par Stanislas Sorel, en 1837-42. La première usine a été construite à Solingen, en Allemagne, en 1847.

Actuellement, la galvanisation à chaud est pratiquée selon deux voies :

  • La galvanisation au trempé de produits finis.
  • La galvanisation en continu de demi-produits sidérurgiques (tôles, tubes, fils).

L’interface acier-zinc et la composition du bain de zinc

Dans le cas de la galvanisation au trempé de produits finis :

Lorsque de l’acier est plongé dans un bain de zinc fondu (à une température supérieure à 419°C), après refroidissement, on observe, à la surface de l’acier, une série d’alliages (composés intermétalliques) à teneur décroissante en fer lorsqu’on s’éloigne de l’acier de base. En général, la formation des couches d’alliages est rapide (quelques minutes) et l’épaisseur du revêtement (50 à 70 µm) n’augmente plus, même si le temps d’immersion se prolonge, sauf dans le cas particulier des aciers dits réactifs.

Phase Composé % de fer en masse Dureté (MPa) Épaisseur approximative (% de celle du dépôt)
Êta (Zn) Zn < 0,03 300-500 20-30
Zêta FeZn13 6 à 6,2 1800-2700 50
Delta FeZn7 7 à 11,5 2500-4500 20-30
Gamma FeZn3, Fe5Zn21 21 à 28 4500-5500 1-2
Acier Acier 99 à 100 1200-1500

 

On remarque la grande dureté des alliages interfaciaux par rapport aux deux métaux purs. Cette dureté élevée confère à l’acier galvanisé au trempé une bonne résistance au frottement et à l’abrasion, ce qui convient bien à la galvanisation de produits finis.

Par contre, ces alliages sont fragiles et non déformables, ce qui serait néfaste pour la galvanisation en continu de tôles destinées à être déformées par pliage ou emboutissage. Dans ce cas, pour éviter la formation de ces couches d’alliages, on ajoute au bain de zinc de 0,16 à 0,20 % en masse d’aluminium qui inhibe la formation des alliages Fe-Zn et donne, après refroidissement, une très fine couche (< 0,2 µm) d’alliage Fe2Al5 contenant, en solution solide, de 10 à 15 % de zinc.

On ajoute également, dans le bain de zinc, des éléments d’alliages (nickel, bismuth, plomb…) qui améliorent la mouillabilité de l’acier par le zinc fondu et permettent, dans certaines conditions, une cristallisation du zinc en gros grains, observables à l’œil, appelée « fleurage ». Lorsque la tôle galvanisée en continu est destinée à recevoir un revêtement de finition, par exemple – pour les automobiles – de la peinture, il faut éviter le fleurage qui apparaîtrait à travers cette dernière.

Procédé industriel de galvanisation de produits finis

Pour chaque étape de l’élaboration industrielle, parmi toutes les variantes utilisées, nous ne décrirons que la plus courante.

La nature de l’acier utilisé a un rôle sur l’épaisseur du dépôt de zinc, en particulier pour certaines teneurs en silicium et phosphore (norme NF A 35 503). En dehors des catégories A, B et C définies par cette norme, on a un acier appelé réactif et l’épaisseur de zinc peut atteindre des valeurs importantes, jusqu’à 500 µm. Le revêtement a un aspect gris mat au lieu de l’aspect brillant obtenu habituellement et il est moins résistant aux chocs.

Préparation de la surface de l’acier :

La surface est en général dégraissée dans une solution de carbonate de sodium et de soude, en présence de détergents et de tensioactifs, vers 60-80°C. Après rinçage, un décapage à l’acide chlorhydrique (3 à 6 mol.L-1), à la température ambiante, permet d’éliminer l’oxyde présent en surface. L’ajout d’inhibiteurs permet de limiter l’attaque du métal de base. Un rinçage soigné suit cette opération.

Avant galvanisation, la surface doit être revêtue par un flux qui permet d’éliminer les oxydes qui se reforment instantanément après décapage. Les pièces sont plongées dans une solution concentrée de chlorure double de zinc et d’ammonium (ZnCl2,2NH4Cl), à environ 60°C, puis séchées vers 120°C dans une étuve. Après fluxage, la surface de l’acier est ainsi recouverte d’une fine couche de chlorure de zinc et d’ammonium.

Lors de la galvanisation, vers 450°C, les sels du flux se décomposent selon la réaction :

ZnCl2,2NH4Cl = ZnCl2,NH3 + NH3 + 2 HCl

NH3 et HCl dissolvant les oxydes selon les réactions :

FeO + 2 HCl + NH3 = FeCl2,NH3 + H2O

ZnO + 2 HCl + NH3 = ZnCl2,NH3 + H2O

Les ammoniacates (chimiquement ce sont des complexes) FeCl2,NH3 et ZnCl2,NH3, appelés sels brûlés, donnent des « cendres » qui surnagent à la surface du zinc.

Galvanisation au trempé :

Le bain de zinc pur ou contenant divers ajouts (Al, Pb…) est maintenu à la température de 440-450°C. La masse de zinc mis en œuvre dans un bain peut atteindre jusqu’à 800 t. La durée d’immersion qui dépend du volume de la pièce varie de 3 à 10 minutes. Avant retrait des pièces, les cendres sont éliminées par spatulage de la surface. Afin d’obtenir une épaisseur de dépôt constante, la sortie du bain se réalise à faible vitesse (0,5 à 1 m.min-1). Pour de petites pièces (boulons, vis…), une centrifugation à environ 700 tours.min-1 permet d’éliminer le zinc en excès dans les parties filetées. Le refroidissement est effectué, en général, à l’air ambiant.

La norme française NF EN ISO 1461 indique les masses et épaisseurs minimales des revêtements. Quelques exemples sont regroupés dans le tableau suivant.

Acier Masse de zinc déposé par face Épaisseur moyenne minimale du dépôt
épaisseur < 1,5 mm 325 g.m-2 45 µm
épaisseur > 6 mm 610 g.m-2 85 µm

 

En Europe, il y a 800 usines de galvanisation au trempé protégeant 7,5 millions de t d’acier.

Procédé industriel de galvanisation en continu de demi-produits

Ce procédé concerne les tôles, tubes et fils. Nous ne traiterons que le cas des tôles et décrirons l’une des chaînes de fabrication d’ArcelorMittal, à Florange, en Moselle. Ce procédé industriel a été mis au point par un ingénieur polonais, Sendzimir, en 1933, et développé en France puis aux États-Unis à partir de 1936.

Les tôles provenant de bobines (1,2 à 2,1 m de diamètre, 31 t) sont déroulées en continu, dégraissées, préchauffées (600-650°C) sous atmosphère réductrice (diazote avec environ 12 % de CO2, 2 % de CO, 3 % de H2) afin de parfaire le nettoyage et la désoxydation de la surface, chauffées (750-850°C) sous atmosphère de diazote avec 5 à 20 % de dihydrogène, opération de recuit qui permet à l’acier, fortement écroui lors des opérations de laminage et devenu cassant, de retrouver sa ductilité. Lors du recuit, la microstructure du métal se réorganise avec diminution ou suppression des obstacles les plus importants aux mouvements des dislocations. Les tôles sont ensuite refroidies sous atmosphère protectrice (N2, H2) pour atteindre la température du bain de zinc (450-500°C). La durée d’immersion est très courte : environ 3 secondes. Le bain de zinc contient de 0,16 à 0,20 % d’aluminium afin d’inhiber la formation des alliages Fe-Zn. A la sortie du bain de galvanisation, un essorage par des lames d’air ou de diazote sous pression permet de régler l’épaisseur du dépôt de zinc (10 à 13 µm pour les tôles destinées aux automobiles).

Des traitements complémentaires peuvent être effectués, toujours en continu.

Lorsque les tôles sont destinées aux automobiles ou à l’électroménager, le fleurage est minimisé en éliminant le plomb dans le bain de zinc ou en projetant de la poudre de zinc très fine (< 5 µm) sur la surface du zinc liquide et ainsi, en créant un grand nombre de germes de cristallisation, d’obtenir des grains de taille réduite (< 100 µm), invisibles à l’œil.

A la sortie du bain de galvanisation un chauffage rapide, 10 secondes à 500°C, permet, si cela est souhaité, la diffusion du fer dans le zinc liquide et la formation d’un alliage Fe-Zn à 8 à 10 % de fer.

Après refroidissement à la température ambiante, un laminage à faible taux de réduction (environ 1 %), appelé skin-pass, améliore les propriétés mécaniques de la tôle et son aspect de surface.

Enfin, avant d’être réenroulée en bobine, la bande d’acier galvanisé peut être passivée par aspersion d’une solution d’acide chromique afin de retarder, lors du stockage la formation de rouille blanche (oxyde et hydroxyde de zinc), ou seulement huilée, par exemple dans le cas des tôles destinées aux automobiles.

La masse de zinc déposé, par face, est comprise entre 50 et 300 g.m-2, avec des épaisseurs de 7 à 42 µm.

La ligne de galvanisation d’ArcelorMittal à Florange, d’une longueur de 326 m, traite 250 000 t d’acier par an. La vitesse de défilement de la bande d’acier varie de 40 à 180 m.min-1. La largeur de la bande varie de 0,75 m à 1,85 m, son épaisseur de 0,3 à 1,6 mm, pour une longueur de bande, présente dans la ligne, de 1 800 m.

Acier électrozingué

L’électrozingage en continu concerne principalement les tôles destinées à l’automobile, cette industrie utilisant également des tôles galvanisées. Dans ce marché, le contrôle précis de l’épaisseur, de la composition et de l’aspect, font que ce procédé est parfois préféré à la galvanisation à chaud. Il s’est, en particulier, considérablement développé depuis 1980. Le procédé d’électrozingage est également employé pour revêtir divers produits finis : de la vis jusqu’au caddy de supermarché ou des demi-produits tels que les tôles destinées à l’électroménager.

L’épaisseur de zinc déposé est, en moyenne, de 10 µm et il est aisé de recouvrir seulement une face ou de revêtir les deux faces d’une tôle par des épaisseurs différentes. Contrairement à la galvanisation à chaud, il ne se forme pas d’alliages à l’interface acier-zinc. Si la propreté de la bande d’acier avant électrodéposition est satisfaisante et si la formation du dépôt s’est effectuée dans de bonnes conditions, les dépôts obtenus sont adhérents.

Procédé industriel d’électrozingage de demi-produits :

De très nombreux procédés existent que ce soit au niveau des bains utilisés ou de la technologie employée. Nous nous limiterons à la description du procédé acide aux chlorures de la ligne ELSA d’ArcelorMittal, à Florange, en Moselle, qui a cessé de fonctionner en 2017.

Après les opérations de dégraissage et décapage d’une bande d’acier préalablement recuite, celle-ci passe dans une série de 8 ou 16 cuves d’électrolyse. Dans le procédé Carosel utilisé par ArcelorMittal à Florange, la bande d’acier est appliquée sur un rouleau conducteur constituant la cathode, les anodes solubles en zinc pur (99,99 %) épousent la forme du cylindre conducteur, l’électrolyte circule à contre courant par rapport à la bande d’acier. L’absence d’électrolyte au contact de la face appliquée sur le cylindre empêche son zingage. Si un zingage des deux faces est souhaité, un retournement de la bande est effectué avant une nouvelle électrolyse. La vitesse de la bande est d’environ 150 m.min-1. Après dépôt, la bande est rincée à l’eau, séchée puis huilée.

L’électrolyte peut être à base de chlorure de zinc (teneur en Zn2+ de 30 à 40 g.L-1), à pH 5,2, à 25-45°C, en présence de divers ajouts qui améliorent la qualité du dépôt (nivelants, brillanteurs…). La densité de courant est d’environ 5 A.dm-2 et la vitesse de dépôt d’environ 1 µm.min-1. Le zinc consommé à la cathode lors du dépôt (par réduction des ions Zn2+) est régénéré à l’anode par dissolution (oxydation du zinc en ions Zn2+). Le zinc peut se déposer sur l’acier car la surtension du dihydrogène sur l’acier est importante. En début d’électrolyse le zinc se dépose simultanément avec un dégagement de dihydrogène, ce dernier cessant dès que le zinc recouvre totalement l’acier, la surtension du dihydrogène sur le zinc étant encore plus élevée que sur l’acier.

Diaporama sur l’acier zingue

Productions

D’acier galvanisé et électrozingué en continu, en 2017. Monde : 120 millions de t, Union européenne, en 2018 : 26,3 millions de t.

en milliers de t
Chine, en 2015 51 000 Allemagne, en 2009 5 871
États-Unis 16 473 Italie 5 157
Corée du Sud 11 461 France 4 168
Japon 11 031 Vietnam 3 501
Inde, en 2016 7 390 Belgique, en 2016 3 326

Sources : Worldsteel, Steel Statistical Yearbook et statistics Japan
Au Canada et aux États-Unis, en 2016, il y a 74 lignes de galvanisation avec une capacité de production de 27,1 millions de t/an et 10 lignes d’électrozingage avec une capacité de production de 2,5 millions de t/an. En 2014, la production a été de 16,848 millions de t d’acier galvanisé et de 1,351 million de t d’acier électrozingué.

Dans l’Union européenne, en 2018, la production d’acier galvanisé est de 23,6 millions de t, dont 4,8 millions de t en Italie, 3,9 millions de t en France, 1,2 million de t en Pologne, celle d’acier électrozingué de 2,6 millions de t, dont 1 million de t en Allemagne. En 2015, la consommation de zinc est destinée à 35 % pour la galvanisation en continu et l’électrozingage et à 16 % à la galvanisation au trempé, avec une consommation totale dans ces secteurs de 1,236 million de t de zinc.

Producteurs :

  • ArcelorMittal exploite dans le monde, en 2019, 51 lignes de production d’acier galvanisé avec une capacité de production de 20,0 millions de t/an et une production, en 2019, de 15,9 millions de t et 11 lignes d’acier électrozingué avec une capacité de production de 2,0 millions de t et une production, en 2019, de 0,9 million de t.
  • Nippon Steel exploite au Japon, à Kashima, Kimitsu, Nagoya, Hirohata et Yawata, 13 lignes de galvanisation et 2 lignes d’électrozingage et dans de nombreux pays à travers des joint-ventures : à Shanghai, en Chine, avec 1,67 million de t d’acier galvanisé, en Thaïlande avec 360 000 t/an d’acier galvanisé, en Malaisie avec 120 000 t/an d’acier électrozingué, en Indonésie avec 480 000 t/an, au Vietnam avec une ligne de production d’acier galvanisé, à Abu Dhabi avec 400 000 t/an d’acier galvanisé, à Durban, en Afrique du Sud avec 150 000 t/an d’acier galvanisé, à Ipatinga, au Brésil, avec 1,03 million de t d’acier galvanisé, à Monterrey, au Mexique, avec 400 000 t/an d’acier galvanisé, aux États-Unis, à New Carlisle, dans l’Indiana, avec 460 000 t/an d’acier galvanisé et 410 000 t/an d’acier électrozingué, à Calvert, dans l’Alabama, avec 1,3 million de t d’acier galvanisé, à Long Beach, en Californie, avec une ligne de galvanisation de produits longs.

Situation française

Galvanisation de produits finis : en 2018, galvanisation de 518 000 t d’acier, dans 54 usines possédant 72 bains de galvanisation.

La liste des usines de galvanisation de produits finis, adhérentes à Galvazinc Association, réparties sur le territoire, sont accessibles avec le lien suivant :

Liste de usines françaises de galvanisation de produits finis

Galvanisation en continu :

  • ArcelorMittal exploite des lignes de galvanisation en continu à Montataire (60) avec 3 lignes produisant 1,1 million de t/an d’acier galvanisé, Florange (57) avec 2 lignes dont l’une en construction, prévue en 2019, avec un total de 600 000 t/an, Desvres (62) avec une ligne produisant 400 000 t/an d’acier galvanisé, Mardick (59), avec 2 lignes produisant 870 000 t/an d’acier galvanisé et Mouzon (08) avec 2 lignes qui produisent principalement de la tôle aluminée et produisent également de la tôle galvanisée.
  • NLMK, groupe russe, exploite une ligne à Strasbourg (67) avec une capacité de production de 400 000 t/an d’acier galvanisé et une production, en 2017, de 200 000 t. L’acier utilisé par Novolipetsk Steel Company (NLMK) provient des laminoirs du groupe à La Louvière, en Belgique, eux même approvisionnés principalement par de l’acier brut provenant de Lipetsk, en Russie.

Électrozingage : en 2016 puis en 2017, fermeture des deux dernières usines françaises.

  • ArcelorMittal exploitait une ligne d’électrozingage à Florange (57) qui a fermé en 2017 après avoir produit en 34 ans 9 millions de t d’acier électrozingué. La ligne de production est convertie en ligne de galvanisation.
  • NLMK, exploitait une ligne à Beautor (02) avec une capacité de production de 250 000 t/an d’acier électrozingué qui a fermé en 2016.

Utilisations

Dans les pays industrialisés, le coût annuel de la corrosion de l’acier est estimé à une valeur comprise entre 2,5 à 4 % du produit national brut (PNB) soit, pour la France, 450 euros par habitant. La présence d’un revêtement de zinc qui, en présence d’air humide, se recouvre de carbonate-hydroxyde de zinc (2ZnCO3,3Zn(OH)2), freine la progression de la corrosion.

La protection de l’acier par galvanisation ou électrozingage est la principale utilisation du zinc avec, en 2015, la moitié des utilisations dans le monde et 60 % en Chine (voir le chapitre zinc).

Secteurs d’utilisation :

Les produits galvanisés après fabrication sont extrêmement variés : charpentes, pylônes électriques, candélabres d’éclairage public, serres, structures de véhicules automobiles, réservoirs, boulons, écrous… Le tableau suivant donne l’importance relative des divers secteurs d’utilisation, en France, en 2018.

Bâtiment
Construction
Agriculture Mobilier urbain Équipements Infrastructures Transport Visserie
48,4 % 16,2 % 14,2 % 10,0 % 5,1 % 4,5 % 0,6 %

Source : Galvazinc Association

Automobiles : par exemple, exprimé en masse des tôles prérevêtues, la Renault Twingo est protégée à 52 %, la Safrane à 52 %, la Peugeot 405 à 67 % (tôles galvanisées et électrozinguées), la XM Citroën à 76 % (galvanisées : 27 %, électrozinguées : 49 %). En France, en 1982, 12 % des tôles automobiles étaient revêtues, 60 % en 1995 (80 % pour les modèles les plus récents). En France, en moyenne, par véhicule, il y a 5 kg de Zn dans la carrosserie. Renault utilise, dans ses usines européennes, entre 350 000 et 400 000 t/an de tôles revêtues de Zn. Le châssis de la Renault Espace est galvanisé après assemblage (25 kg de Zn).

La construction du tunnel sous la Manche a consommé 2 500 t de Zn utilisé pour galvaniser 30 000 t d’acier.

Peintures riches en zinc (traitées ici bien que par définition elles ne concernent pas les aciers zingués) : le zinc représente de 80 à 88 % minimum de la masse de l’extrait sec. Utilisées comme couches primaires d’atelier (par exemple, 15 µm de revêtement pour la coque du paquebot Sovereign of the Seas). Pour des utilisations finales, la couche atteint 80 à 100 µm.

Bibliographie

 

 

 

Aciers inoxydables

Données industrielles

Ce sont des aciers alliés présentant une résistance élevée à la corrosion à chaud ou à froid dans de nombreux milieux. Cette résistance chimique est due à la présence de chrome (à des teneurs supérieures à 10,5 %), qui protège par passivation grâce à la formation d’oxyde Cr2O3 à la surface de l’alliage. La résistance à la corrosion atmosphérique est multipliée par cent par rapport aux aciers courants.

Différents types

Aciers au chrome

Contenant de 12 à 27 % de Cr. Ils possèdent l’une ou l’autre des structures suivantes :

Martensitique : avec 12 à 18 % de Cr. Cette structure correspond à une sursaturation en carbone dans la structure fer alpha obtenue par trempe à partir de l’austénite (fer gamma). Ils allient une bonne résistance à la corrosion à des caractéristiques mécaniques élevées. Ils sont utilisés pour les instruments chirurgicaux, en coutellerie, etc…

Ferritique (de structure fer alpha) : avec une teneur élevée en chrome ou la présence d’éléments alphagènes (Zr, Ti, Nb), qui ne permettent pas la transformation, à chaud, en austénite et donc ne donnent pas de trempe martensitique. Les plus utilisés, en architecture, dans les ustensiles de cuisine, contiennent 17 % de Cr. Ils sont plus économiques que les aciers Cr-Ni de type 18-10 car le nickel compte pour plus de 40 % dans le coût de production des aciers inoxydables. Les aciers Cr-Ni contiennent aussi du molybdène dont les cours sont élevés.

Ils représentent 21 % de la production mondiale d’aciers inoxydables, en 2019.

Aciers au chrome-nickel

La nuance de base contient 18 % de Cr et 10 % de Ni (nuance 18-10). Ils renferment peu de carbone : de 0,02 à 0,15 %. Les éléments le plus souvent ajoutés sont Mo et Mn. Ils possèdent une structure :

Austénitique : la structure fer gamma est conservée à la température ambiante. Ils ne prennent pas la trempe et sont amagnétiques. Ils allient une grande résistance à la corrosion à une bonne aptitude à la déformation facilitant la mise en forme. Ce sont les aciers inoxydables les plus utilisés, dans les industries chimiques, alimentaires, les couverts de table de qualité (car les couverts courants, dans les collectivités par exemple, sont en acier inoxydable ferritique).

Ils représentent 53 % de la production mondiale d’aciers inoxydables en 2019.

Aciers au chrome-manganèse

Pour faire face au coût élevé du nickel, dans des pays asiatiques tels que l’Inde et la Chine, des nuances d’acier ont été développées en remplaçant, en partie, le nickel par le manganèse, avec présence d’azote et parfois de cuivre. Les teneurs en chrome sont comprises entre 15 et 19 %, en manganèse de 4 à 16 %, en nickel de 1 à 7 %, en cuivre de 0 à 4 %, en azote jusqu’à 0,5 %.

Ils représentent 24 % de la production mondiale d’aciers inoxydables, en 2019.

Aciers austéno-ferritiques

Appelés Duplex, ils sont biphasés, 50 % alpha, 50 % gamma pour la nuance la plus répandue. Ils contiennent de 22 à 25 % de Cr et de 4 à 7 % de Ni. Ils sont surtout utilisés pour élaborer des aciers moulés.

Rôle des ajouts et du carbone

Ni : pour des teneurs allant jusqu’à 9 %, il augmente le domaine de stabilité de la phase austénitique (c’est un élément gammagène) et améliore la résistance à la corrosion en milieu acide.
Mo : de 1 à 3 %, il renforce l’action de Cr.
C : forme, aux joints de grains, des carbures de chrome (Cr23C6), ce qui entraîne une déchromisation dans les zones proches des joints de grains et ainsi facilite la corrosion intergranulaire. On utilise soit de très basses teneurs en carbone (< 0,03 %), soit des ajouts de Ti et/ou Nb qui piègent le carbone.

Fabrication industrielle

La difficulté réside dans la nécessité d’atteindre une décarburation importante tout en évitant des pertes élevées de chrome par oxydation. Les équilibres d’oxydation de Cr et C sont déplacés dans le sens d’une oxydation préférentielle du carbone, en faisant le vide (procédé V.O.D : Vacuum Oxygen Decarburization), ou plus couramment, en diluant le CO formé par un gaz neutre (argon ou diazote dans le procédé A.O.D. : Argon-Oxygène-Décarburation).

Procédé A.O.D. : utilisé par 70 % des capacités mondiales de production.

Un mélange de ferrailles, de chutes d’acier inoxydable recyclées, de ferrochrome, de ferronickel et de divers éléments d’alliage est fondu vers 1700°C dans un four à arc électrique (plus rarement à induction), la teneur en carbone est alors de 1,5 à 2,5 %, puis coulé dans un convertisseur dans lequel est injecté du dioxygène dilué par de l’argon.

Le rapport initial oxygène-argon est de 3 parts de dioxygène pour 1 part d’argon. Au cours de la décarburation, la proportion d’oxygène diminue fortement. La réaction de décarburation étant fortement exothermique, l’ajout de ferrailles froides permet de maintenir la température vers 1700°C. Après la décarburation, l’ajout de ferrosilicium permet de réduire l’oxyde de chrome formé. Les fours utilisés ont des capacités qui peuvent atteindre 160 t. La fusion dure environ 1 h 30 et la décarburation de 1 h à 1 h 30.

Procédé V.O.D. : l’association entre convertisseur et affinage V.O.D. (Vacuum Oxygen Decarburization) qui permet d’atteindre de très faibles taux de carbone représente 18 % des capacités mondiales de production alors que le procédé V.O.D. employé seul en représente 7 %.

Recyclage

On estime que 60 % de la production provient d’acier recyclé (25 % d’aciers en fin de vie, soit un cycle long après usage, 35 % de chutes neuves de production, cycle très court correspondant à une refonte des chutes d’usines).

Normes AFNOR

Dans l’ordre :

Lettre : X indique que l’acier est allié avec au moins 1 élément d’addition dépassant la teneur de 5 % en masse.

Nombre : indique la valeur multipliée par cent de la concentration en carbone exprimée en % en masse.

Lettres : précisent, par leur symbole chimique, les éléments d’addition majoritaires, rangés en teneur décroissante.

Nombres séparés par des traits d’union : donnent les concentrations des éléments d’alliages, classés dans l’ordre des symboles préalablement décrits, exprimées en % en masse s’ils sont supérieurs à 5 %.

Exemples avec, entre parenthèse, la norme américaine AISI (American Iron & Steel Institute) :

  • X 2 CrNi 18-10 (304L) : C : 0,02 %, Cr : 17 à 19 %, Ni : 9 à 11 %, utilisés en chaudronnerie nucléaire et autres usages civils.
  • X 2 CrNiMo 17-12 (316L) : C : 0,02 %, Cr : 16-18 %, Ni : 11-13 %, Mo : 2 %, utilisés dans les industries chimiques, pétrolières, agro-alimentaires, pour les cuves de vins, etc…
  • X 8 Cr 17 (430) : C : 0,08 %, Cr : 16-18 % (acier inoxydable ferritique) utilisés pour les articles de ménage, l’électroménager, les éviers, etc…
  • X 6 CrTi 12 (409) : C : 0,06 %, Cr : 11-13 %, Ti, utilisé dans les échappements automobiles.
  • X 9 CrMnNiCu 17-8-5-2 (série 200) : acier au chrome-manganèse surtout fabriqué en Asie.

Productions

En 2019. Monde : 52,218 millions de t, Union européenne : 6,805 millions de t.

en milliers de t
Chine 26 706 Indonésie, en 2018 2 195
Inde 3 740 Italie 1 441
Japon 3 283 Taipei chinois 997
États-Unis 2 808 Espagne 898
Corée du Sud, en 2018 2 407 Afrique du Sud 550

Source : ISSF

En 2019, les productions regroupées de Finlande, Suède et Royaume Uni sont de 2,145 millions de t, celles de Belgique et d’Autriche de 1,481 million de t.

A la fin du XXème siècle, la Chine ne produisait pratiquement pas d’aciers inoxydables, en 2005, elle produisait 12,9 % du total mondial, en 2019, 51 %. Entre 2005 et 2019, la part de l’Union européenne est passée de 34,8 % à 13 %.

La production d’aciers inoxydables représente environ 3 % de la production mondiale d’aciers.

Les produits plats représentent 81,7 % de la production, les produits longs, 8,3 %.
Les aciers inoxydables Cr-Ni (série 300) représentent, en 2019, 53 % de la production, les aciers au chrome (série 400), 21 %, les aciers Cr-Mn (série 200), 24 %.

En 2019, le commerce international a porté sur 19,301 millions de t d’aciers inoxydables et 5,941 millions de t de déchets d’aciers inoxydables.

Producteurs : capacités de production, en 2020, sur un total mondial de 58,8 millions de t/an.

en millions de t/an
Tsingshan (Chine) 10,6 Outokumpu (Finlande) 3,2
Tisco (Chine) 4,5 Guanxi Chengde (Chine) 3,0
Posco (Corée du Sud) 4,0 Yusco (Taipei chinois) 2,8
Acerinox (Espagne) 3,3 Aperam (Luxembourg) 2,5

Sources : Outokumpu et rapports des sociétés

  • Tsingshan produit des aciers inoxydables en Chine, à Fuan Bay dans la province de Fujian, Lishui dans la province de Zhejiang et Yangjiang dans la province de Guangdong et en Indonésie à Morowali dans l’île de Sulawesi. En 2019, la production a été de 10,65 millions de t.
  • Posco produit des aciers inoxydables en Corée du Sud à Pohang et Gwangyang avec, en 2019, une production de 2,973 millions de t et en Chine, avec 82,5 % d’une joint-venture (Zhangjiagang Pohang Stainless Steel) et une production en 2019 de 1,134 million de t. Le ferronickel utilisé provient principalement de Nouvelle Calédonie.
  • Acerinox possède des unités de fabrication à Palmones, près de Gibraltar, en Espagne, avec, en 2019, 725 967 t, Carroll County dans le Kentucky, aux États-Unis, avec 1,036 million de t, à Middelburg, en Afrique du Sud, avec 76 % de participation et 469 143 t et Johor Bahru, en Malaisie, avec 98 % de participation et 242 091 t. En 2019, la production a été de 2,231 millions de t.
  • En décembre 2012, Outokumpu a pris le contrôle d’Inoxum, branche aciers inoxydables du groupe ThyssenKrupp. Les unités de production sont situées à Tornio, en Finlande avec 1,45 million de t/an de capacité de production, à Avesta, en Suède avec 450 000 t/an, à Sheffield, au Royaume Uni avec 450 000 t/an, à Calvert, dans l’Alabama, aux États-Unis avec 900 000 t/an. En 2019, la production a été de 2,196 millions de t.
    L’usine intégrée de Tornio, en Finlande, est proche de la mine de chrome de Kemi, exploitée par Outokumpu, qui produit des concentrés de chromite transformés en ferrochrome à Tornio avec, en 2019, une production de 505 000 t.
  • Aperam, filiale d’ArcelorMittal, produit de l’acier inoxydable en Belgique, avec une production, en 2019, de 1,113 million de t, à Genk et au Châtelet et au Brésil, avec une production de 609 000 t, à Timóteo dans l’État de Minas Gerais. En 2019, la production a été de 1,79 million de t.

Situation française

La production d’aciers inoxydables a été, en 2019, de 281 000 t.

  • Usinor, fondé en 1948, a fusionné en 2002 avec l’espagnol Aceralia et le luxembourgeois Arbed pour donner Arcelor, puis en 2006, a été absorbé par le groupe néerlandais Mittal pour donner ArcelorMittal. La branche aciers inoxydables d’ArcelorMittal est devenue, fin 2010, Aperam. En France, l’activité du groupe se limite à la transformation de l’acier inoxydable brut en tôles laminées à Gueugnon (71) et Isbergues (62).
  • Industeel (ex Creusot Loire Industrie), filiale d’ArcelorMittal, produit des tôles hyper lourdes (cuves de centrales nucléaires) et des aciers inoxydables dans les usines du Creusot (71), de Châteauneuf (42) et de St Chamond (42).
  • Ugitech, filiale du groupe Swiss Steel produit de l’acier inoxydable brut à Ugine (73) et le transforme en produits long (barres et fils) à Ugine (73), Imphy (58), Brionne (27) et Bourg en Bresse (01).
  • Aubert & Duval (filiale du groupe Eramet) exploite des usines à Gennevilliers (92), Les Ancizes (63), Issoire (63), Imphy (58), Firminy (42) et Pamiers (09).

Utilisations

Consommation : en 2018, la consommation mondiale a été de 43,2 millions de t à 45 % en Chine, 27 % en Asie hors Chine, 13 % en Europe de l’Ouest, 11 % en Amérique.

La consommation mondiale était de 2,3 millions de t, en 1960.

Secteurs d’utilisation : en 2019, dans le monde.

Produits métalliques 37,5 % Véhicules à moteur 8,5 %
Ingénierie mécanique 29,1 % Équipements électriques 7,7 %
Construction 12,2 % Autres transports 4,9 %

Source : ISSF

En 2017, les biens de consommation et le secteur médical représentent 49 % de la consommation, la chimie, la pétrochimie et la production d’énergie, 16 %.

Utilisations diverses :

C’est la présence, à la surface de l’acier, d’une très mince couche passive d’oxyde de chrome (Cr2O3), de 2 à 5 nm d’épaisseur, qui assure la protection de l’acier inoxydable contre la corrosion.

  • Chimie : l’utilisation des aciers inoxydables a débuté en 1920, dans l’industrie de l’acide nitrique.
  • Produits ménagers : tambours de lave-linge, éviers, couverts, plats, etc. Nisshin Steel a mis au point un acier inoxydable bactéricide (avec 1,5 % de Cu) destiné à être utilisé dans les tambours de lave-linge.
  • Pièces de monnaie : utilisation d’environ 180 000 t/an, (Brésil…).
  • Casseroles : l’inox représente 21 % du marché français des casseroles, l’acier émaillé, 55 %. Producteur n°1 européen : Sitram, qui couvre 70 % du marché français, exporte 40 % de sa production réalisée dans l’usine de St-Benoît-du-Sault (36). Possède également une usine à Shanghaï (Chine).
  • Bâtiment : en France, 3 millions de m2 de toits sont recouverts d’inox. Exemples parisiens : le Palais de Justice et la gare du Nord. Utilisation en architecture : façade de l’Opéra Bastille. En France, le bâtiment représente 10 % de la consommation d’aciers inoxydables.
  • Transports : métro de New-York, pots d’échappements.
  • Agro-alimentaire : industries du chocolat, des produits laitiers, cuves et fûts des brasseries, cuves viticoles (17 % du vin français est stocké dans de l’acier inoxydable). Pour être reconnu de qualité alimentaire, un acier inoxydable doit contenir plus de 13 % de Cr. En vinification, l’acier AISI 304 (CrNi 18-10) est plutôt employé pour les vins rouges, l’acier AISI 316L (CrNiMo 17-12) pour les vins blancs (contenant du SO2).
  • Fûts à bière : 70 % des fûts sont en acier inoxydable, 20 % en aluminium, 10 % en bois. En Europe de l’Ouest, le marché est de 3,7 millions d’unités/an dont 250 000 en France. La consommation mondiale d’acier inoxydable dans ce secteur est de 30 000 t/an.

Bibliographie

 

 

 

Zircone

Données physico-chimiques

Données atomiques

Formule Masse molaire Moment dipolaire Minéral Structures cristallines
ZrO2 123,22 g.mol-1 7,80 D baddeleyite
  • monoclinique de paramètres a = 0,5156 nm, b = 0,5191 nm, c = 0,5304 nm et angle bêta = 98,88° jusqu’à 1 173°C puis
  • quadratique de paramètres a = 0,5094 nm et c = 0,5124 nm jusqu’à 2 370°C puis
  • cubique de paramètre a = 0,5124 nm

 

Données physiques

Masse volumique Dureté Température de fusion Température d’ébullition Solubilité dans l’eau
5,89 g.cm-3 8 à 8,5 2 715°C 4 300°C insoluble

Données thermodynamiques

Zircone monoclinique :

  • Enthalpie molaire standard de formation à 298,15 K : -1 101 kJ.mol-1
  • Enthalpie libre molaire standard de formation à 298,15 K : -1 043,2 kJ.mol-1

 

  • Entropie molaire standard à 298,15 K : S° = 50,4 J.K-1mol-1
  • Capacité thermique molaire sous pression constante à 298,15 K : Cp° = 56,2 J.K-1mol-1
  • Enthalpie molaire standard de fusion à la température de fusion : 87 kJ.mol-1

Données industrielles

Matières premières

Minerais : la zircone, oxyde de zirconium (ZrO2), se rencontre naturellement, c’est la baddeleyite, mais il n’existe qu’une seule exploitation industrielle, à Kovdorskiy, dans la péninsule de Kola, en Russie. La mine à ciel ouvert, exploitée par Eurochem, dans la région de Mourmansk, produit 5,8 millions de t/an de minerai de magnétite (Fe3O4), 2,8 millions de t/an d’apatite (renfermant de 37 à 38 % de P2O5) et 8 000 t/an de baddeleyite, renfermant de 98 à 99,3 % de ZrO2 et HfO2. La teneur du minerai est de 0,14 à 0,17 % de ZrO2, le concentré de baddeleyite étant récupéré par flottation. En 2019, la production de concentrés de baddeleyite est de 6 300 t, celle de concentré d’apatite de 2,3 millions de t et celle de concentrés de minerai de fer, renfermant 63,5 % de Fe, de 5,6 millions de t.
La société Alkane Resources développe un projet, en Australie, en Nouvelle Galle du Sud, d’exploitation de la mine de Dubbo, qui renferme du silicate de zirconium hydraté, du niobium, du tantale, des terres rares. La construction des infrastructures a débuté en 2017. La production prévue est de 16 374 t/an de ZrO2, 50 t/an de HfO2, 1 967 t/an de niobium contenu dans du ferronobium (à 65 % de Nb), 6 664 t/an d’oxydes de terres rares. Les réserves sont de 18,9 millions de t renfermant 1,85 % de ZrO2, 0,04 % de HfO2, 0,440 % de Nb2O5, 0,029 % de Ta2O5, 0,136 % de Y2O3, 0,735 % d’oxydes de terres rares.
Le gisement présente la particularité de renfermer du zirconium et du hafnium en l’absence de titane comme pour les gisements habituels de zircon. Le traitement du minerai fera appel à des opérations hydrométallurgiques qui permettront de séparer le zirconium du hafnium et d’obtenir directement le zirconium sous forme d’oxyde ou d’oxychlorure.

La production de baddeleyite n’étant pas suffisante pour satisfaire les besoins, la zircone est principalement préparée à partir du zircon.

Préparation industrielle

La zircone est élaborée selon trois voies principales :

  • Une première voie consiste à préparer la zircone sous forme fondue, par réduction du zircon à l’aide de carbone, dans un four électrique à arc, vers 2 800°C. La réaction est la suivante :

ZrSiO4 + 4 C = ZrC + SiO(g) + 3 CO(g)

La silice du zircon est réduite en monoxyde de silicium (SiO) volatil qui, à l’air, hors du four, se réoxyde en fumée de silice.
Le carbure de zirconium est ensuite grillé à l’air, vers 700°C, pour donner de la zircone d’une pureté de 98 à 99 % en ZrO2 + HfO2.

  • Une deuxième voie consiste à réaliser une fusion alcaline du zircon, à l’aide d’hydroxyde ou de carbonate de sodium. Par exemple en présence d’hydroxyde de sodium, à 650°C, la réaction est la suivante :

ZrSiO4 + 4 NaOH = Na2ZrO3 + Na2SiO3+ 2 H2O(g)

Après refroidissement, le mélange de zirconate de sodium et de métasilicate de sodium est broyé puis en présence d’eau, le métasilicate passe en solution et le zirconate de sodium s’hydrolyse pour donner un précipité de zircone hydratée selon la réaction :

Na2ZrO3 + x H2O = ZrO2,(x-1)H2O + 2 (Na+ + OH)

La zircone hydratée est ensuite calcinée pour donner la zircone. La pureté obtenue est de 99,9 % en ZrO2 + HfO2.

  • Une troisième voie, dérive de la fabrication du zirconium, par carbochloration, à 1 100°C, en lit fluidisé selon la réaction :

ZrSiO4 + 4 Cl2(g) + 4 C = ZrCl4(g) + SiCl4(g) + 4 CO(g)

Par refroidissement en dessous de 200°C, le tétrachlorure de zirconium cristallise et est ainsi séparé du tétrachlorure de silicium qui reste gazeux.

En présence d’eau, le tétrachlorure de zirconium donne de l’oxychlorure ZrOCl2 qui par calcination à l’air donne la zircone.

ZrCl4 + H2O = ZrOCl2 + 2 HCl

Transformations de phases de la zircone et stabilisation de la forme cubique ou quadratique :
A la température ambiante, la zircone se présente normalement sous une forme monoclinique. Elle se transforme en phase quadratique à 1170°C puis en phase cubique 2370°C avant de fondre à 2715°C. La mise en forme des matériaux céramiques en zircone s’effectuant, en général, par frittage vers 1500°C, dans le domaine de stabilité de la phase quadratique, lors du refroidissement, la transformation quadratique-monoclinique aura lieu, vers 1070°C, avec une augmentation de volume de 3 à 4 %, se traduisant par l’apparition de fissures et d’un possible éclatement du matériau. En conséquence, il est nécessaire de stabiliser, à la température ambiante une forme haute température, cubique ou quadratique. Pour cela, on ajoute à la zircone de l’oxyde d’yttrium (Y2O3), de magnésium (MgO), de calcium (CaO) ou de cérium (CeO2). Les teneurs ajoutées sont, par exemple, de 3 % en mole pour stabiliser la phase quadratique avec Y2O3 et de 14 % en mole pour stabiliser la forme cubique.

Les ajouts stabilisant les formes hautes températures sont introduits lors de l’élaboration de la zircone, par voie fondue avec le zircon, dans le four à arc ou après la fusion alcaline par coprécipitation avec la zircone hydratée.

Production

En 2019, elle est estimée à 75 000 t de zircone fondue non stabilisée, 25 000 t de zircone fondue stabilisée et 40 000 t de qualité chimique.

Producteurs

Imerys produit de la zircone électrofondue en Allemagne à Lanfenburg, aux États-Unis à Greeneville dans le Tennessee, ainsi qu’en Chine à Gaoxin, dans la province de Shandong et à Zhongguan, dans la province de Zhejiang.

Saint-Gobain avec sa filiale ZirPro produit de la zircone en France, au Pontet (84), en Chine, à Handan dans la province du Hebei, en Australie, à Brisbane et aux États-Unis, à Bow, dans le New Hampshire.

Cumi (Carborundum Universal Limited), filiale du groupe indien Murugappa, possède une capacité de production de zircone fondue de 10 000 t/an en Inde à Kochi dans l’État du Kerala et en Afrique du Sud à Phalaborwa au travers de sa filiale Foskor Zirconia qui produit 5 000 t/an.

Doral, filiale du groupe japonais Iwatani, produit de la zircone fondue, en Australie occidentale à Rockingham, près de Perth. Par ailleurs exploite une mine près de Bunbury avec une production de 110 000 t/an d’ilménite, 25 000 t/an de leucoxène et concentré de rutile et 15 000 t/an de zircon et a acquis, en juillet 2019, la mine de Keysbrook en Australie de l’Ouest avec des réserves prouvées et probables de 57,6 millions de t renfermant 2,2 % de minéraux denses composés de 11,7 % de zircon et 81,6 % de leucoxène.

Tosoh produit de la zircone au Japon dans ses complexes de Nanyo et de Yokkaichi.

Utilisations

Consommation : 175 000 t en 2017.

Secteurs d’utilisation :
Les principales utilisations de la zircone sont comme produits réfractaires, supports de catalyseurs et abrasifs.
Des applications plus spécifiques sont les suivantes :

  • Un traitement de surface par dépôt de zircone sur les particules de dioxyde de titane employées comme pigment permet d’améliorer la durabilité des peintures extérieures.
  • La zircone est biocompatible et après frittage est utilisée pour élaborer des prothèses dentaires et des têtes fémorales pour l’articulation de la hanche.
  • Du fait de sa dureté, utilisée pour fabriquer des lames de couteaux.
  • Employée comme additif dans des plaquettes de freins.
  • Conducteur ionique à haute température, la zircone est employée comme sonde à oxygène pour réguler l’apport en dioxygène dans les pots catalytiques.
  • Sous forme cubique, employée comme imitation du diamant. Toutefois, sa dureté est plus faible – 8 à 8,5 au lieu de 10 dans l’échelle de Mohs – sa densité plus élevée, de 70 %, et elle ne présente pas de défauts visibles sous grossissement comme le diamant.
    L’élaboration, en présence d’oxyde d’yttrium et éventuellement de divers dopants permettant une coloration, est réalisée par chauffage au dessus du point de fusion, 2715°C, dans un auto-creuset refroidi extérieurement par circulation d’eau et chauffé par induction. Un refroidissement lent permet l’obtention de monocristaux.
    La production mondiale de tels monocristaux est d’environ 300 t/an.

Bibliographie

Zircon

Données physico-chimiques

Données atomiques

Formule Masse molaire Structure cristalline
ZrSiO4 183,30 g.mol-1 quadratique de paramètres a = 0,6607 nm et c = 0,5982 nm

Données physiques

Masse volumique Dureté Température de fusion Solubilité dans l’eau
4,56 g.cm-3 7,5 2 550°C insoluble

Données industrielles

Matières premières

Minerais : de formule ZrSiO4, le zircon renferme du hafnium, généralement avec un rapport massique entre Zr et Hf de 50 pour 1. Le zircon peut renfermer également du thorium et de l’uranium radioactifs. Leur teneur (U + Th) dans le zircon commercialisé doit être inférieure à 500 ppm. La présence de ces éléments radioactifs permet par ailleurs de dater la formation des roches renfermant des cristaux de zircon, ceux-ci résistant bien à l’érosion.

Il se rencontre, associé au dioxyde de titane et à des oxydes de fer, dans des sables, en général, dans l’hémisphère sud.
Le zircon, ainsi que les oxydes de titane fait partie de la famille des minéraux denses, ceux-ci possédant une densité supérieure à 2,87. Provenant de l’érosion de roches, ils se rassemblent souvent dans des placers, comme l’or également dense, sous forme de sables, présents en bordure de côtes (Australie, Afrique du Sud, Inde, Mozambique, Madagascar, Sénégal, Ukraine), avec une épaisseur d’une dizaine de mètres. Sous l’action du vent ces sables peuvent avoir formé des dunes, d’une centaine de mètres de hauteur, par exemple dans la province de KwaZulu-Natal, en Afrique du Sud.
L’oxyde de titane est associé aux oxydes de fer dans l’ilménite, oxyde mixte de formule (TiO2,FeO,Fe2O3) et se présente aussi sous forme de rutile (TiO2) ou de leucoxène (ilménite altérée).
Les teneurs de ces sables en minéraux denses (zircon, ilménite, rutile…) varient de 0,5 à plus de 20 % et celle des minéraux denses en zircon de 1 à 50 %. En général, le rapport massique entre le dioxyde de titane et le zircon est compris entre 4 et 5 pour 1, sauf pour la mine de Jacinth-Ambrosia, en Australie, dans laquelle les teneurs sont sensiblement égales.

Minéralurgie :
Lorsque le minerai se présente sous forme de sables, en bord de mer, l’extraction a lieu à l’aide de dragues flottantes. Dans le cas de dunes fossiles, de puissants jets d’eau permettent d’entraîner le minerai.

La première étape de traitement, après l’extraction, consiste à éliminer les impuretés organiques, les argiles, le quartz et les autres minéraux légers. Cette opération est réalisée, en voie humide, par tamisage, séparation par un hydrocyclone puis par gravité, à l’aide de séries de spirales qui permettent d’éliminer, en particulier, le quartz. Ce triage gravimétrique utilise les différences de densité entre les minéraux denses (4,5 à 5,0 pour l’ilménite, 4,2 à 4,3 pour le rutile, 4,7 pour le zircon) et les autres minéraux présents, principalement le quartz de densité 2,65.
Le produit obtenu est un concentré de minéraux denses qui contient jusqu’à 98 % de minéraux denses. Cette étape est réalisée sur le lieu d’extraction minière. Les conditions d’exploitation permettent des arrêts momentanés de la production et sa reprise rapide en fonction des besoins.

Une deuxième étape permet, à partir du concentré de minéraux denses, de séparer, à sec, les divers minéraux contenus : ilménite, rutile, leucoxène, zircon. Cette opération est effectuée à l’aide de procédés physiques utilisant les différences de propriétés magnétiques et électriques des divers minéraux. Sous champ magnétique, le rutile et le zircon qui ont une faible susceptibilité magnétique sont séparés de l’ilménite et du leucoxène, à forte susceptibilité magnétique. Ensuite, le zircon et le rutile sont séparés par voie électrostatique, le zircon n’étant pas conducteur, contrairement au rutile.

Le zircon commercialisé a une teneur de 65 à 66,9 % exprimée en ZrO2 + HfO2, avec de 0,5 à 2 % de HfO2. La teneur théorique du zircon pur, exprimée en ZrO2, est de 67,22 % en masse.

Différentes qualités. On distingue :

  • La qualité premium : avec une teneur minimale de 66,0 % exprimée en ZrO2 + HfO2 et de faibles teneurs en TiO2 et Fe2O3.  Elle est destinée à la production de céramiques de bonne qualité et à des utilisations en fonderie de précision.
  • La qualité standard :  avec une teneur minimale de 65,0 % exprimée en ZrO2 + HfO2 et des teneurs en impuretés variables destinée à l’impression numérique sur céramiques, à la fonderie, à la production de céramiques de moins bonne qualité et à la production de composés chimiques.
  • Les concentrés de zircon, renfermant de 25 à 50 % exprimée en ZrO2 + HfO2. Ceux-ci sont des résidus non magnétiques de concentration, de moindre valeur.

En 2019, les ventes de la société Iluka qui ont porté sur 274 000 t concernaient à 42 % la qualité premium, 28 % la qualité standard et à 30 % les concentrés de zircon.

Productions minières

En 2019. Monde : 1,400 million de t de minerais de zircon et de leurs concentrés.

en milliers de t de zircon
Australie 550 Sénégal 70
Afrique du Sud 370 Mozambique 50
États-Unis 100 Kenya 50
Chine 80

Source : USGS

En Australie, les gisement sont principalement exploités par Iluka et Tronox (voir ci-dessous). Par ailleurs, en 2015 a débuté l’exploitation par MZI Resources de la mine de Keysbrook, en Australie de l’Ouest à 70 km au sud de Perth. En 2017-18, la production a été de 20 621 t de zircon et 54 060 t de leucoxène. Les réserves prouvées et probables sont de 57,6 millions de t renfermant 2,2 % de minéraux denses composés de 11,7 % de zircon et 81,6 % de leucoxène. En juillet 2019, la mine a été acquise par Doral Mineral Sands, filiale du groupe japonais Iwatani.

En Afrique du Sud, les gisements sont principalement exploités par Tronox et Rio Tinto (voir ci-dessous). Par ailleurs, début 2014 a débuté la production de la mine de Tormin, sur la côte ouest de l’Afrique du Sud, à 400 km au nord du Cap. Exploitée par la société australienne Mineral Commodities (MRC), en 2019, la production a été de 9 934 t de concentré de zircon et rutile renfermant 61,74 % de zircon et 15,36 % de rutile, 49 937 t de concentré d’ilménite et 179 057 t de concentré de grenats.

Aux États-Unis, la production provient de deux mines, exploitées par Chemours (voir ci-dessous). Par ailleurs, Twin Pines Minerals exploite les terrils issus de l’exploitation par Chemours de la mine de Starke, la production devant cesser mi-2020.

Pour plus de précisions voir également le chapitre dioxyde de titane.

Commerce international : de minerais de zirconium et de leurs concentrés, en 2019.

Principaux pays exportateurs.

en tonnes
Australie 701 000 États-Unis 64 403
Afrique du Sud 341 422 Sierra Leone 50 548
Sénégal 88 773 Kenya 48 589
Mozambique 79 000 Madagascar 28 500
Indonésie 73 017 Pays Bas 20 417

Source : ITC

Les exportations de l’Australie sont destinées à 82 % à la Chine, 5 % à l’Espagne.

Principaux pays importateurs sur un total de 1 627 051 t.

en tonnes
Chine 1 181 051 Pays Bas 30 231
Espagne 106 266 Japon 26 226
Inde 56 862 Malaisie 23 508
Italie 43 131 France 19 311
États-Unis 34 732 Belgique 13 749

Source : ITC

Les importations chinoises proviennent à 49 % d’Australie, 19 % d’Afrique du Sud, 6 % du Mozambique.

Réserves : en 2019. Monde : 62 millions de t de ZrO2 contenu.

en milliers de t de ZrO2 contenu
Australie 42 000 Kenya 1 200
Afrique du Sud 6 500 États-Unis 500
Mozambique 1 800 Chine 500

Source : USGS

Producteurs

En 2019, répartition de la production mondiale de zircon sur un total d’environ 1,2 million de t.

Iluka (Australie, États-Unis) 27 % Chemours (États-Unis) 13 %
Tronox/Cristal (Afrique du Sud, Australie, Brésil) 19 % TiZir (Sénégal) 5 %
Rio Tinto (Afrique du Sud, Madagascar) 16 % Kenmare (Mozambique 4 %

Sources : Iluka et rapports des sociétés

Les principaux producteurs de zircon sont également producteurs de minerais de dioxyde de titane : ilménite, rutile et leucoxène.

  • Iluka Resources a produit, en 2019, 322 100 t de zircon, 318 600 t d’ilménite, 184 100 t de rutile. Les exploitations minières sont situées en Australie et depuis fin 2016 en Sierra Leone. Depuis fin 2015, la production des États-Unis, en Virginie, est terminée.
    • En Australie, la mine de Cataby entrée en production en avril 2019, dans la région de Perth, dans l’ouest a produit 53 500 t de zircon, 152 400 t d’ilménite et 15 600 t de rutile et celles de Jacinth-Ambrosia, dans le bassin d’Eucla, dans le sud, ont produit 260 200 t de zircon, 107 000 t d’ilménite et 31 200 t de rutile. Les concentrés produits ont approvisionné les usines de Capel et de Narngulu, au sud et au nord de Perth. Les réserves prouvées et probables sont de 231 millions de t de minerai renfermant 5,6 % de minéraux denses à 56 % d’ilménite, 18 % de zircon et 3 % de rutile.
    • En Sierra Leone, la société Sierra Rutile, a été acquise en décembre 2016. En 2019, la production a été de 8 500 t de zircon, 137 200 t de rutile et 59 200 t d’ilménite. Les réserves prouvées et probables sont de 272 millions de t renfermant 1,3 % de rutile.
  • Tronox possède, en 2019, une capacité de production de 294 000 t/an de zircon, 170 000 t/an de rutile et leucoxène, 220 000 t/an de rutile synthétique, 410 000 t/an de laitier de dioxyde de titane, 220 000 t/an de fonte. La société exploite 5 mines, après l’achat, en avril 2019, des activités dans les minéraux denses et le dioxyde de titane de la société d’Arabie Saoudite Cristal :
    • En Australie de l’ouest, à Cooljarloo, au nord de Perth, le minerai est exploité à l’aide de 2 dragues et séparé et traité à Chalanda avec une capacité de production de 40 000 t/an de zircon, 220 000 t/an de rutile synthétique, 15 000 t/an de rutile et 20 000 t/an de leucoxène. Les réserves prouvées et probables sont de 416 millions de t renfermant 1,8 % de minéraux denses composés de 60,8 % d’ilménite, 7,9 % de rutile et leucoxène et 10,9 % de zircon.
    • En Australie de l’ouest, dans le bassin de Perth, la mine de Wonnerup acquise auprès de Cristal possède une capacité de production de 9 000 t/an de zircon et 10 000 t/an de rutile et leucoxène. Les réserves prouvées et probables sont de 21 millions de t renfermant 5,5 % de minéraux denses à 71,8 % d’ilménite, 16,9 % de rutile et leucoxène, 9,6 % de zircon.
    • En Nouvelle Galles du Sud, les mines de Ginkgo et Snapper, issues de l’achat de Cristal, dans le bassin de Murray possèdent une capacité de production de 65 000 t/an de zircon et 70 000 t/an de rutile et leucoxène. Les réserves prouvées et probables sont de 74 millions de t renfermant 2,1 % de minéraux denses à 41,7 % d’ilménite, 28,6 % de rutile et leucoxène, 12,1 % de zircon.
    • En Afrique du Sud, avec une participation de 74 % dans la société KZN Sands, à Fairbreeze, dans le KwaZulu-Natal, le minerai étant extrait sous l’action de jets d’eau à haute pression, avec des réserves prouvées et probables de 2.33 millions de t contenant 5,7 % de minéraux denses composés de 61,7 % d’ilménite, 7,2  % de rutile et leucoxène et 7,7 % de zircon, puis séparé et transformé à Empangeni avec une capacité de production de 55 000 t/an de zircon, 220 000 t/an de slag, 121 000 t/an de fonte et 25 000 t/an de rutile.
    • A Brand-se-Baai, 35 km au nord du Cap, sur le gisement de Namakwa, avec des réserves prouvées et probables de 748 millions de t renfermant 6,1 % de minéraux denses contenant 48,1 % d’ilménite, 10,2 % de rutile et leucoxène et 10,5 % de zircon, le minerai est traité à Saldanha avec une capacité de production de 125 000 t/an de zircon, 190 000 t/an de slag, 100 000 t/an de fonte et 30 000 t/an de rutile et leucoxène.
    • Au total, avec les mines planifiées et en projet, les réserves prouvées et probables de Tronox sont de 1,648 milliard de t renfermant 4,7 % de minéraux denses à 52,5 % d’ilménite, 10,3 % de rutile et leucoxène et 10,2 % de zircon.
    • Au Brésil, la mine de Paraiba, acquise auprès de Cristal est, début 2020, en fin de vie.
  • Rio Tinto, produit du zircon en Afrique du Sud et à Madagascar :
    • En Afrique de Sud, la production est effectuée dans la province de KwaZulu-Natal, par la société Richard’s Bay Minerals, filiale, à 74 % de Rio Tinto, qui extrait, depuis 1977, le zircon, l’ilménite et le rutile de sables côtiers avec une capacité de production de 250 000 t/an de zircon. Les réserves sont de 1,5 milliard de t renfermant 0,3 % de zircon et 2,4 % de TiO2.
    • A Madagascar, la production est réalisée à Fort Dauphin, au sud-est de l’île, par la société QIT Madagascar Minerals détenue à 80 % par Rio Tinto, avec une capacité de 60 000 t/an de zirsill, mélange de zircon et de sillimanite (Al2SiO5). Le sable extrait, qui contient 95 % de quartz et 5 % de minéraux denses, est dragué sur une profondeur de 20 m, au rythme de 22 millions de t/an. Les réserves sont de 382 millions de t renfermant 0,2 % de zircon et 3,5 % de TiO2.
  • Chemours, exploite deux mines, l’une en Floride, près de Starke, depuis 1949, l’autre à Folkston, en Géorgie, acquise, en août 2019, auprès de Southern Ionics. Les capacités de production de Southern Ionics sont de 31 700 t/an de zircon, 63 000 t/an d’ilménite, 35 900 t/an de rutile et 16 700 t/an de leucoxène.
  • TiZir a d’abord été une joint-venture 50-50 entre Eramet, à travers sa filiale Eramet Titanium & Iron, et Mineral Deposit Limited pour exploiter, par la filiale Grande Côte Opérations (GCO), des sables sénégalais puis le 1er juillet 2018, Eramet a pris le contrôle total de TiZir. La production du gisement sénégalais  a débuté au cours de l’année 2014. En 2019, la production a été de 58 400 t de zircon, 22 300 t de concentrés de zircon, 492 000 t d’ilménite et 10 100 t de rutile et leucoxène. Le gisement, situé à 50 km au nord de Dakar, s’étend sur 100 km de côte et 4 km de largeur. Ses réserves prouvées et probables sont de 1,320 milliard de t contenant 1,5 % de minéraux valorisables à 70,0 % d’ilménite, 10,3 % de zircon, 3,2 % de leucoxène et 2,5 % de rutile.
  • Kenmare, exploite la mine de Moma, sur le dépôt de Namalope, au Mozambique. En 2019, la production a été de 87 100 t de zircon, 892 900 t d’ilménite et 8 300 t de rutile, à l’aide de deux dragues. Les réserves sont de 1,584 milliard de t de sable contenant 2,7 % d’ilménite, 0,18 % de zircon et 0,060 % de rutile.
  • Début 2014 a débuté la production de la mine de Kwale, au Kenya, par la société australienne Base Resources. En 2019, la production a été de 31 941 t de zircon, 519 t de concentrés de zircon, 402 698 t d’ilménite et 92 393 t de rutile. Les réserves prouvées et probables sont de 62 millions de t de minerai renfermant 3,8 % de minéraux denses constitués de 57 % d’ilménite, 13 % de rutile et 6 % de zircon.
    Développe, à Madagascar, sur de dépôt de Ranobe, le projet Toliara qui possède des ressources de 1,293 milliard de t renfermant 5,1 % de minéraux denses à 72 % d’ilménite, 6 % de zircon, 2 % de rutile. La production prévue, à compter de 2022, est de 806 000 t/an d’ilménite, 54 000 t/an de zircon et 8 000 t/an de rutile.
  • VV Minerals, exploite des sables, dans le Golfe de Mannar, au sud de l’Inde. Les capacités de production sont de 12 000 t/an de zircon, 225 000 t/an d’ilménite, 5 000 t/an de rutile et 150 000 t/an de grenats utilisés comme abrasifs.

Situation française

En 2019.
Pas de production.

Commerce extérieur :

Les exportations étaient de 3 494 t avec comme principaux marchés à :

  • 54 % l’Italie,
  • 21 % le Royaume Uni,
  • 12 % l’Autriche,
  • 4 % les Émirats Arabes Unis.

Les importations s’élevaient à 19 311 t en provenance principalement à :

  • 60 % d’Afrique du Sud,
  • 10 % du Sénégal,
  • 9 % du Mozambique.

Utilisations

Consommations : en 2019, elles sont, dans le monde, de 1,2 million de t de zircon.

Secteurs d’utilisation du zircon : répartition, en 2019.

Céramiques 52 % Fonderie 10 %
Produits chimiques et zircone
20 % Zirconium métal 1 %
Produits réfractaires 15 %
Source : Zircomet

Le zircon, dans l’industrie céramique est utilisé à 85 % dans la fabrication de carreaux, 14 % de produits sanitaires, 1 % de vaisselle. Broyé finement entre 5 et 9 µm, il entre dans la composition des émaux, à des teneurs comprises entre 6 et 15 % en masse, où il apporte un fort pouvoir opacifiant, une bonne résistance à l’abrasion et une bonne résistance aux agents chimiques.

Le zircon est la matière première de départ pour l’élaboration du zirconium, de la zircone et des divers autres composés du zirconium. L’élaboration de la zircone représente environ la moitié de la consommation, les autres produits chimiques l’autre moitié, le principal étant l’oxychlorure ZrOCl2,8H2O, utilisé par exemple comme anti-transpirant et comme précurseur des différents composés du zirconium. En 2017, la production mondiale d’oxychlorure est principalement effectuée en Chine avec 346 000 t/an.

Élaboré sous forme de briques, le zircon est employé dans des revêtements réfractaires de la sidérurgie et de l’industrie verrière. Il possède en particulier une grande résistance à la corrosion par le verre fondu.

En fonderie, le zircon, en poudre fine, est utilisé pour élaborer des moules pour le coulage de métaux fondus. Ses principales qualités dans ce domaine sont une grande stabilité thermique, un faible coefficient de dilatation thermique, une grande conductivité thermique et il n’est pas mouillé par les métaux fondus ce qui permet d’obtenir un bon état de surface des métaux moulés et un recyclage facilité pour le zircon.
Le zircon est également employé dans le moulage à la cire perdue.

Bibliographie

 

Dioxyde de titane

Données physico-chimiques

Données atomiques

Formule Masse molaire Structures cristallines
Rutile Anatase Brookite
TiO2 79,866 g.mol-1 quadratique, de paramètres : a = 0,459 nm et c = 0,296 nm quadratique, de paramètres :
a = 0,3785 nm et c = 0,9514 nm
Donne du rutile à 700°C
orthorhombique, de paramètres :
a = 0,546 nm, b = 0,919 nm et c = 0,514 nm

Données physiques

Masse volumique Température de fusion Température d’ébullition Solubilité dans l’eau
  • Rutile : 4,25 g.cm-3
  • Anatase : 3,89 g.cm-3
  • Brookite : 4,12 g.cm-3
1 855°C 2 500 à 3 000°C insoluble

Données thermodynamiques

Dioxyde de titane rutile :

  • Enthalpie molaire standard de formation à 298,15 K : -945,1 kJ.mol-1
  • Enthalpie libre molaire standard de formation à 298,15 K : -889,9 kJ.mol-1
  • Entropie molaire standard à 298,15 K : S° = 50,3 J.K-1mol-1
  • Capacité thermique molaire sous pression constante à 298,15 K : Cp° = 55 J.K-1mol-1

Dioxyde de titane gazeux :

  • Enthalpie molaire standard de formation à 298,15 K : -251,1 kJ.mol-1
Dioxyde de titane anatase :

  • Enthalpie molaire standard de formation à 298,15 K : -940,1 kJ.mol-1
  • Enthalpie libre molaire standard de formation à 298,15 K : -884,8 kJ.mol-1
  • Entropie molaire standard à 298,15 K : S° = 49,9 J.K-1mol-1
  • Capacité thermique molaire sous pression constante à 298,15 K : Cp° = 55,5 J.K-1mol-1

Données industrielles

Matières premières

La teneur moyenne de l’écorce terrestre est de 0,44 % en Ti.

Dans les minerais, le titane, oxydé, peut se présenter sous forme de dioxyde TiO2 « libre » appelé rutile mais le plus souvent il est associé au fer, également oxydé, sous forme d’oxydes mixtes dans des ilménites, ce qui exclut la séparation purement physique des deux éléments. Les minerais se présentent plutôt sous forme de roches dans l’hémisphère nord et de sables dans l’hémisphère sud.
Du zircon, silicate de zirconium, ZrSiO4, est souvent présent dans les minerais, dans un rapport de 1 pour 4 ou 5 de dioxyde de titane, et est récupéré. En 2014, la coproduction de zircon provenant des mines de dioxyde de titane a été de 1,1 million de t sur un total de 1,4 million de t.

Les minerais de titane, ainsi que le zircon, sont des minéraux lourds, de densité supérieure à 2,87. Provenant de l’érosion de roches, ils se rassemblent souvent dans des placers, comme l’or également dense, sous forme de sables, présents en bordure de côtes (Australie, Afrique du Sud, Inde, Kenya, Mozambique, Madagascar, Sénégal), sous une épaisseur d’une dizaine de mètres. Sous l’action du vent ces sables peuvent avoir formé des dunes, d’une centaine de mètres de hauteur, par exemple dans la province de KwaZulu-Natal, en Afrique du Sud.

Minerais

On distingue :

  • L’ilménite, oxyde mixte de formule (TiO2,FeO,Fe2O3) avec une teneur en TiO2 comprise entre 35 et 65 %. C’est le principal minerai de titane. Les ilménites contenant une fraction importante de fer (II) sont utilisées par le procédé sulfurique, celles contenant du fer (III) et de teneur élevée en dioxyde de titane, environ 60 %, peuvent être utilisées par le procédé au chlore.
  • Le rutile (TiO2) avec une teneur en TiO2 comprise entre 92 et 96 %. C’est un minerai plus rare, qui accompagne, dans les gisements, l’ilménite.
  • Autres : le leucoxène (ilménite altérée avec de 65 à 91 % de TiO2), l’anatase (TiO2), la pérovskite (CaTiO3).

Minéralurgie

Lorsque le minerai se présente sous forme de sables, en bord de mer, l’extraction a lieu à l’aide de dragues flottantes. Dans le cas de dunes fossiles, de puissants jets d’eau permettent d’entraîner le minerai.

  • La première étape de traitement, après l’extraction, consiste à éliminer les impuretés organiques, les argiles, le quartz et les autres minéraux légers. Cette opération est réalisée, en voie humide, par tamisage, séparation par un hydrocyclone puis par gravité, à l’aide de séries de spirales qui permettent d’éliminer, en particulier, le quartz. Ce triage gravimétrique utilise les différences de densité entre les minéraux denses (4,5 à 5,0 pour l’ilménite, 4,2 à 4,3 pour le rutile, 4,7 pour le zircon) et les autres minéraux présents, principalement le quartz de densité 2,65.
    Le produit obtenu est un concentré de minéraux « lourds ». Cette étape est réalisée sur le lieu de l’extraction minière.
  • Une deuxième étape permet, à partir du concentré de minéraux lourds, de séparer, à sec, les divers minéraux contenus : ilménite, rutile, leucoxène, zircon. Cette opération est effectuée à l’aide de procédés physiques utilisant les différences de propriétés magnétiques et électriques des divers minéraux. Le rutile et le zircon ont une faible susceptibilité magnétique contrairement à l’ilménite. Le zircon n’est pas conducteur, alors que le sont le rutile, le leucoxène et l’ilménite.

Le rutile et le leucoxène sont utilisés par le procédé au chlore d’élaboration du dioxyde de titane.
L’ilménite contenant de 58 à 62 % de TiO2 et du fer (III) peut être employée directement par le procédé au chlore, la société Chemours étant la seule à maîtriser cette utilisation.
L’ilménite pauvre (35 à 45 % de TiO2), peut être utilisée directement par le procédé sulfurique. Elle peut aussi subir des traitements thermiques et chimiques consistant à augmenter sa teneur en TiO2 ce qui peut permettre de l’utiliser dans le procédé au chlore mais aussi de limiter les consommations d’acide et le volume des rejets dans le procédé sulfurique.

Traitements pyrométallurgiques et hydrométallurgiques

Deux types de traitements de l’ilménite sont effectués.

  • L’un, pyrométallurgique à haute température, permet d’obtenir un laitier riche en TiO2 (75 à 85 % de TiO2), appelé slag, pouvant être utilisé par le procédé sulfurique et qui éventuellement après un traitement chimique complémentaire donnera du slag à haute teneur (upgraded slag, UGS), avec une teneur comprise entre 91 et 95 % et qui permettra son utilisation par le procédé au chlore. Ce traitement consiste à une purification à l’acide chlorhydrique, afin d’éliminer le calcium et le magnésium contenu.
  • L’autre, associant un traitement pyrométallurgique, en phase solide, à plus basse température, à un traitement hydrométallurgique, donne du rutile synthétique avec une teneur de 85 à 95 % de TiO2, pouvant être utilisé par le procédé au chlore.

Élaboration du slag : le minerai, additionné de charbon et de chaux, est traité dans un four électrique à arc, à 1600-1700°C, permettant d’atteindre la fusion. De la fonte est récupérée et valorisée en sidérurgie ainsi qu’un laitier, slag, riche en TiO2 (75 à 85 %).

Élaboration du rutile synthétique selon le procédé Becher : un premier traitement pyrométallurgique, à l’état solide, dans un four tournant, vers 1100°C, en présence de charbon, donnant du monoxyde de carbone, qui réduit l’oxyde de fer, permet de former du fer métallique. On obtient de l’ilménite réduite dans laquelle les particules de TiO2 d’environ 100 micromètres se recouvrent de particules de fer de quelques micromètres. Un second traitement, hydrométallurgique, consiste à mettre en suspension l’ilménite réduite dans de l’eau, en présence de chlorure d’ammonium, jouant un rôle de catalyseur, à une concentration d’environ 1 %, et à injecter de l’air qui oxyde les particules de fer, en fines particules d’oxyde de fer (III) de 0,1 à 10 micromètres de diamètre. Les deux types de particules, fines particules d’oxyde de fer (III) et particules plus grosses de TiO2, d’environ 100 micromètres, sont ainsi individualisées et peuvent être séparées dans un hydrocyclone. Enfin un dernier traitement par de l’acide sulfurique à 0,5 mol/L permet d’éliminer les particules d’oxyde de fer restantes. Le rutile synthétique obtenu a une teneur de 85 à 95 % de TiO2.

Productions minières

En 2019. Monde : 7,6 millions de t de TiO2 contenu dont 7 millions de t dans de l’ilménite et 600 000 t dans du  rutile.

en milliers de t de TiO2 contenu
Chine 2 350 dont 250 de rutile Ukraine 474 dont 94 de rutile
Afrique du Sud 930 dont 110 de rutile
Inde 334 dont 14 de rutile
Australie 800 dont 140 de rutile
Madagascar 300
Canada 690 Sénégal 299 dont 9 de rutile
Mozambique 598 dont 8 de rutile
Kenya 274 dont 74 de rutile

Source : USGS

Par ailleurs, la Sierra Leone a produit, en 2019, 120 000 t de rutile.

En Australie, 3 régions sont productrices : dans l’ouest (région de Perth), dans le sud (Bassin d’Eucla) et dans le sud-est (Bassin de Murray). L’Australie produit 13 % de la production mondiale d’ilménite, 30 % de celle de rutile.

En Afrique du Sud, 2 régions sont productrices, à l’ouest de la province du Cap et au sud-est, dans la province de KwaZulu-Natal.

Au Groenland, la société Bluejay Mining développe le projet Dundas, dans le nord-ouest de l’île qui possède des ressources de 117,3 millions de t de t de minerai particulièrement riche en ilménite avec une teneur de 6,1 % soit 2,9 % de TiO2. La production prévue, pour 2021, est de 440 000 t/an d’ilménite.

La production minière mondiale est constituée, en 2017, à 87 % d’ilménite, renfermant environ 50 % de TiO2, et à 13 % de rutile, renfermant environ 95 % de TiO2. Après traitements pyrométallurgiques et hydrométallurgiques destinés à accroître la teneur en TiO2 de l’ilménite, la production est constituée de 47 % d’ilménite, 36 % de slag, renfermant environ 80 % de TiO2, 10 % de rutile naturel et 7 % de rutile synthétique, renfermant environ 92 % de TiO2.

Producteurs : en 2017, répartition d’une capacité de production de 7,3 millions de t/an de TiO2 contenu.

en %
Producteurs chinois 29 % Kenmare 7 %
Rio Tinto 18 % Cristal 6 %
Iluka 8 % Base Resources 4 %
Tronox 8 %

Sources : Iluka

  • Le groupe chinois Lomon Billions exploite une mine d’ilménite, à Panzhihua, dans la province du Sichuan qui a produit, en 2019, 853 000 t d’ilménite et 3,519 millions de t de minerai de fer, l’ilménite étant traitée à Jiaozuo pour produire 300 000 t/an de slag et de rutile synthétique.
  • Rio Tinto Iron & Titanium (RTIT) : en 2019, la production minière de Rio Tinto a été de 1,206 million de t de TiO2 contenu.
    • Au Canada, la société Rio Tinto Fer et Titane (RTFT), filiale à 100 % de Rio Tinto, extrait, depuis 1950, à ciel ouvert à l’aide d’explosifs, du minerai d’ilménite rocheuse, au Lac Tio, à l’est du Québec, avec, en 2019, des réserves prouvées et probables de 149 millions de t de minerai renfermant de 32 à 36 % de TiO2. C’est le plus grand dépôt d’ilménite massive au monde. Le minerai est transporté sur 43 km par rail jusqu’au port du Havre-Saint-Pierre puis en bateaux sur 900 km sur le Saint-Laurent jusqu’à l’usine métallurgique de Sorel-Tracy, située au sud-ouest de la province, qui traite également du minerai malgache. La capacité de production de l’usine de Sorel-Tracy est de 1,3 million de t/an de TiO2 et 1 million de t/an de fonte avec 9 fours électriques à arc.
    • En Afrique de Sud, la production est effectuée dans la province de KwaZulu-Natal, par la société Richard’s Bay Minerals, filiale, à 74 % de Rio Tinto, qui extrait, depuis 1977, l’ilménite, le rutile et le zircon, de sables côtiers avec une capacité de production de 1 million de t/an d’ilménite et 250 000 t/an de zircon. Les réserves sont de 1,584 milliard de t renfermant 2,4 % de TiO2 et 0,3 % de zircon. La capacité de production de l’usine métallurgique est de 1,05 million de t/an de TiO2 sous forme de slag et 565 000 t/an de fonte.
    • A Madagascar, la production est réalisée à Fort Dauphin, au sud-est de l’île, par la société QIT Madagascar Minerals détenue à 80 % par Rio Tinto, avec une capacité de 750 000 t/an d’ilménite et de 60 000 t/an de zirsill, mélange de zircon et de sillimanite (Al2SiO5). Le sable extrait, qui contient 95 % de quartz et 5 % de minéraux denses, est dragué sur une profondeur de 20 m, au rythme de 22 millions de t/an. Les réserves sont de 405 millions de t renfermant 3,5 % de TiO2 et 0,2 % de zircon. L’ilménite produite contient 60 % de TiO2. La production est traitée au Canada dans l’usine métallurgique de Sorel-Tracy.
  • Iluka Resources a produit, en 2019, 318 600 t d’ilménite, 184 100 t de rutile et 322 100 t de zircon. Les exploitations minières sont situées en Australie et depuis fin 2016 en Sierra Leone. Depuis fin 2015, la production des États-Unis, en Virginie, est terminée.
    • En Australie, la mine de Cataby entrée en production en avril 2019, dans la région de Perth, dans l’ouest a produit 152 400 t d’ilménite, 15 600 t de rutile et 53 500 t de zircon, et celles de Jacinth-Ambrosia, dans le bassin d’Eucla, dans le sud, ont produit 107 000 t d’ilménite, 31 200 t de rutile et 260 200 t de zircon. Les concentrés produits ont approvisionné les usines de Capel et de Narngulu, au sud et au nord de Perth. Les réserves prouvées et probables sont de 231 millions de t de minerai renfermant 5,6 % de minéraux denses à 56 % d’ilménite, 18 % de zircon et 3 % de rutile.
    • En Sierra Leone, la société Sierra Rutile, a été acquise en décembre 2016. En 2019, la production a été de 8 500 t de zircon, 137 200 t de rutile et 59 200 t d’ilménite. Les réserves prouvées et probables sont de 272 millions de t renfermant 1,3 % de rutile.
  • Tronox possède, en 2019, une capacité de production de 170 000 t/an de rutile et leucoxène, 220 000 t/an de rutile synthétique, 410 000 t/an de laitier de dioxyde de titane, 220 000 t/an de fonte et 294 000 t/an de zircon. La société exploite 5 mines, après l’achat, en avril 2019, des activités dans les minéraux denses et le dioxyde de titane de la société d’Arabie Saoudite Cristal :
    • En Australie de l’ouest, à Cooljarloo, au nord de Perth, le minerai est exploité à l’aide de 2 dragues et séparé et traité à Chalanda avec une capacité de production de 220 000 t/an de rutile synthétique, 15 000 t/an de rutile, 20 000 t/an de leucoxène et 40 000 t/an de zircon. Les réserves prouvées et probables sont de 416 millions de t renfermant 1,8 % de minéraux denses composés de 60,8 % d’ilménite, 7,9 % de rutile et leucoxène et 10,9 % de zircon.
    • En Australie de l’ouest, dans le bassin de Perth, la mine de Wonnerup acquise auprès de Cristal possède une capacité de production de 10 000 t/an de rutile et leucoxène et 9 000 t/an de zircon. Les réserves prouvées et probables sont de 21 millions de t renfermant 5,5 % de minéraux denses à 71,8 % d’ilménite, 16,9 % de rutile et leucoxène, 9,6 % de zircon.
    • En Nouvelle Galles du Sud, les mines de Ginkgo et Snapper, issues de l’achat de Cristal, dans le bassin de Murray possèdent une capacité de production de 70 000 t/an de rutile et leucoxène et 65 000 t/an de zircon. Les réserves prouvées et probables sont de 74 millions de t renfermant 2,1 % de minéraux denses à 41,7 % d’ilménite, 28,6 % de rutile et leucoxène, 12,1 % de zircon.
    • En Afrique du Sud, avec une participation de 74 % dans la société KZN Sands, à Fairbreeze, dans le KwaZulu-Natal, le minerai étant extrait sous l’action de jets d’eau à haute pression, avec des réserves prouvées et probables de 233 millions de t contenant 5,7 % de minéraux denses composés de 61,7 % d’ilménite, 7,2  % de rutile et leucoxène et 7,7 % de zircon, puis séparé et transformé à Empangeni avec une capacité de production de 220 000 t/an de slag, 121 000 t/an de fonte, 25 000 t/an de rutile et 55 000 t/an de zircon.
    • A Brand-se-Baai, 35 km au nord du Cap, sur le gisement de Namakwa, avec des réserves prouvées et probables de 748 millions de t renfermant 6,1 % de minéraux denses contenant 48,1 % d’ilménite, 10,2 % de rutile et leucoxène et 10,5 % de zircon, le minerai est traité à Saldanha avec une capacité de production de 190 000 t/an de slag, 100 000 t/an de fonte, 30 000 t/an de rutile et leucoxène et 125 000 t/an de zircon.
    • Au total, avec les mines planifiées et en projet, les réserves prouvées et probables de Tronox sont de 1,648 milliard de t renfermant 4,7 % de minéraux denses à 52,5 % d’ilménite, 10,3 % de rutile et leucoxène et 10,2 % de zircon.
    • Au Brésil, la mine de Paraiba, acquise auprès de Cristal est, début 2020, en fin de vie.
  • Kenmare, exploite la mine de Moma, sur le dépôt de Namalope, au Mozambique. En 2019, la production a été de 892 900 t d’ilménite, 8 300 t de rutile et 87 100 t de zircon, à l’aide de deux dragues. Les réserves sont de 1,584 milliard de t de sable contenant 2,7 % d’ilménite, 0,18 % de zircon et 0,060 % de rutile.
  • TiZir a d’abord été une joint-venture 50-50 entre Eramet, à travers sa filiale Eramet Titanium & Iron, et Mineral Deposit Limited pour exploiter, par la filiale Grande Côte Opérations (GCO), des sables sénégalais puis le 1er juillet 2018, Eramet a pris le contrôle total de TiZir. La production du gisement sénégalais  a débuté au cours de l’année 2014. En 2019, la production a été de 492 000 t d’ilménite, 10 100 t de rutile et leucoxène, 58 400 t de zircon et 22 300 t de concentrés de zircon. Le gisement, situé à 50 km au nord de Dakar, s’étend sur 100 km de côte et 4 km de largeur. Ses réserves prouvées et probables sont de 1,320 milliard de t contenant 1,5 % de minéraux valorisables à 70,0 % d’ilménite, 10,3 % de zircon, 3,2 % de leucoxène et 2,5 % de rutile.
  • Début 2014 a débuté la production de la mine de Kwale, au Kenya, par la société australienne Base Resources. En 2019, la production a été de 402 698 t d’ilménite, 92 393 t de rutile, 31 941 t de zircon et 519 t de concentrés de zircon. Les réserves prouvées et probables sont de 62 millions de t de minerai renfermant 3,8 % de minéraux denses constitués de 57 % d’ilménite, 13 % de rutile et 6 % de zircon.
    Développe, à Madagascar, sur de dépôt de Ranobe, le projet Toliara qui possède des ressources de 1,293 milliard de t renfermant 5,1 % de minéraux denses à 72 % d’ilménite, 6 % de zircon, 2 % de rutile. La production prévue, à compter de 2022, serait de 806 000 t/an d’ilménite, 54 000 t/an de zircon et 8 000 t/an de rutile.
  • VV Minerals, exploite des sables, dans le Golfe de Mannar, au sud de l’Inde. Les capacités de production sont de 225 000 t/an d’ilménite, 5 000 t/an de rutile, 12 000 t/an de zircon et 150 000 t/an de grenats utilisés comme abrasifs.
  • En Ukraine, le Groupe DF exploite les mines de Motronivsk, Mezhdurechensk et Valki avec une capacité de production de 755 000 t/an d’ilménite, 65 000 t/an de rutile et 35 000 t/an de zircon.
  • Chemours, exploite deux mines, l’une en Floride, près de Starke, depuis 1949, l’autre à Folkston, en Géorgie, acquise, en août 2019, auprès de Southern Ionics. Les capacités de production de Southern Ionics sont de 63 000 t/an d’ilménite, 35 900 t/an de rutile, 16 700 t/an de leucoxène et 31 700 t/an de zircon.

Réserves : en 2019, dans le monde : 820 millions de t de TiO2 contenu dont 770 millions de t d’ilménite et 47 millions de t de rutile.

en millions de t de TiO2 contenu
Ilménite Rutile Ilménite Rutile
Australie 250 29 Afrique du Sud 35 6,1
Chine 230 Canada 31
Inde 85 7,4 Mozambique 14 0,88
Brésil 43 Madagascar 8,6
Norvège 37 Ukraine 5,9 2,5

Source : USGS

Principaux gisements et mines australiens, en 2016, document de Geoscience Australia.

Commerce international : en 2019.

Principaux pays exportateurs : sur un total de 5,967 millions de t de minerais et concentrés.

en milliers de t de minerais et concentrés
Mozambique 1 096
Madagascar 401
Afrique du Sud 1 063
Pays Bas 400
Sénégal 526 Vietnam 330
Ukraine 518 Corée du Sud 281
Kenya 414 Inde 234

Source : ITC

Les exportations du Mozambique sont destinées à 45 % à la Chine, 21 % aux États-Unis, 9 % à l’Espagne.

Principaux pays importateurs sur un total de 7,984 millions de t de minerais et concentrés.

en milliers de t de minerai et concentré
Chine 2 614
Norvège 307
États-Unis 1 069
Russie 305
Allemagne 693 Belgique 273
Pays Bas 546 Royaume Uni 202
Japon 414 Canada 173

Source : ITC

Les importations de la Chine proviennent du Mozambique à 35 %, du Kenya à 13 %, d’Australie à 13 %, de Corée du Sud à 11 %, du Vietnam à 11 %.

Consommation

En 2014, la consommation mondiale a été de 7,25 millions de t de TiO2 contenu, dont 3,4 millions de t destinées au procédé au chlore, 3,8 millions de t destinées au procédé sulfurique, 435 000 t destinées à la production de titane, 220 000 t destinées à l’élaboration de flux métallurgiques, 125 000 t destinées aux baguettes de soudure à l’arc.
En 2019, la consommation des États-Unis est de 1,4 million de t de TiO2 contenu.

Utilisations

Le dioxyde de titane est utilisé principalement comme pigment blanc, sa fabrication consomme environ 90 % de la production des minerais de titane. Les oxydes naturels, souvent fortement colorés, ne peuvent pas être utilisés directement. Environ 5 % des minerais de titane sont destinés à l’élaboration du titane et 5 % comme flux et soudures.

Fabrication industrielle

Pour le dioxyde de titane destiné à l’élaboration de pigments selon deux procédés, l’un sulfurique, l’autre au chlore.

Schéma des procédés sulfurique et au chlore : document de la société Iluka.

Procédé sulfurique :

C’est le procédé le plus ancien et encore actuellement très employé en Europe et en Chine. Il met en œuvre des ilménites pauvres (moins de 60 % en TiO2) ou des laitiers sidérurgiques (le rutile, insoluble dans l’acide sulfurique, ne peut pas être utilisé). En 2013, l’ilménite représente 73 % de la matière première utilisée, le slag, 27 %.
Le minerai, broyé, est attaqué par de l’acide sulfurique concentré à 85-92 %, vers 150°C. Ti (+IV), sous forme d’ion TiO2+, Fe2+ et Fe3+, passent en solution. Un ajout de fer permet de réduire les ions Fe3+ en Fe2+. Les boues (inattaquées) sont séparées par filtration ou décantation et, dans le cas du traitement des ilménites, une partie des ions Fe2+ est éliminée de la solution, lors du refroidissement, par cristallisation de FeSO4,7H2O (sel vert). Le traitement des slags (plus pauvres en Fe2+) évite, à ce stade, l’élimination des ions Fe2+ et réduit ainsi les rejets de sulfate ferreux (l’oxydation des ions ferreux, longtemps déversés en mer, donne des ions ferriques et des boues rouges). La solution de Ti (+IV) est concentrée et hydrolysée vers 110°C pendant plusieurs heures. Le gel d’hydroxyde (TiO(OH)2) obtenu est séparé par filtration, lavé puis calciné dans des fours tournants. L’introduction de germes d’anatase ou de rutile permet d’orienter la cristallisation.

La consommation d’acide sulfurique est comprise entre 2,2 et 4 t/t de TiO2.

Les rejets d’effluents étaient une source importante de pollution : pour 1 t de TiO2 produite à partir d’ilménite (à 54 % de TiO2), les rejets pouvaient atteindre : 2 t de H2SO4 dilué (à 20 %) et 4 t de FeSO4,7H2O. Mais, ces dernières années, des progrès importants ont été réalisés :

  • Par la cristallisation du sulfate de fer, avant hydrolyse. Par exemple, Tronox, à Thann, valorise le sulfate de fer FeSO4,7H2O ainsi cristallisé, directement ou après transformation en chlorosulfate de fer FeClSO4. Ces produits sont utilisés dans le traitement des eaux. Le seul effluent restant est constitué par les ions Fe2+ restant en solution après hydrolyse soit, exprimé en FeSO4,7H2O, 1,4 t par t de TiO2. La neutralisation de cet effluent, par du calcaire et de la chaux, permet d’éliminer les rejets d’acide et de fer. Après neutralisation on obtient du titanogypse, mélange de gypse (CaSO4,2H2O) et d’oxyhydroxydes de titane et de fer qui est valorisé dans la stabilisation des sols et l’industrie des ciments.
  • Par la mise en œuvre de slags qui permet de réduire fortement la consommation d’acide et donc la quantité d’acide et d’ions fer résiduels.
  • L’acide peut également être recyclé après élimination des ions fer en solution. Dans ce cas, du sulfate de fer est récupéré et peut être utilisé dans le traitement des eaux ou ajouté au sol de vignobles (particulièrement en Espagne). Tioxide Europe SAS, filiale du groupe américain Huntsman, a utilisé, à Calais avant la fermeture de l’usine, un procédé de recyclage de H2SO4 en sulfate de magnésium destiné à l’industrie des engrais.

Procédé au chlore :

C’est un procédé mis au point vers 1960, notamment par la société Du Pont de Nemours.
Ce procédé représentait 35 % des capacités mondiales de production en 1985, 55 à 60 % en 2012. Toute la production des États-Unis est effectuée selon ce procédé, 30 % de celle de l’Union européenne. En 2018, 52 % de la production provient du procédé sulfurique, avec le développement important de la production chinoise qui utilise principalement ce procédé et 48 % du procédé au chlore.

Il utilise des minerais riches en TiO2 pour limiter la production de chlorures gênants (FeCl3…) : ilménites riches (plus de 60 % de TiO2), laitiers (à plus de 85 % de TiO2) et rutile naturel ou synthétique. En 2013, le slag représente 46 % de la matière première utilisée, le rutile naturel, 21 %, l’ilménite, 18 %, le rutile synthétique, 15 %.
La chloration directe d’ilménites est maîtrisée seulement par Chemours. L’extraction du titane a lieu par carbochloration vers 800-1000°C selon la réaction :

TiO2 + 2 C + 2 Cl2 = TiCl4 + 2 CO

Le minerai est chauffé, en lit fluidisé, dans un courant d’air à environ 650°C. Le coke broyé est introduit au-dessus du minerai où il brûle en élevant la température. Quand la température de 800°C est atteinte, le dichlore est introduit à la place de l’air. La réaction est très exothermique. Le tétrachlorure de titane, TiCl4, est extrait sous forme gazeuse, sa température d’ébullition étant de 136°C, puis est condensé et purifié par distillation.

TiO2 est ensuite élaboré vers 1400°C, en présence de O2, selon la réaction :

TiCl4 + O2 = TiO2 + 2 Cl2

Le dichlore est recyclé. Ce procédé, utilisant une température élevée, ne conduit qu’à la formation de rutile (la forme stable à plus basse température étant l’anatase).

Les consommations varient selon les minerais traités : Cl2 (100 à 700 kg/t), coke (100 à 450 kg/t), O2 (450 à 500 kg/t).

Le procédé au chlore donne comme sous produit du chlorure ferrique (environ 0,5 t/t de TiO2) utilisé dans le traitement de l’eau.

Traitement de surface de TiO2 :

Les deux procédés conduisent à la production d’un pigment brut qui pour développer au mieux ses qualités pigmentaires doit subir un traitement de surface qui consiste à recouvrir chaque grain d’oxyde (d’environ 0,2 micromètres de diamètre) d’une ou plusieurs couches d’oxydes (de Si, Al, Zr…). La teneur en TiO2 du produit commercialisé est de 90 à 95 %.

Productions

En 2018, la production mondiale de TiO2 est estimée à 6,2 millions de tonnes dont 3,0 millions de t selon le procédé au chlore.

Capacités annuelles de production, en 2019. Monde : 7,66 millions de t/an.

en milliers de tonnes de capacités annuelles de production de TiO2 pigment
Chine 3 250 Mexique 300
États-Unis 1 370 Australie 260
Allemagne 472 Arabie Saoudite 210
Royaume Uni 315 Ukraine 120
Japon 314 Inde 108

Source : USGS

En 2018, la production de Union européenne est de 536 871 t dont 377 689 t, en Allemagne, celle des États-Unis, en 2019, est de 1,10 million de t, celle de la Chine, en 2018, de 2,954 million de t.

En 2017, il y a, en Chine, 41 producteurs, avec 2,83 millions de t/an de capacité de production dont 2,6 millions de t/an selon le procédé sulfurique. En 2018, la production de 2,954 millions de t, est constituée à 77,61 % de rutile et 17,18 % d’anatase, 5,21 % étant formé d’oxyde non pigmentaire.

Aux États-Unis, toutes les productions sont réalisées selon le procédé au chlore.

  • Chemours, issu de Du Pont, exploite 2 usines à De Lisle, dans le Mississippi, avec une capacité de 340 000 t/an et New Johnsonville, dans le Tennessee, avec une capacité de 400 000 t/an.
  • Tronox exploite une usine à Hamilton, dans le Mississippi, de 225 000 t/an de capacité.
  • Ineos a acquis l’usine de 220 000 t/an de capacité à Ashtabula, dans l’Ohio, exploitée précédemment par Cristal.
  • Louisiana Pigment, joint-venture entre Venator et Kronos exploite une usine de 150 000 t/an, à Lake Charles, en Louisiane.

En Europe, la production est assurée dans 16 usines, dont 14 dans l’Union européenne.

  • Tronox, à Thann, en France, selon le procédé sulfurique, à Stallingborough, au Royaume Uni, selon le procédé au chlore et à Botlek-Rotterdam, aux Pays Bas, selon le procédé au chlore.
  • Venator, société issue, en 2017, du groupe Huntsman, à Greatham, au Royaume Uni, selon le procédé au chlore, à Duisburg, selon la procédé sulfurique et Uergingen, selon le procédé sulfurique, en Allemagne, à Huelva, en Espagne, selon le procédé sulfurique, à Scarlino, en Italie, selon le procédé sulfurique.
  • Kronos, à Leverkusen, en Allemagne le procédé sulfurique et selon le procédé au chlore, à Nordenham, en Allemagne, selon le procédé sulfurique, à Fredrikstad, en Norvège, selon le procédé sulfurique et à Langerbrugge, en Belgique, selon le procédé au chlore.
  • Cinkarna Celje, à Mozirje, en Slovénie, selon le procédé sulfurique.
  • Precheza, à Prerov, en République tchèque, selon le procédé sulfurique.
  • Zaklady Chemiczne Police, société du groupe Azoty, à Czczecin, en Pologne, selon le procédé sulfurique.
  • Group DF, à Armyansk, au nord de la péninsule de Crimée, en Ukraine, a produit, en 2014, 101 000 t selon le procédé sulfurique.

Principaux producteurs : en 2019.

en milliers de t/an de capacité de production
Chemours (États Unis) 1 250 Venator (États-Unis) 652
Tronox (Royaume Uni) 1 078 Kronos (États-Unis) 560
Lomon Billions (Chine) 1 000
Sources : Tronox et rapports des sociétés
  • Les usines de Chemours sont situées aux États-Unis à De Lisle, dans le Mississippi, New Johnsonville, dans le Tennessee ainsi qu’au Mexique à Altamira et à Taipei chinois à Kuan Yin. Par ailleurs le groupe exploite la mine de Starke, en Floride et celle de Folkston, en Géorgie. Les capacités de production sont, en 2019, de 1,25 million de t/an.
  • Tronox exploite 9 usines, après l’acquisition de Cristal, en avril 2019, avec 1 078 000 t/an de capacité de production :
    • Selon le procédé au chlore, 940 000 t/an, aux États-Unis, à Hamilton, dans le Mississippi avec 225 000 t/an, aux Pays Bas, à Botlek-Rotterdam avec 90 000 t/an, en Australie de l’Ouest, à Kwinana avec 150 000 t/an et Kemerton avec 110 000 t/an, au Royaume Uni à Stallingborough avec 165 000 t/an, en Arabie Saoudite, à Yanbu avec 200 000 t/an.
    • Selon le procédé sulfurique, 138 000 t/an, en Chine, à Fuzhou, province de Jiangxi avec 46 000 t/an, au Brésil, à Salvador de Bahia avec 60 000 t/an et en France à Thann avec 32 000 t/an.
  • Le groupe chinois Lomon Billions a produit, en 2019, 630 000 t de TiO2 avec une capacité de production de 1 million de t/an avec 4 sites de production en Chine :
    • A Deyang dans la province du Sichuan avec une capacité de production de 250 000 t/an selon le procédé sulfurique.
    • A Xiangyang, dans la province du Hubei, avec une capacité de production de 130 000 t/an selon le procédé sulfurique.
    • A Jiaozuo, dans la province de Henan, avec une capacité de production de 220 000 t/an selon le procédé sulfurique et 265 000 t/an selon le procédé au chlore.
    • A Chuxiong, dans la province du Yunnan, avec une capacité de production de 60 000 t/an selon le procédé au chlore.
    • Par ailleurs exploite une mine d’ilménite, à Panzhihua, dans la province du Sichuan qui a produit, en 2019, 853 000 t d’ilménite et 3,519 millions de t de minerai de fer, l’ilménite étant traitée à Jiaozuo pour produire 300 000 t/an de slag et de rutile synthétique.
  • Venator, possède, en 2019, des capacités de production de 652 000 t/an avec 7 usines, à Greatham, au Royaume Uni, avec 150 000 t/an selon le procédé au chlore, à Duisburg, avec 100 000 t/an selon la procédé sulfurique et Uergingen, avec 107 000 t/an selon le procédé sulfurique, en Allemagne, à Huelva, en Espagne, avec 80 000 t/an selon le procédé sulfurique, à Scarlino, en Italie, avec 80 000 t/an selon le procédé sulfurique, à Teluk Kalung, en Malaisie, avec 60 000 t/an selon le procédé sulfurique et aux États-Unis, possède, en joint-venture avec Kronos la société Louisiana Pigment qui exploite une usine, avec 75 000 t/an pour chaque partenaire selon le procédé au chlore, à Lake Charles, en Louisiane. La production de l’usine française de Calais a été arrêtée en 2015 et celle de Umbogintwini, en Afrique du Sud, avec 25 000 t/an, fin 2016. L’usine de Pori, en Finlande, avec 130 000 t/an selon le procédé sulfurique a été détruite par un incendie en janvier 2017 et sa fermeture a été annoncée fin 2018.
  • Kronos, a produit, en 2019, 546 000 t de TiO2, avec l’exploitation de deux mines, en Norvège, à Hauge i Dalane, avec une capacité de 850 000 t/an de concentrés d’ilménite et 6 usines de production de TiO2, avec une capacité globale de 555 000 t/an, à Varennes, au Québec, au Canada, avec une capacité de 17 000 t/an selon le procédé sulfurique et 85 000 t/an selon le procédé au chlore, à Lake Charles, en Louisiane, aux États-Unis, en joint venture avec Venator, avec une capacité de production pour chaque partenaire de 75 000 t/an selon le procédé au chlore, à Leverkusen, en Allemagne, avec une capacité de 30 000 t/an selon le procédé sulfurique et 165 000 t/an selon le procédé au chlore, à Nordenham, en Allemagne, avec une capacité de 60 000 t/an selon le procédé sulfurique, à Fredrikstad, en Norvège, avec une capacité de 30 000 t/an selon le procédé sulfurique et à Langerbrugge, en Belgique, avec une capacité de 85 000 t/an selon le procédé au chlore. Les consommations, en 2019, ont été pour les usines fonctionnant selon le procédé au chlore de 523 000 t de slag ou de rutile et pour celles utilisant le procédé sulfurique, de 300 000 t d’ilménite et 24 000 t de slag.
  • Ishihara produit des pigments de TiO2, selon le procédé au chlore, au Japon, à Yokkaichi.

Commerce international : en 2019.
Principaux pays exportateurs sur un total de 296 562 t.

en tonnes
Chine 66 196 Italie 17 771
Inde 41 910 Belgique 15 076
Allemagne 35 336 Japon 14 147
Corée du Sud 25 535 Arabie Saoudite 12 862
France 22 821 Pays Bas 12 797

Source : ITC

Les exportations chinoises sont destinées à 20 % au Vietnam, 13 % au Brésil, 12 % à l’Inde, 8 % à l’Espagne.

Principaux pays importateurs :

en tonnes
États-Unis 26 579 Finlande 13 676
Allemagne 24 030 Brésil 13 495
Belgique 22 531 Japon 12 906
Vietnam 16 621 Pays Bas 12 581
Inde 15 830 Espagne 12 284

Source : ITC

Les importations des États-Unis proviennent à 34 % de Chine, 21 % du Canada, 12 % d’Allemagne, 9 % d’Inde.

Situation française

Minerais

Production : il n’y a pas de production française. Il existe toutefois des gisements de rutile en Bretagne.

Commerce extérieur : en 2019.

Les exportations de minerais et concentrés étaient de 5,4 t avec comme principal marché à :

  • 55 % les Pays Bas,
  • 44 % la Pologne.

Les importations de minerais et concentrés s’élevaient à 48 317 t en provenance principalement à :

  • 86 % du Brésil,
  • 7 % d’Ukraine.

Pigments de dioxyde de titane

Production, en 2016 : 39 526 t, selon le procédé sulfurique.

Producteurs :

  • Tronox, à Thann (68), avec une capacité de production de 32 000 t/an selon le procédé sulfurique. L’usine de Thann fut, en 1922, la première usine au monde productrice de TiO2.
  • Venator, qui a repris les activités du groupe Huntsman dans le dioxyde de titane et exploitait l’usine Tioxide, à Calais (62), a arrêté, en 2015, l’extraction du dioxyde à partir de minerai, la production se limitant ensuite à des activités de finition du dioxyde de titane élaboré ailleurs. Fin 2017, toute production a cessé et l’usine a fermé.

Commerce extérieur : en 2019.

Les exportations étaient de 22 821 t avec comme principaux marchés à :

  • 50 % la Belgique,
  • 26 % l’Allemagne,
  • 5 % la Chine.

Les importations s’élevaient à 7 613 t en provenance principalement à :

  • 40 % d’Allemagne,
  • 19 % de Belgique,
  • 18 % de Chine,
  • 10 % du Royaume Uni.

Utilisations

Propriétés :

TiO2 est le meilleur des pigments blancs. L’indice de réfraction du rutile, pour une longueur d’onde de 590 nm, est de 2,70, celui de l’anatase de 2,55. Pour comparaison : diamant (2,45), ZnS (2,38), ZnO (2,2), NaCl (1,54). TiO2 présente pour le spectre de la lumière visible un coefficient de diffusion élevé sans zone d’absorption. 96 % de la lumière incidente est réfléchie.

TiO2 est chimiquement inerte, donc très stable et non toxique chimiquement. Toutefois, du fait de son emploi parfois sous forme de nanoparticules, il a été classé par l’Union européenne comme susceptible d’être cancérigène.

Consommations : en 2018. Monde : 6,7 millions de t. Répartition, en 2017 :

Chine 34 % Amérique du Nord 15,9 %
Europe 19,5 %

Source : European Coatings

En 2015, la consommation de la Chine était de 1,4 million de t, celle des États-Unis, en 2019, de 900 000 t.

Secteurs d’utilisation : à 95 % comme pigment. Répartition, dans le monde, en 2019 :

Revêtements 56 % Papiers 8 %
Plastiques 25 % Encres 3 %

Source : Lomon Billions

En 2017, en Europe, TiO2 est utilisé à 36 % dans les peintures pour bâtiments, 17 % dans d’autres peintures, 25 % dans les matières plastiques et les caoutchoucs, 12 % dans le papier, 4 % dans des encres…

En 2019, aux États-Unis, le dioxyde de titane est utilisé à 59 % dans des peintures, 20 % dans des matières plastiques, 5 % dans des papiers.

Utilisations diverses :
  • L’élaboration du métal et du ferrotitane est traitée au chapitre titane.
  • TiO2 a supplanté les pigments blancs anciennement utilisés : le blanc de zinc (ZnO), le blanc de plomb ou céruse (2PbCO3,Pb(OH)2), le lithopone (ZnS,BaS). Il représente environ les 3/4 de la production mondiale de pigments minéraux synthétiques, devant les oxydes de fer (pigments rouge, noir et jaune), le noir de carbone, le jaune de chrome.
  • Papiers : TiO2 est utilisé comme agent opacifiant (charge représentant de 15 à 20 % de la masse du papier) soit dans la masse soit dans le couchage du papier.
  • La détection de faux en peinture peut être réalisée en étudiant la nature des blancs. La présence de TiO2 implique que le tableau a été peint après 1920. La mise en évidence de la forme de TiO2 utilisée (anatase ou rutile) permet de donner des indications plus précises : anatase avant 1953, surtout rutile après.
  • Comme couverture des électrodes de soudure à l’arc.
  • Comme agent de polissage doux : pour automobiles, dans des dentifrices.
  • Pour la fabrication du titanate de baryum : céramique ayant les propriétés d’une thermistance (résistance à coefficient de température positif, CTP), utilisée comme élément chauffant de petits appareillages électroménagers : cafetières électriques, chauffe-biberons, plaques chauffantes. Sa résistance augmentant avec la température, lorsque la température voulue est atteinte, la résistance est suffisante pour empêcher le passage du courant électrique et ainsi arrêter le chauffage, puis le réguler.
  • Dans les écrans solaires utilisés comme cosmétiques : utilisation de particules très fines, de 15 à 50 micromètres.
  • Dans l’alimentation, additif E 171, comme colorant pour exalter la blancheur et la brillance des produits. A compter du 1er janvier 2020, son utilisation a été interdite, en France.
  • Incorporé dans le bitume de routes situées sous des tunnels, il donne une chaussée claire permettant un meilleur éclairage du tunnel et par action photocatalytique permet de décomposer les oxydes d’azote émis par les automobiles. 130 t de TiO2 ont été employées pour 3 tunnels autoroutiers de contournement de Genève.
  • Sous sa forme anatase, comme catalyseur photochimique, en particulier pour la purification de l’eau et de l’air avec la décomposition de composés organiques.
    Le dioxyde de titane étant semi-conducteur, un rayonnement UV d’une longueur d’onde de 388 nm (3,2 eV) peut permettre aux électrons de la bande de valence de franchir la bande interdite et de se placer dans la bande de conduction, en créant des trous positifs dans la bande de valence.
    En présence d’eau et de dioxygène adsorbés à la surface des particules de TiO2, les électrons de la bande de conduction réduisent le dioxygène en radical superoxyde, O2•- et les trous de la bande de valence oxydent les molécules H2O ou les ions hydroxyde OH en radical OH. Les espèces formées, très réactives, peuvent à leur tour oxyder un grand nombre de molécules polluantes et au final les transformer en dioxyde de carbone et eau.

Cette propriété photocatalytique est utilisée dans les verres autonettoyants dont la face extérieure est recouverte d’une couche très fine de TiO2 qui dégrade les particules organiques et aussi confère à la surface du verre une propriété superhydrophile qui permet à l’eau de pluie de former un film au lieu de gouttes, ce film, par gravité, glissant sur la surface et lavant le verre. La société Saint-Gobain commercialise le verre Bioclean possédant cette propriété. De même, des particules de TiO2 sont incorporées dans des ciments pour donner des façades autonettoyantes.

Bibliographie

 

Polytétrafluoroéthylène (PTFE) et résines fluorocarbonées

Données industrielles

Les principales résines fluorocarbonées sont :

  • De type 1, dans lesquelles tous les atomes d’hydrogène sont remplacés par des atomes de fluor : il s’agit du PTFE (polytétrafluoroéthylène), du FEP (copolymère de tétrafluoroéthylène et d’hexafluoropropylène), du PFA (copolymère de tétrafluoroéthylène et de perfluoroalkoxy), du MFA (copolymère de tétrafluoroéthylène et de perfluorométhylvinyléther) qui sont souvent appelés Teflon® du nom de la marque déposée par Du Pont de Nemours pour l’ensemble des résines, films et produits fluorocarbonés fabriqués par cette société.
  • De type 2, dans lesquelles, la substitution est partielle : il s’agit du PVDF (polyfluorovinylidène), du ETFE (copolymère modifié d’éthylène et de tétrafluoroéthylène), du ECTFE (copolymère d’éthylène et de chlorotrifluoréthylène) et du THV (terpolymère de tétrafluoroéthylène, d’hexafluoropropylène et de fluorure de vinylidène).

Matière première principale : le tétrafluoroéthylène.

Fabrication industrielle

Le tétrafluoroéthylène est préparé selon les réactions suivantes :

Le chloroforme CHCl3 est obtenu par chlorations successives du méthane à 5 bar et 320°C, ou du méthanol, voir le chapitre chloroforme.

Le fluorure d’hydrogène est préparé à partir de fluorine (CaF2) et d’acide sulfurique, voir ces chapitres.

Le chlorodifluorométhane, produit intermédiaire dans la formation du tétrafluoroéthylène, est dénommé également HCFC22, R22 ou freon®22. Utilisé également comme fluide réfrigérant dans les appareils de climatisation il est concerné par le Protocole de Montréal de protection de la couche d’ozone. C’est par ailleurs un puissant gaz à effet de serre, son potentiel de réchauffement global étant 1810 fois celui du CO2. Son emploi dans les appareils neufs est interdit dans l’Union européenne depuis le 30 juin 2004.

Le tétrafluoroéthylène est ensuite polymérisé :

Historique (pour la société Du Pont) :

Le premier polymère fluoré, le PTFE, appelé Teflon®, est découvert le 6 avril 1938 au laboratoire Jackson de Du Pont de Nemours, dans le New Jersey. Ce jour là, l’équipe du Dr Roy J. Plunkett qui travaille sur le fluide frigorigène Freon® (dichlorofluorométhane, fluorochlorométhane), découvre qu’un échantillon s’est spontanément polymérisé en un solide blanc et cireux. Ce nouveau matériau présente une résistance à pratiquement tous les produits chimiques ou solvants connus, sa surface est tellement glissante que presque aucune substance ne peut y adhérer. Il ne gonfle pas sous l’effet de l’humidité et il ne se dégrade pas ou ne se fragilise pas après une exposition prolongée à la lumière du soleil. Son point de fusion est de 327°C et contrairement aux thermoplastiques classiques (polyéthylène, polypropylène, PVC qui peuvent être injectés) son modelage nécessite d’avoir recours aux procédés de frittage.

Les PTFE sont linéaires avec ou sans chaînes latérales. Par exemple le Teflon® 62 présente des chaînes latérales -O-C3F7. Ces ramifications ont pour effet de diminuer la cristallinité et par conséquent de diminuer l’anisotropie des propriétés mécaniques.

  • En 1960, Du Pont de Nemours commercialise le Teflon® FEP (éthylène-propylène fluoré, copolymère de tétrafluoroéthylène et de tétrafluoropropylène) qui peut être mis en œuvre à l’état fondu.
  • En 1960, Walther Grot dans les laboratoires de Du Pont de Nemours découvre le Nafion® copolymère de tétrafluoroéthylène et d’acide perfluorosulfonique (CF2=CFOCF2CF(CF3)OCF2CF2SO3H). C’est le premier polymère conducteur ionique (ionomère).
  • En 1970, Du Pont de Nemours commercialise le polymère fluoré Tefzel®, copolymère modifié d’éthylène et de tétrafluoroéthylène (ETFE) qui présente une meilleure résistance à la rupture en traction.
  • En 1972, Du Pont de Nemours commercialise le Teflon® PFA (perfluoroalkoxy, copolymère de tétrafluoroéthylène et de vinyl éther perfluoré) doté d’excellentes qualités de mise en œuvre et de caractéristiques équivalentes à celles du PTFE.
  • En 1989, Du Pont de Nemours commercialise le Teflon® AF qui est amorphe avec une température de fusion de 300°C.

Autres types de résines fluorocarbonées :

  • Le PVDF (polyfluorovinylidène [-CH2-CF2-]n) qui présente une grande facilité de mise en forme mécanique.
  • L’ECTFE (copolymère éthylène/chlorotrifluoroéthylène), destiné à l’isolation des câbles.

Propriétés principales des résines fluorocarbonées :

  • Résistance vis à vis de pratiquement tous les produits chimiques. Cette propriété est due d’une part à la force de la liaison C-F (484 kJ/mol comparés aux 412 kJ/mol de la liaison C-H) et d’autre part au fait que la chaîne polyéthylénique est « enrobée » dans une gangue d’atomes de fluor qui la protège. Par exemple, le Téflon® PFA, immergé pendant sept jours dans l’eau régale à 120°C subit une modification de ses propriétés physiques (traction, allongement) de l’ordre de 1 % seulement.
  • Températures d’utilisation élevées. Elles vont de 155°C pour le Tefzel® à 260°C pour le Téflon® PTFE pour les utilisations permanentes et peuvent être augmentée dans le cadre d’utilisations plus brèves. Ces produits ne commencent à se dégrader que vers 400-500°C.
  • Faible coefficient de frottement.
  • Excellentes propriétés diélectriques.

Points de fusion et températures maxima d’utilisation continue et de transformation des polymères fluorés :

Type de Polymère Point de fusion caractéristique (°C) Température maximum de service en cas d’utilisation continue (°C) Température
de transformation (°C)
PTFE 340 260 380
PFA 265-310 225-260 360-380
FEP 250-270 205 360
ETFE 210-270 150 310
ETFE/ECTFE 230 150 280
PVDF 160 140 230
THV 110-230 70-130 200-270

Source : PlasticsEurope

Productions

La production mondiale de polymères fluorés est d’environ 350 000 t/an, avec des capacités, en 2018, de 468 000 t/an, le PTFE représentant 53 % de la production. La Chine est le premier producteur. La production de l’Union européenne est, en 2019, de 153 351 t de polymères fluorés dont 24 363 t pour la France, 22 522 t pour l’Italie. Les productions allemandes, belges et des Pays Bas sont confidentielles.

Répartition de la consommation des polymères fluorés, en 2018.

en %
PTFE 53 % PFA/MFA 1 %
PVDF 16 % ETFE >1 %
FEP 9 % ECTFE >1 %
PVF 2 % Autres 17 %

Source : IHS Markit

Commerce international : en 2019.

PTFE :

Principaux pays exportateurs, sur un total de 109 282 t :

en tonnes
Chine 21 535 Italie 10 143
Arabie Saoudite 15 057 Allemagne 10 010
Inde 11 528 Pays Bas 7 535
États-Unis 10 284 Russie 6 511

Source : ITC

Les exportations chinoises sont destinées à 20 % à la Corée du Sud, 17 % à l’Italie, 8 % au Japon.

Principaux pays importateurs :

en tonnes
États-Unis 15 567 Corée du Sud 6 621
Italie 11 748 Chine 6 413
Allemagne 9 390 Belgique 4 477
Algérie 7 606 Japon 3 448

Source : ITC

Les importations des États-Unis proviennent à 29 % d’Inde, 16 % d’Allemagne, 13 % d’Italie, 9 % de Russie.

PVDF :

Principaux pays exportateurs sur un total de 38 937 t :

en tonnes
Belgique 14 928 Pays Bas 1 648
Japon 12 118 Allemagne 1 505
États-Unis 2 844 Italie 1 574

Source : ITC

Les exportations belges sont destinées à 59 % aux États-Unis, 18 % à la Chine, 12 % au Brésil, 5 % à l’Argentine.

Principaux pays importateurs :

en tonnes
France 22 309 Allemagne 11 239
Belgique 17 244 Suisse 8 901
États-Unis 11 849 Inde 7 244

Source : ITC

Les importations françaises proviennent à 46 % des Pays Bas, 27 % de Belgique, 14 % d’Allemagne.

Producteurs : en % de parts de capacités mondiales, en 2018 :

Dongyue (Chine) 13 % Arkema (France) 7 %
Chemours (États-Unis) 12 % 3M (États-Unis) 6 %
Daikin (Japon) 11 % AGC Chemical (Japon) 4 %
Solvay (Belgique) 8 % Autres 40 %

Source : AGC Chemical

  • Dongyue Group (Chine) produit du PTFE, en Chine.
  • Chemours (États-Unis) société issue, le 1er juillet 2015, du groupe Du Pont, produit du PTFE, du PFA, du FEP et du ETFE, aux États-Unis à Parkersburg, en Virginie Occidentale et Circleville, dans l’Ohio, aux Pays Bas à Dordrecht, au Japon à Shimizu et en Chine à Changshu.
  • Daikin (Japon), produit du PTFE, du PFA, du FEP, de l’ETFE, du ECTFE, au Japon à Kashima, aux États-Unis à Decatur, dans l’Alabama, en Chine à Changshu.
  • Solvay (Belgique) produit du PVDF en France à Tavaux (39), du PTFE, aux États-Unis à Marshallton, dans le Delaware et en Chine à Changshu, ainsi que du PFA, MFA et ECTFE.
  • Arkema (France) produit du PVDF et du ECTFE, en France à Pierre Bénite (69), aux États-Unis à Calvert City, dans le Kentucky et en Chine à Changshu. C’est le n°1 mondial pour la production de PVDF, avec une part de marché de 40 %.
  • 3M, produit du PTFE, du PFA, du FEP, du PVDF et de l’ETFE, aux États-Unis à Decatur, dans l’Alabama, en Allemagne à Gendorf, en Belgique à Anvers, en Chine à Shanghaï, en Inde à Bangalore, au Japon à Sagamahara, en association avec Sumitomo.
  • AGC Chemical, filiale d’Asahi Glass (Japon), produit de l’ETFE, du FEP et du PFA, au Japon à Kashima et Chiba et au Royaume Uni à Thornton Cleveley, du PTFE, aux États-Unis à Thorndale, en Pennsylvanie. C’est le principal producteur mondial d’ETFE, avec 60 % du marché.
  • HaloPolymeres (Russie) produit du PTFE en Russie à Kirovo-Chepetsk avec 7 000 t/an.
  • Gujarat Fluorochemicals (Inde), produit du PTFE, avec 16 000 t/an, en Inde à Dahej et aux États-Unis à Rockdale, au Texas.
  • Kureha (Japon), produit du PVDF à Iwaki, au Japon et en Chine.

Recyclage

En Europe de l’Ouest la demande en PTFE recyclé représente 10 % de celle en PTFE vierge. Selon les applications le potentiel de recyclage va de 15 % à 40 %. Les utilisations particulières du PTFE font que celui-ci ne se retrouve qu’en faible proportion dans les déchets urbains.

Lors de l’incinération de ceux-ci la présence de produits fluorés entraîne la formation de HF. On a en moyenne 200 mg de fluor par tonne de déchets. Pendant l’incinération, qui doit être réalisée dans des incinérateurs spéciaux fonctionnant à plus de 800°C, la majeure partie de ce fluor est convertie en gaz ce qui donne, environ, une production de 10 mg de HF/m3 qui sont ramenés en dessous de la limite stricte de 2 mg/m3 par fixation sur des composés basiques (voir le chapitre oxyde de calcium).

Situation française

En 2019.

Production : de polymères fluorés : 24 363 t.

Producteurs :

  • Production de PVDF par Arkema à Pierre-Bénite (69).
  • Production de PVDF par Solvay à Tavaux (39).

Commerce extérieur :
PTFE :

  • Exportations : 244 t, vers les Pays Bas à 41 %,  la Chine à 20 %, l’Espagne à 12 %, le Brésil à 5 %.
  • Importations : 3 230 t d’Allemagne à 44 %, d’Italie à 15 %, des Pays Bas à 14 %, la Chine à 9 %.

Autres polymères fluorés :

  • Exportations : confidentielles.
  • Importations : 2 283 t des États-Unis à 24 %, de Suisse à 16 %, de Chine à 13 %, d’Allemagne à 7 %.

Utilisations

Consommations :

En 2018, la consommation mondiale de polymères fluorés est de 320 300 t.

En 2018, la consommation de PTFE est de 171 200 t à 40,5 % en Chine, 19,7 % en Europe de l’Ouest, 15,9 % aux États-Unis, 5,3 % au Japon.

Secteurs d’utilisation, en 2015, dans l’Union européenne :

en %
Transport 36 % Pharmacie, alimentation 6 %
Chimie, énergie 22 % Textiles, architecture 6 %
Ustensiles de cuisine 7 % Médecine 3 %
Électronique 7 % Énergie renouvelable 1 %

Source : Plastics Europe

Utilisations diverses :

Grâce à ses propriétés le PTFE trouve de nombreuses applications, aussi bien dans l’industrie que pour les emplois domestiques.

  • Mécanique, automobile, aviation : il sert à fabriquer des mécanismes qui n’ont pas besoin d’être lubrifiés ainsi que des joints, il intervient dans l’isolement des accessoires de direction assistée, dans les transmissions automatiques et les absorbeurs de chocs, dans les câbles de commande des freins, il sert à la fabrication de joints résistant au kérosène et aux lubrifiants, de tuyauteries de pression et de parties du moteur. Une automobile européenne de type moyen en contient environ 100 g.
  • Industrie, construction, électricité : on le trouve dans le revêtement intérieur des tuyauteries, dans des pompes destinées aux industries chimiques, pharmaceutiques et alimentaires, dans le revêtement des fibres de verre tissées, dans les isolants pour les câbles et les fils. Le PVDF est utilisé dans des revêtements métalliques architecturaux, par exemple pour la pyramide du Louvre, dans la protection arrière des panneaux photovoltaïques. Le Nafion® est employé comme membrane séparant les compartiments anodiques et cathodiques lors de l’électrolyse des solutions de chlorure de sodium pour produire du dichlore et de l’hydroxyde de sodium ainsi que dans des piles à combustibles.
  • Protection de l’environnement : on le retrouve au sein des procédés de recyclage (désulfuration des gaz issus des centrales thermiques, filtres à poussières dans les procédés industriels…).
  • Médecine : on le trouve dans les implants (ligaments artificiels, cœurs artificiels et soins des brûlures) ainsi que dans divers ustensiles (cathéters, tubes capillaires, seringues hypodermiques).
  • Le sport et les loisirs : il sert dans les membranes textiles destinées à l’habillement, comme composant dans les fixations de ski. On en trouve environ 20 g dans un anorak. Le tissu Gore-Tex® est obtenu par collage d’un textile sur une membrane en Teflon® expansé et présente une protection contre les intempéries tout en laissant échapper la vapeur d’eau émise par le corps.
  • Utilisations domestiques : on en trouve dans les revêtements antiadhésifs pour poêles à frire (environ 4 g), pour fer à repasser. C’est l’ingénieur français Marc Grégoire qui a mis au point, en 1954, un procédé pour accrocher le PTFE sur de l’aluminium, basé sur l’attaque de l’aluminium par l’acide chlorhydrique en vue de créer des cavités pour fixer le polymère. En 1956, il fonde la société Tefal, appartenant depuis 1968 au groupe Seb.

Autres utilisations :

  • Prévention de la corrosion. Le Téflon® protège de la corrosion la Statue de la Liberté après sa dernière restauration. En effet, aux endroits où l’épiderme en cuivre vient au contact des structures en acier, la corrosion a fortement affaibli celles-ci. Afin d’empêcher la réaction galvanique, les nouvelles structures ont été enveloppées d’un ruban enduit de Téflon® qui sépare les deux métaux. Ceci permet en outre une « lubrification » lors de la « respiration » de l’édifice lors de sa dilatation.
  • Peu après sa découverte, le PTFE servit à la conception de la première bombe atomique car il était la seule matière plastique capable de résister à l’extrême corrosivité de l’hexafluorure d’uranium.
  • Le PVDF entre dans la fabrication de batteries lithium-ion comme liant, comme membrane de nanofiltration pour le traitement de l’eau potable.
  • L’ECTFE, est utilisé comme film protecteur ultra résistant pour les faces avant des cellules photovoltaïques.

Bibliographie